NIAGARA « Religion »

NiagaraVoici 31 ans dans BEST, GBD se convertissait dévotement à la « Religion » de Niagara. En effet, après « Quel Enfer ! » le duo composé de Muriel Moreno et de Daniel Chenevez affichait sa Rédemption avec ce troisième épisode de ses funky-metal aventures, auquel on ne pouvait que massivement adhérer. Trois décennies après sa sortie, l’album  conserve toute sa fraicheur incarnant toujours néanmoins toute cette puissante nostalgie Niagara.

Niagara11 titres et sans doute l’un des plus grands tubes signés Laporte/Chenevez avec l’irrésistible et néo-gospel « Pendant que les champs brûlent » qui continue toujours autant à être diffusé sur les radios FM. Cependant, ce sont les champs qui cachent la forêt, tant l’album est chargé en compositions fortes et vibrantes dont le son n’a pas pris la moindre ride à l’instar de « Pshychotrope » volcanique ou de la puissante « La vie est peut-être belle » aux tonitruantes guitares. Et pour cause, véritable control-freak, Daniel compose ( c’est le plus souvent Muriel qui écrit ) mais surtout il arrange et produit seul leur musique. Et le résultat est à la hauteur de son travail d’orfèvre. Certes, je dois confesser que je ne suis guère objectif en la matière, ayant publié tant d’articles et de chroniques depuis « Tchiki Boum » sur nos Eurythmics hexagonaux (Voir sur Gonzomusic  https://gonzomusic.fr/?s=Niagara  )… mais comme voici plus de trois décennies et après l’avoir soigneusement réécouté je ne peux que vous adjurer d’embrasser cette « Religion » !

 

Publié dans le numéro 262 de BEST sous le titre :Niagara

 

MÉTAL

 

Après avoir goûté à « Quel Enfer «, Niagara s’offre la Rédemption avec « Religion », le troisième tome des sémillantes aventures de leur intrépide duo pop, Et comme une scène inédite de “Darling, I Shrunk the Kids”,  Daniel et Muriel évoluent soudain dans un paysage musical planté de guitares titanesques, un son métal guru géant acier trempé d’un alliage de Led Zep, de Van Halen et d’Aerosmith. Et l’on se prend soudain à rêver que le rock relève enfin la tête. Lorsque Mano Negra revampe l’électrochoc Clash, Niagara fait acte de foi en assénant des riffs de taille et d’estoc avec la ferveur des moines-soldats conquistadors lorsqu’ils évangélisaient les indigènes du Nouveau Monde. Rassurez-vous, les Niags ne sont pas pour autant métamorphosés en bigots à gogos. Si la religion demeure plus que jamais l’opium du peuple, elle n’est ici qu’une parabole pour contrer le fanatisme qui monte comme une lente vague de boue pour nous submerger.

NiagaraEt la violence des mots se fond dans la tourmente des sons pulvérisés. Fille délurée de « TV Addict », le single « J’al Vu» est un pilonnage définitif de guitares killeuses sur le thème des news à sensation, le thrill par procuration. De même, « Chien Rouge » évoque furieusement Ia violence revisitée des Lynyrd Skynyrd et autres Deep Purple. Rock and soul à la frontière du « Rio Grande » du rock sudiste et cuivres pulsés modéleTower of Power, dans un titre comme « Le ciel s’est déchiré » les Niags se font l’écho du trouble qui secoue leur époque. De même, lorsque Muriel et Daniel s’abandonnent au plus profond du groove, leur funk pulse en wah wah frénétique pour recréer les nuits rouges de Harlem. Comment ne pas songer à « Shaft » ou au « Masterpiece » des Temptations en se laissant secouer par «  L’Ame Des Vandales » ? Sur ses plages chaotiques, « Religion » c’est aussi quelques somptueuses oasis d’un pur bonheur pop où les tournesols imaginaires à la Tears for Fears fleurissent dans un espoir néo-sixties de l’Eden retrouvé. Confessions athées, « Religion » fera plus de bruit que le tchador à I’école ou que le come-back de la messe en latin ! La tolérance prouve encore qu’elle reste la seule morale de I’Histoire.

 

Publié dans le numéro 262 de BEST daté de mai 1990BEST 262

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