VAN MORRISON : « Roll With the Punches »

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Van the Man 

Pour son 37éme album studio, l’ami Van Morrison s’est concocté une petite sélection nostalgique des standards de blues et de gospel entendus durant sa prime enfance dans les années d’après-guerre. On retrouve ainsi, au casting idéal que représente « Roll With the Punches », Bo Diddley, T Bone Walker, Count Basie, Sam Cooke, Lightin’ Hopkins, Little Walter, Bo Diddley…et un certain Van Morrison dont les propres compositions originales sont loin de dépareiller cette belle harmonie ébène.  Bien au contraire !

 

 

 

Roll With the Punches.Noir, enfermé dans la peau d’un blanc, irlandais du nord, Van Morrison continue pourtant d’assumer cette flamboyante négritude intérieure que l’on retrouve dans sa musique depuis les tout premiers accords de Them, puis en solo depuis son « Astral Weeks » de 1968. Cette fois, Van nous a choisi un titre bien sarcastique avec cet  « Roll With the Punches » littéralement  « Encaisser les coups durs » un blues classique en ouverture pour la chanson-titre…on peut dire qu’à  72 ans, il encaisse VRAIMENT comme un brute avec ce blues, qui n’a rien à voir avec la composition homonyme de Randy Newman de 88, mais qui se révèle néanmoins puissant et rugueux comme un blues de BB King. Avec « Transformation », Van renoue avec un style qu’on adore : la ballade Morrison classique à la « Someone Like You », capable d’accélérer gravement les palpitations cardiaques. Comme un soleil intérieur éblouissant et rassérénant, c’est juste superbe. Puis, avec « I Can Tell », retour à l’esprit du blues pur avec cette composition du répertoire de Bo Diddley qui balance entre spleen intense et riffs nonchalants. Classique de chez classique, mais toujours aussi efficace, surtout revisitée par Van Morrison, « Stormy Monday/Lonely Avenue » de T Bone Walker n’aura sans doute jamais été aussi cool. Le « Goin’ To Chicago » repris de Count Basie, est un blues trainant comme une rivière assoupie qui ne demande qu’à s’éveiller et l’on se dit que décidément tout cela sent bon le sud des USA. Tout à l’image des compositions de Van the Man, comme « Fame » un blues tout neuf qui pourtant parait aussi buriné par les âges que s’il datait du début des 50’s y compris le solo d’harmonica ou le swinguant jazzé « Too Much Trouble », porté par son piano aérien et son cuivre étincelant.

Une belle aventure… qui ne manque décidément pas de punch !

 

Van Morrison

Moment de bravoure de ce 37 éme épisode des aventures de l’irlandais, « Bring It Home To Me », le joyau soul de Sam Cooke, est réinterprété, voire carrément réinventé à la mode Morrison, délicate et émotionnelle, au tempo ralenti comme un effet cinématographique. Puissant. Suit « Ordinary People », back to blues pur et encore un « vrai faux » classique né de l’imagination de l’Irlandais. Magnifique gospel « How Far From God », composé par sister Rosetta Tharpe, est à mi-chemin entre sacré et profane, sans doute l’une des perles de cet album. Plus rythm & blues « Teardrop From My Eyes » fait couler sa délicate émotion, tandis que le « Automobile Blues » de Lightin’ Hopkins roule en mode « cruising » sur une route du grand sud aussi immortelle qu’imaginaire. Retour à la case gospel avec « Benediction », puis blues  à nouveau avec la reprise de « Mean ol’ World » de Little Walter, prodige trop souvent méconnu dont les compositions comme celle-ci ont la chaleur humide de sa Louisiane natale. Enfin, tout s’achève de la manière la plus festive avec le joyeux « Ride On Josephine » de Bo Diddley, sa seconde contribution à ce « Roll With the Punches ». Il faut aussi préciser que Jeff Beck, Paul Jones, Jason Rebello, Chris Farlowe et Georgie Fame participent à cette belle aventure… qui ne manque décidément pas de punch !

 

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