MARC SEBERG « Lumières et trahisons »

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Marc Seberg 

Voici 30 ans dans BEST, GBD se laissait doucement captiver par l’ardent troisième LP de Marc Seberg, la formation rennaise de Philippe Pascal et de Pascale Le Berre, née de la sécession de Marquis de Sade en Marc Seberg et Octobre. À l’heure où les albums vinyles de Marc Seberg sont enfin somptueusement réédités, il est grand temps de se laisser à nouveau éblouir par le rock aurore boréale de Marc Seberg.

 

Lumières et trahisonÀ l’aube des années 80, le groupe le plus prometteur le subjuguant du rock hexagonal se sépare en deux entités distinctes. Exit Marquis de Sade peu après la sortie du superbe second 33 tours « Rue de Siam », enter Octobre, la nouvelle formation du guitariste Frank Darcel et quasi simultanément Marc Seberg, le nouveau groupe du chanteur Philippe Pascal. Entre 85 et 91, le groupe publie 4 albums et un EP (sans compter le mythique album duo « Philippe Pascale » enregistré par Philippe Pascal et Pascale Le Berre. Néanmoins, sous sa pochette délicatement gaufrée en relief et dorée à l’or fin, ce « Lumières et trahisons » demeure à jamais le projet le plus incontestablement abouti de Marc Seberg porté par la voix troublante de Philippe Pascal  . Pour info, et nous en reparlerons sans doute bientôt dans les colonnes de Gonzomusic, avec Pascale Le Berre, mais tous les disques de Marc Seberg ont fait l’objet juste avant l’été de superbes rééditions remasterisées en vinyle 180 grammes de haute qualité.  En attendant flashback jusqu’au BEST 228…de 1987 !

 

Publié dans le numéro 228 de BEST

Philippe-Pascale 

Les années passent, des groupes naissent, d’autres meurent. Un hit et ils s’évaporent de la mémoire collective de nos juke-boxes. Au début des années 80 l’espoir du rock chez nous s’appelait Marquis de Sade. En Angleterre c’était Simple Minds et U2. Si Jim Kerr ou Bono incarnaient la conviction lumineuse. Philippe Pascal aux antipodes imposait son charisme en noir et blanc. Depuis 1983. Marc Seberg est un groupe qui trouve sa cohésion dans un rock sans concession où la mélancolie se pare des couleurs de l’hiver. Froid et fascinant à la fois. Au fil des évolutions pudiques et successives Marc Seberg, en trouvant sa voix française s’est peut-être débarrassé d’un vieux complexe. L’émotion en français peut passer aussi bien qu’en anglais. Trahison ?

La vieille garde des « jeunes gensmodernes » et autres nébuleux  puristes va sans doute taxer « Lumières et trahisons » d’objet commercial aguicheur car, pour la première fois, le groupe rennais ose mettre le nez hors de son underground velouté. Trahison ?

Un son soigné, technique et précis dans un studio compétitif et belge. un producteur anglais réputé. « Lumières et trahisons » dans sa jolie pochette soignée comme un LP des Cocteau Twins est un bel objet. Trahison ?

Des titres rageurs et mélancoliques aux accents New Order ou Simple Minds. Marc Seberg fait désoramais une musique de best seller’s. Trahison ?

C‘est vrai « Jeux de lumières » me fait songer à « Dancing With Myself » et  « La Nef des Fous » évoque plus «  Week End à Rome » que Bauhaus. Lumineuses trahisons, cet album doit enfin imposer la marque Seberg.

 

Publié dans le numéro 228 de BEST daté de juillet 1987

BEST 228 small

 

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