THE WATERBOYS « The Waterboys »
Voici 43 ans dans BEST GBD exhumait une nouvelle pépite d’or dans le grand Eldorado du rock and roll, avec ce tout premier LP éponyme des Waterboys porté par l’irrésistible pop balade « A Girl Called Johnny » vouée au culte de Patti Smith. Mike Scott prenait alors son envol si durable qu’il se poursuit encore de nos jours avec un dernier CD « Life, Death and Dennis Hopper » publié en avril de l’an passé, preuve que ces « garçons aquatiques » qui n’ont sans doute jamais cessé de nager à contre-courant avaient fichtrement raison.
Cinq décennies rock et une armada d’albums, soit 16 de son groupe the Waterboys, mais aussi ses productions en solo, ses live et ses moult compilations, et tant pis si le talent de Mike Scott, l’âme des Waterboys file parfois un peu de tous les côtés, son sens exacerbé de la mélodie incisive lui permet toutes les audaces et à ce petit jeu le natif d’Édimbourg est un véritable expert. Ce tout premier 33 tours le prouve de la manière la plus cinglante Scott avait alors 24 ans et après toutes ces années je encore suis fier de l’avoir talent-scouté avant quelques autres… flash-back !
Publié dans le numéro 184 de BEST :
Le monstre du Loch Ness n’en croyait pas ses oreilles, la musique s’échappait doucement des bords du lac et montait jusqu’aux collines mais qui étaient donc ces garçons aquatiques ? Les Waterboys sous la direction de Mike Scott se sont répandus sur les bords de la Tamise avec leur musique psychédélique soft et éthérée dans la mouvance du Teardrop Explodes, des Bunnymen et de U2. Scott a créé Chicken Jazz, son propre label, après ses premières expériences de groupe avec Another Pretty Face, histoire de conserver son indépendance artistique.
D’ailleurs, ce premier épisode vinylique des aventures des Waterboys est produit par Scott à l’exception du tube potentiel, « A Girl Called Johnny », signé Rupert Hine ( Voir sur Gonzomusic ). Sur son premier LP, U2 chantait « I Will Follow » coïncidence, la seconde face de l’album s’ouvre sur un titre, « I Will Not Follow », mais le parallèle avec U2 ne s’arrête pas à l’homonymie des titres, les Waterboys ont cette même énergie à la fois tendre et musclée, capable de déplacer les montagnes. Vagues de cuivres sur la voix acide de Mike Scott, le romantisme rock fait des ronds dans l’eau comme une gamme d’ondes en cercles concentriques. Les Waterboys se rient du H20 et des formules éculées, leur musique glisse avec harmonie, le rêve est intact, c’est l’essentiel.
Publié dans le numéro 184 de BEST daté de novembre 1983
