Pussy Riot : 1 / Russie : 0 pour la Cour Européenne des Droits de l’Homme

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La décision de la Cour Européenne des Droits de l’Homme condamne à une amende de 50.000€ le Gouvernement de Russie pour l’arrestation arbitraire des trois Pussy Riot après leur « performance » dite de la « prière punk » de 2012 dans une cathédrale de Moscou. Cette victoire intervient quelques jours après leur dernier coup d’éclat durant la finale de la Coupe du Monde et juste le lendemain après la publication de leur dernier clip, le provoc et techno « Track About Good Cop ».

 

Track about good cop« Dans la rue de sucre en poudre / Les flics s’embrassent sous les nuages/ Filles et garçons/ Dans la rue de sucre en poudre/ Les flics s’embrassent sous les nuages… » en russe sous-titré en anglais, le nouveau clip des Pussy Riot n’a pas fini de faire jaser. Bien entendu les « flics » en question sont en référence directe avec le dernier coup d’éclat des PR lorsque quatre de leurs membres déguisés en flics russes ont soudain envahi le terrain de foot moscovite durant la finale de la Coupe du Monde. L’une d’elles a même fait le tour du monde avec cette photo où on la voit joyeusement toper avec Kylian Mbappé. Sur le clip s’affichent peu à peu les revendications des Pussy Riot., comme la libération de leurs sœurs arrêtées et condamnées à deux semaines de prison après leur performance durant la finale. Coïncidence, ce clip a été mis en ligne quelques heures seulement après la victoire judiciaire des Pussy Riot. La Cour européenne des droits de l’homme a en effet statué que le gouvernement russe doit leur verser à Pussy Riot une somme de 50 000 € à titre de dommages et intérêts après leur arrestation en 2012. Trois membres du fameux groupe activiste avaient été arrêtés après avoir exécuté une ‘Prière punk’ dans la cathédrale de Moscou du Christ Sauveur. Elles ont été condamnées pour « hooliganisme motivé par la haine religieuse ». Cependant, la performance n’était pas liée à la religion, mais était plutôt une manifestation contre le projet de Vladimir Poutine de se présenter pour un troisième mandat à la présidence de la Russie. La Cour a ainsi jugé que la Russie a violé plusieurs articles de la Convention Européenne des Droits de l’Homme, y compris « les conditions contestables du transport des membres de la bande vers et depuis la salle d’audience pour assister aux audiences sur leurs cas et parce qu’ils ont dû subir l’humiliation d’être exposés en permanence dans une cage de verre durant leurs audiences, entourées de policiers armés et d’un chien de garde, malgré l’absence de risque évident pour la sécurité ». La CEDH a ajouté que l’emprisonnement de Nadya Tolokonnikova, Masha Alyokina et Katya Samutsevich pour « simplement avoir porté des vêtements aux couleurs vives, agité leurs bras et leurs jambes et utilisé un langage fort, sans analyser les paroles de leur chanson ou le contexte de leur interprétation, était exceptionnellement sévère ». Le gouvernement russe n’a pas encore annoncé s’il envisageait ou non de faire appel de la décision. Mais il a été signalé que la Russie envisageait carrément de se retirer de la convention relative aux droits de l’homme. Bref, en Poutineland si l’on n’aime pas le message, on zigouille le messager !

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