PRINCE : « HitNRun Phase Two »

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Prince

Voici dix jours Prince publiait sans crier gare un nouvel album, jumeau de son prédécesseur « Phase One », voici donc son « HITNRUN Phase Two », ultime clin d’œil funky du Kid en guise de cadeau de Noël sous forme de bonnes vieilles grooves aussi positives que festives. Fasten your seatbelts…ca va secouer !

 

la-et-ms-prince-hitnrun-phase-two-Avec 40 albums en 57 années d’exercice, Monsieur Roger Nelson n’a pourtant rien perdu de son âme juvénile. Et avec ce « HitNRun Phase Two », il prouve q’il est toujours comme un gamin lâché dans un gigantesque magasin de jouets comme Hamleys ou le regretté FAO Schwartz à NY. Prince aime avant tout s’amuser et nous el faire partager. Mais si d’aventure, il se complait à évoquer un sujet sérieux, c’est sans jamais se départir de sa vision positive. Ainsi « Baltimore » est une référence directe à la mort suspecte de Freddie Gray alors qu’il était aux mains de la police locale et on se souvient des manifs qui avaient suivi. Prince reprend le slogan « no justice no peace » dans ses paroles alors que paradoxalement la musique se fait légère avec une flute et des violons, comme un retour vers l’utopie de Paisley Park. À la fin « Nous sommes dans l’obligation d’interrompre nos programmes, car il s’est produit un fait nouveau à Los Angeles. » Et si « Baltimore » n’oublie rien, c’est également un appel pour la paix et la fraternité. Suit « Rock and Roll Love Affair », funky cuivrée sous son intro et ses cuivres aux réminiscences de « Little Red Corvette ». « She believed in fairy tales and Prince/ He believed in voices coming from the stereo…/ He believed in rock and roll.. » ( Elle croyait aux contes de fées et en Prince (ha ha ha !)/ Il croyait aux voix qu’il entendant dans sa stéréo/ Il croyait au rock and roll…) Cuivres puissants en avant en puissant funk and roll… Rock and funk se mêlent au Hollywood dream pour un titre plutôt cool and catchy même, si très connoté « Prince »… mais qui saurait reprocher à un chat de faire des chats ? Décidément, les stars de l’album sont incontestablement les cuivres que l’on retrouve sur toutes les compositions de l’album. « 2Y.2D » n’échappe pas à la règle avec les cuivres -locomotive qui entrainent toute la mécanique. Certes, le texte raconte encore son histoire de « rêve de rock star »…mais notre Prince a des constances avec lesquelles il ne transige pas. Avec « Look At Me, Look At U », les cuivres se font plus langoureux pour nous offrir leur love song idéale. Slow, certes, mais toujours avec un fond funky jazzé cool. Sur son solo de piano électrique jazz, Prince projette son ambiance feutrée,comme une alcôve intime dans un club de jazz. Et notre charmeur crooner prend sa voix haute pour nous citer Stevie Wonder. Solo saxo…flute…toute la panoplie du dragueur sonique professionnel, en somme.

 

Superfunkysexyelicious

 

Bien plus nerveuse, « Stare » démarre sur une basse à la Louis Johnson percutant ensuite des cuivres body-buildés. Pince y chante à 1’ 27’’ « Can I Get a Kiss ? » et illico on prince-1entend le fameux solo emblématique de « Kiss ». Le Kid s’offre un auto-clin-d’œil à lui-même, vanité bien ordonnée commence par soi-même, n’est-ce pas. ? « Stare » est plutôt cool, même si ce n’est pas du très grand Prince. Retour aux choses sérieuses avec la superfunkysexyelicious « Xtraloveable ». « Hey sugar…come on… Let’s talk about what you got » vocalise notre tombeur sur un beat positif qui rappelle son «Fallinlove2night » sur « Pahse One » ou « Feel For You », que Chaka Kan avait repris. La voix démultipliée, des chœurs, des cuivres musclés et une véritable énergie : la parfaite recette du succès à la mode Prince. Sans oublier le jazzy solo de cuivres suivi du fameux pont sur la rivière groove. Alors Prince peut chanter « Sugar baby you’re so fine… » et l’on ne crie pas au stéréotype, lorsque tant d’autres seraient ridicules à le chanter, étrange, non ? Comme une chanson de Noël, « Groovy Potential » attaque irrésistiblement sur claquements de doigts et cuivres, dans une parfaite explosion de good grooves, de groove émotionnels… des love grooves…légers et insouciants . Puis notre Prince pousse ses petits cris, comme sur « International Lover »…montée en puissance puis apothéose…à la Prince. I just love that little guy ! Il est décidément trop fort. C’est incontestablement l’une de mes préférées de l’album. Puis avec « When She Comes », un slow presque 60’s, très cuivré lui aussi, il rend hommage à son héros Curtis Mayfield. «  I’m your driver you’re my screw…je suis ton tournevis, tu es ma vis…donc… avec son texte très imaginé « Screwdriver » sur un beat boogie rock and roll mêle le pur fun, la provoc et insouciance, à un moment où justement elle se révèle nécessaire. Et c’est aussi énergique qu’abouti. Enfin pour clore ce second volet de « Délit de fuite », Prince balance « Big City » dans la mêlée et c’est un festival de happy cuivres à la Chicago, une perle délicieusement funky jazzée, une véritable finale en clin d’œil aux comédies musicales 60’s néo-LSD, comme « The Boy Friend »…parfaite conclusion pour une vision idéale d’un funk toujours imaginé plus grand que la vie. Et cela marche… la preuve par Prince !

 

 

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