SOUL ASYLUM PREMIER LIVE IN PARIS

Voici 30 ans dans BEST, GBD se laissait captiver par le rock incandescent des Soul Asylum en live sur la scène du New Morning. Deux ans auparavant, en reportage à Minneapolis pour le Paisley Park de Prince, il avait déjà parié sur ces fils spirituels de Hüsker Dü rencontrés au siège de leur label indé Twin Tone. Il était grand temps de ramasser la mise à Paris.

Soul AsylumJe vous l’assure, c’est super fatigant d’avoir souvent raison avant tout le monde. La preuve par Soul Asylum, la formation de Dave Pirner dont j’avais publié la toute première interview dans la presse rock. Voici ce que j’écrivais dans le numéro 231 de BEST en octobre 1987 :

« La cité du Kid est aussi celle du nouveau rock garage le plus vivace du moment grâce au label indépendant Twin-Tone sur lequel les Replacements ont sorti tous leurs albums jusqu’à leur signature l’an passé avec Sire. Twin-Tone, le son destroy des Twin Cities (Minneapolis-Saint Paul) occupe un atelier sur Nicollett Avenue. Monté en 78 par l’association d’un disquaire, d’un DJ de club et d’un journaliste sportif fou de rock and roll, Twin Tone sortit tout d’abord une compilation de groupes locaux. Aujourd’hui, le label incarne un certain futur du rock and roll, c’est une affaire qui tourne. (…)

Totalement glauque à trois heures de l’après-midi, look néo baba, cheveux blonds dans les yeux, Dave Pirner, le leader guitariste de Soul Asylum déboule dans le bureau avec Grant Young le batteur. Puissant et impulsif, le rock de Soul Asylum a ce côté massacre à la tronçonneuse des grands frères Hüsker Dü. D’ailleurs, Bob Mould a souvent offert- les premières parties de ses tournées aux Soul Asylum et il a produit leurs premiers disques, mais il y a aussi l’influence sauvage des forêts du Nord. Nouveaux trappeurs  speedés par l’urgence de la punkitude, les Soul pratiquent un rock essentiel.Soul Asylum

« Dave Pirner : J’ai passé ma nuit dans un studio. Hé, je produisais comme on dit.

Vous êtes heureux sur Twin Tone ?

Grant Young : C’est une histoire de famille ; on s’aime d’amour.

D.P. : C’est super d’avoir sa maison de disques dans son quartier.

Vous êtes aussi sur Twin Tone parce que vous n’avez aucune envie de quitter Minneapolis 7

D.P. : Naaan, j’aime vivre ici, même si on a un peu l’impression d’être paumé au milieu de nulle part.

Slim Dunlop des Replacements m’a dit que les rockers s’épaulaient ici. Si vous craquez sur un groupe, vous les aidez ?

D.P. : Minneapolis a une dimension humaine. Si tu tombes sur quelque chose que tu aimes vraiment, tu connais forcément les gens. Dans ce cas tu vas les voir pour leur dire que tu les aimes et tu te défonces pour les aider. De toute façon, on se retrouve toujours dans les mêmes bars! ».

Deux ans plus tard, Soul Asylum signe sur une major, A&M et publie « Hang Time » que je chronique bien entendu ( Voir sur Gonzomusic  https://gonzomusic.fr/soul-asylum-hang-time.html ), mais je n’avais toujours pas vu ces minneapolitains énervés en concert. Mais ce printemps 1989, le groupe donne son premier show hexagonal et devinez qui est aux premières loges ?

Publié dans le numéro 250 de BEST sous le titre :

 

SOUL ASYLUM LIVE AU NEW MORNING PARIS

Soul_Asylum_Hang_Time_

1984, REM, formation néo-byrdienne d’Athens (où ça ?), débarque aux Bains-Douches à Paris pour laver les plâtres d’un gig sanglant. 1989, les mêmes font le carton (mérité) que l’on sait. 1989, Soul Asylum, formation psycho-byrdienne de Minneapolis (où ça ?), débarque au New Morning, à Paris, pour un mémorable massacre à la tronçonneuse de nos apathies diverses. Qui a dit que I’Histoire ne se répétait jamais ? Cheveux blonds longs, dans les yeux comme un horse-guard, Dave Pirner a tout ce qu’il faut pour être le Michael Stipe de demain. Look hippie débraillé, rage de convaincre, regard embrumé et par dessus tout cette attitude de chat sauvage électrisé, le chanteur de Soul Asylum a le profil parfait du héros américain. À mi-freeway entre les Byrds et Aerosmith/Led Zep, le quatuor minnéapolitain, fait souffler un vent de terreur sur la scène du New Morning. Guitares saturées pour country punkisée, la rage de Soul Asylum réconcilie dans l’adrénaline le bouseux des champs et le rocker urbain. Et si l’on ne peut s’empêcher de songer aux Ramones pour cause de ffffrrrénésie garagiste, c’est sans doute la faute du rock and roll mythique Ed Stasium, producteur du dernier Soul comme des premiers LP de ces Daltons du riff. Public clairsemé au  « nouveau matin », tant mieux pour la légende, tous ceux qui ont manqué ce show épatant s’en mordront la langue un jour ou l’autre. Putain de loi du rock and roll !

Publié dans le numéro 250 de BEST daté de mai 1989

BEST 250 

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