LOVECRAFT COUNTRY

Lovecraft Country Certes hybride, mais oh combien captivante cette série HBO est un cross-over fort habile qui sait à la fois jouer à nous faire peur, de la plus épouvantable et troublante manière, tout en documentant avec une incroyable précision historique l’horreur de la ségrégation contre les noirs dans l’Amérique des 50’s. A la fois « Selma » et « Get Out », on ne ressort pas indemne de ce trip fantastique dans LOVECRAFT COUNTRY !

Lovecraft Country On songe irrésistiblement aux films “Get Out” ou « Us »….car il y a un « je ne sais quoi » de Blumhouse dans cet incroyable LOVECRAFT COUNTRY … mais également du Spike Lee- Blumhouse a justement produit son «  BlacKKKlansman »- pour le regard militant des droits civiques, mais hélas implacable porté sur la condition des noirs dans l’Amérique de la fin de la guerre de Corée, soit en 1953. Pour mémoire, il faudra attendre le 1er décembre 1955 pour voir Rosa Parks refuser de céder sa place dans son bus et démarrer le long combat vers l’égalité raciale, un combat hélas qui n’est toujours pas achevé 70 ans plus tard, la preuve par George Floyd. Bref, vous l’aurez compris, LOVECRAFT COUNTRY s’aventure bien au-delà du fantastique et du gore, sans compter bien entendu le clin d’œil appuyé au maitre du genre H .P Lovecraft ! Le tout inspiré du roman du même titre de Matt Ruff.

Guerre de tranchées. Un soldat black US massacre tout sur son passage plus fort que GI Joe. Plus un Coréen ne survit. C’est l’histoire d’un garçon et de son rêve. Et ce rêve était totalement américain. Mais soudain, on est téléporté dans un champ de bataille de SF avec automobiles-soucoupes violentes et « Guerre des Mondes ». Ce n’était qu’un cauchemar, le jeune homme noir Atticus « Tic » Freeman (Jonathan Majors) se réveille à l’arrière d’un autobus des 50’s. Une femme lui dit : « On vient juste de traverser un pont encore baptisé du nom d’un propriétaire esclavagiste ! ». Et on découvre qu’ils sont assis à l’arrière du bus dans la partie réservée aux noirs à l’époque de la ségrégation. Lorsque soudain le bus tombe en panne au milieu de nulle part. Tous les blancs sont embarqués sur le plateau d’un camion, mais ségrégation oblige, les deux blacks sont forcés de continuer à pied. Bienvenu au pays de l’apartheid. Elle lui demande ce qu’il lisait dans le bus et il lui raconte qu’il lit John Carter d’Edgar Rice Burroughs et ses aventures martiennes. Elle lui fait alors remarquer que Carter était un officier confédéré et qu’à ce titre il se battait pour les esclavagistes. Lui est un soldat qui rentre au pays après la Guerre de Corée, mais son père a disparu. Et il veut le retrouver.Lovecraft Country

Chicago, quartier noir et « I Just Wanna Make Love To You” d’ Etta James résonne. Dans une famille noire, notre soldat débarque chez son oncle George et sa tante. Puis il sort et pénètre au rez-de-chaussée chez Safe Negro Travel ( Voyage en toute sécurité pour les noirs », qui édite son propre « guide du routard black » et qui fait aussi librairie.  Il se saisit d’un recueil de Lovecraft « The Outsiders and others » ( « Je suis d’ailleurs » en français). Puis il discute avec son oncle, le patron du lieu qui lui confirme que cela fait deux semaines que son père était porté disparu. Mais il la écrit une lettre à Tic lui expliquant qu’il pensait avoir retrouvé la famille de sa mère décédée, évoquant un héritage qui lui reviendrait. Là où il veut, qu’il le rejoigne se trouve dans Lovecraft Country. Les proches de sa mère viendraient d’Ardham, dans le Massachusetts. Par conséquent c’est là où il devrait se rendre. Oncle George propose à Tic de l’accompagner pour retrouver son père et ainsi compléter son « guide ». Puis Tic se rend à l’appart de son père et passe un énigmatique coup téléphone en Corée du Sud. Une femme  est au bout du fil, mais lui reste mutique, incapable de parler. « Tu es revenu chez toi », demande la femme ? Avant d’ajouter : « tu n’aurais pas dû ».

Lovecraft Country Le lendemain, devant la voiture de George garé dans la rue, il retrouve une ex-copine, la sexy Leti, Letitia « Leti » Lewis  (Jurnee Smolett),  qui va les accompagner dans leur trip, car elle veut se rendre chez son frère. Ils évoquent la ségrégation, ce poison qui pourrit le rêve américain. Puis ils se dirigent vers Simmonsville pour tester un « diner » qui accepte les blacks. Mais le « diner » a manifestement changé de propriétaire et les noirs ne sont pas vraiment welcome. Personne ne vient les servir et en cherchant les toilettes Leti surprend une inquiétante conversation téléphonique. Ils sortent en trombe du restau et s’enfuient en voiture, poursuivis par un pick up truck qui leur tire dessus. Tic sort un flingue et riposte. Ils s’échappent de justesse, grâce à l’intervention divine d’une sublime Bentley argent conduite par une femme blonde. Après avoir atteint le Devon County à la recherche de l’énigmatique Ardham, indiquée sur aucune carte. Où les gens sont réputés disparaitre et le Shériff pas vraiment black lives matter. D’ailleurs, ils ne tardent pas à tomber sur lui. « Vous autres, vous savez ce qu’est une ville « couvre-feu » ? Alors ici c’est un comté « couvre-feu ». Si on vous surprend ici à nouveau, vous serez pendus aux branches de ces arbres ». ». Ils ont 7 minutes pour quitter le comté avant la tombée de la nuit. Et ce sadique leur colle au train…ils parviennent néanmoins à atteindre la limite du comté suivant… pour mieux se heurter à un barrage de flics… qui les conduisent au milieu de la forêt pour leur faire subir un très mauvais sort, lorsque soudain des bruits aussi étranges qu’inquiétants se font entendre.

Des monstres sauvages attaquent. On bascule dans l’épouvante et le chaos. Après avoir survécu de justesse à cette nuit d’horreur ils parviennent finalement à Ardham., sublime demeure à la Bruce Kent , plantée au milieu de rien. Et, comme par hasard, juste devant le manoir était garée une vieille connaissance anglaise. Produite, entre autres par JJ Abrams,  pour son Bad Robot, LOVECRAFT COUNTRY  est un cocktail explosif télévisuel  d’une rare qualité. Scénario, décors, lumière, personnages, action, pas un bouton de guêtre ne manque à l’appel, c’est un sans-faute qui donne une totale envie de dévorer avidement les 10 épisodes de la série filmée entre Chicago et Atlanta.

Diffusée sur HBO entre le 16 aout et le 18 octobre 2020

 

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