VINYL

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Enfin diffusée sur la chaine HBO depuis le 14 février dernier, produite par Mick Jagger et Martin Scorsese, avec un pilote carrément réalisé par ce dernier, la très attendue série VINYL tient décidément toutes ses promesses de sexe, de drogue et de rock and roll…comme celui d’une certaine nostalgie d’une époque où le disque se hissait au niveau de l’industrie et où le rock faisait office de bréviaire du parfait révolutionnaire.

VinylDans la scène d’ouverture de VINYL, on découvre Richie Finestra le boss de l’imaginaire American Century records au look cols pelles à tarte de Travolta dans « Saturday Night Fever » occupé à se faire une ligne de coke dans sa voiture devant un club. Nous sommes à New York, en 1973. Soudain des ados allumés se ruent vers le « Mercer Art Center » sorte de CBGB inventé et la voix de David Johanssen, le chanteur mythique des New York Dolls résonne interprétant le hit « Personnality Crisis ». Travelling avant, on suit Richie tandis qu’il pénètre dans le club rock. Il croise un type évanoui porté par ses potes, puis un gars en train de jouir d’une petite gâterie que lui procure une tête penchée sur son bas ventre. Enfin, il arrive vers la scène et la vision est époustouflante : public destroy de blousons de cuir et de travestis en habits aussi décadents que festifs sur le beat imparable des Dolls. Et là j’ai vraiment eu un choc : car lorsque les New York Dolls se sont produits pour la toute première fois à Paris justement… en 73 au Bataclan j’y étais et c’était à peu près la même faune et la même ambiance. Les images sont superbes, le climat est incroyablement juste. Cette scène d’ouverture donne précisément le ton de VINYL : utiliser la trame historique et la réalité de la scène rock pour servir son histoire, c’est tout le talent de Jagger et Scorsese. Bien sûr, on peut faire confiance autant à l’homme de « Satisfaction » qu’à celui qui a su admirablement déjà en 78 tourner les adieux de the Band avec son fulgurant « The Last Waltz ».

Parties fines cocaïnées

 

Les dialogues sont aussi succulents que les images ont ce caractère réaliste : « Quand j’ai démarré dans le bizness, le rock and roll se définissait ainsi : deux juifs et un schmock dans un studio qui enregistraient quatre mecs sur une piste unique. » A la manière de Frank Underwood dans « House of Cards », Richie Finestra interprété par Bobby Cannavale révélé par Boardwalk Empire, affectionne de se raconter à la première personne en prenant le spectateur à témoin. « J’avais des oreilles en or,une langue en argent et des couilles en bronze, mais le problème venait de mon nez et de tout ce que je pouvais y mettre », poursuit notre cynique nabab du disque. Ainsi à force d’engloutir ses dollars dans la coke et de verser des pots-de-vin aux DJ de radio pour qu’ils programment ses disques, Finestra au bord de la ruine tente de vendre son label aux Hollandais de Polygram (la fusion des deux labels Polydor et Phonogram), là on comprend que American Century records est en fait le label Mercury que Polygram a réellement absorbé au milieu des 80’s avant de se faire lui-même absorber par Universal. Dans VINYL, on partage les parties fines cocaïnées de Richie à bord de son jet privé. Fort heureusement pour vinyllui, l’une de ses assistantes A & R va découvrir les Nasty Bits, dont le chanteur ressemble à s’y méprendre au David Johanssen des New York Dolls. Et en prime Skip Stevens, le chanteur des Nasty Bits est interprété par James Jagger, le propre fils de Mick. Et là on se dit que la boucle est vraiment bouclée pour de vrai. De véritables « héros » du rock sont représentés dans VINYL, à l’instar de Peter Grant, le givré manager de Led Zeppelin que Richie Finestra cherche à tout prix à signer pour finalement se faire damer le pion par Warner.

La série a également un incontestable impact musical avec la publication d’une BO : « Vinyl : Music from the HBO Original series-Volume 1 » depuis le 12 fèvrier dernier. On y retrouve ente autres Otis Redding, Mott The Hoople, Julian Casablancas et naturellement David Johanssen, l’ex-chanteur des légendaires New York Dolls…enfin des Nasty Bits, devrais-je dire ! De plus, chaque vendredi jour de la diff de la série un « EP digital » sera publié avec les titres du jour. Cette première saison de VINYL comptera en tout dix épisodes, mais au vu de cet excellent pilote, on peut parier sans se tromper sur une seconde saison à venir.

 

Série diffusée sur la chaine HBO depuis le 14 février aux US et en France sur le bouquet OCS

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