THE BLACK KEYS « Ohio Players »

The Black KeysÀ peine sortis de la tournée mondiale de « Delta Kream », en hommage aux légendes du blues du Mississippi, le fulgurant duo d’Akron revient en très grande force avec 14 titres blues rock soul envoûtant, aux couleurs très pop, tout ce qui fait la marque de fabrique du groupe, sous la bannière de cet « Ohio Players » bien évidemment baptisé ainsi en hommage au fabuleux funk-band homonyme de Dayton, dans leur Ohio commun « Birthplace of aviation », à moins de 200 miles de la base originelle du duo, certes désormais géolocalisé à Nashville, mais qui prouve ainsi qu’il n’oublie pas ses racines. L’exégèse de ce 12ème BK par Jean Christophe Mary !

The Black KeysIncandescent « Fire », sensuel « Skin Tight », évocateur « Honey »… chacun des LP des fabuleux Ohio Players flashait sa pin-up sexy black juste torride en couverture, c’était la marque de fabrique des héros du mythique « Love Rollercoaster ». Et le tuchès rebondi de la sista, balançant sa boule de bowling, sur la pochette de ce particulièrement groovy « Ohio Players » est tout aussi évocateur. Bref, ce 12éme (ah tout de même !) album des Black Keys ( Voir sur Gonzomusic THE BLACK KEYS “Brothers” Remastered Anniversary Edition ) mérite largement qu’on s’y arrête et pas seulement pour la présence de guests triés sur le volet tels que Beck et Noel Gallagher, ni même le volcanique cover de « I Forgot to Be Your Lover » de William Bell. On peu dire que d’un bout à l’autre de l’album black is beautiful et ce ne sont pas les Black… Keys qui me contrediront.
 

Par Jean-Christophe MARYThe Black Keys

 

Jamais à court d’idées et d’énergie, Dan Auerbach (chant, guitares) et Patrick Carney (batterie) se sont enfermés dans leur studio de Nashville entourés d’invités triés sur le volet. Le résultat par  » Ohio Players » soit 14 titres retro futuristes aussi joyeux que sales et débridés où les mélodies pop trônent au milieu d’ingrédients funk soul rock blues vintage du meilleur goût. Important de pérciser aussi que le titre de ce nouvel album est un clin d’œil au groupe funk 60’s 70’s, les Ohio Players, qui étaient originaires du même état que les Black Keys. Sur le précèdent « Delta Kream » ( Voir sur Gonzomusic THE BLACK KEYS “Delta Kream”  ), album qui nous a permis de (re)découvrir ces artistes oubliés que sont Junior Kimbrough, RL Burnside, John Lee Hooker ou Mississippi Fred McDowell, on avait vu à quel point le son Black Keys pouvait être brut, sale et rustique. Sur ce nouvel opus, hormis une reprise du « Forgot to Be Your Lover » de William Bell and Booker T. Jones, on ne trouve que des titres originaux bâtis à partir du son pop pétillant qui est leur signature depuis les débuts.  
Dan Auerbach (guitare) et Patrick Carney (batterie) ont enregistré des chansons pop organiques qui prennent solidement appui sur des rythmiques groovy bâties autour du blues, soul et du R&B et du rock & roll vintage. Cette couleur pop est rehaussée d’un empilage de voix très réussi dans la lignée des Beatles, Beach Boys et des groupes funk soul des 70’s. C’est un réel plaisir que de retrouver le compositeur Dan Auerbach, un plaisir non feint d’écouter sa voix truffée d’overdubs et d’effets spéciaux, de l’entendre marteler sa pédale fuzz et dégainer ses riffs de tueur comme il le fait si bien depuis leur premier « The Big Come Up » (2002). Les deux copains élaborent leur musique avec une recette toute simple : des sons de guitares fuzz et pour les couplets, qui mettent en valeur le lyrisme des voix pour finir par des guitares power pop gonflées rock.

The Black KeysDès le morceau d’ouverture, co-écrit avec Beck, ça commence fort. La mélodie de « This Is Nowhere » parait fragile et puissante à la fois quand les harmonies vocales semblent planer en apesanteur au-dessus de la toile rock vintage. Mélange de force et de volupté sucrée, la production scintillante de « Don’t Let Me Go » possède un dynamisme moderne, et une sensibilité résolument rétro porté par une batterie martelée et un refrain catchy. C’est la signature Black Keys par excellence. Co-produit avec Dan The Automator, « Beautiful People (Stay High) » marque un retour aux sources de la soul britannique et du R&B 90’s et nous rappelle les productions dansantes des Happy et autres Stereo MC’s. Dan Auerbach nous prend par surprise quand il monte tout là-haut dans haut les aigües avec une surprenante voix de falsetto. Derrière un tempo lent et régulier, « Only Matters » et « I Forgot to Be Your Lover » paraissent fragiles et puissantes à la fois quand les harmonies vocales semblent planer en apesanteur au-dessus de cette toile sonore rock blues psychédélique à la fois souple et rugueuse. Ecoutez « Only Matters ». Difficile de décrocher, de passer au titre suivant tant la construction couplet refrain est totalement envoûtante. Résultat, on l’écoute en boucle, encore et encore. Le reste de l’album est calibré sur le même modèle : les guitares télescopent les rythmiques syncopées sur des tourneries entêtantes. On craque aussi pour ces ballades aux harmonies pop totalement accrocheuses comme le frais et sautillant « You’ll Pay », « On the Game » avec ici l’appui de Noel Gallagher aux guitares. Plus surprenantes mais intéressantes, ces incursions dans le hip-hop avec deux titres « Candy and Her Friends » et « Paper Crown ». La fusion des guitares voix sur « Read Em and Weep » capture de manière sensible l’essence même du blues et du garage rock. Il en va de même du « Please Me (Till I’m Satisfied) » où les guitares ferraillent autour de la voix déchirante de Dan Auerbach. En conclusion, « Ohio Players  » est un album qui combine les expériences musicales bien au-delà du cadre rock vintage et pop traditionnel. L’une des bandes son idéales de l’été 2024.  
 

 

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