Le power de Mum Poher

Sebastien Bailly

Sebastien Bailly

Voici trois ans, le journaliste Sébastien Bailly avait écrit « Les miraculées » (Éditions la falaise) un récit consacré à la survie de ma famille durant l’occupation nazie, cette fois il publie enfin son tout premier roman, « Mum Poher » qui raconte, sur trame rock où Dylan percute l’Histoire sur l’ile de Wight, la vraie-fausse biographie d’une ardente pasionaria, une femme qui aimait les hommes au point de vouloir les sauver à tout prix.

Mum PoherNON, « Mum Poher », malgré son titre n’est en aucun cas une chronique consacrée à la vie de Louise Souriau. Louise Souriau, quésaco ? Ben, la mère d’Alain Poher, l’ex-Président du Sénat et deux fois éphémère Président de la République assurant l’intérim de De Gaulle ET de Pompidou, mum Poher donc !  Hé bien non, rien à voir. Ce premier roman de Sébastien Bailly nous fait partager la vie romanesque d’une très jeune fille, furieusement éprise de liberté qui choisit de disparaitre pour mieux renaitre. C’est l’histoire d’une fuite en avant qui démarre dans le très chic 16éme arrondissement de Paris pour se poursuivre sur une ile mythique à la poursuite d’un rêve né à la faveur d’un Woodstock européen. Car pour l’héroïne tout s’enchaine sur l’ile de Wight où elle rencontre des gitans écossais enracinés parmi les 140.000 habitants qui vivent ainsi au large de Portsmouth. Du pub White Lion de Niton, où se produisent des artistes fauchés jusqu’au chalet des oiseaux à Villers sur Mer en passant par mon cher Zarautz dans la province basque de Gipuzkoa, où j’ai moi-même passé tant de vacances depuis les 60’s, « Mum Poher » n’a décidément pas fini de nous faire voyager. Et, à la manière de l’homme qui a vu l’homme… qui a vu la femme, l’auteur nous offre sa mise en abime de son personnage sur lequel un auteur de fiction s’escrime à retracer le parcours chaotique et riche en émotions humaines de Brigitte, alias Birgit, alias Mum Poher, qui décide de vouer son existence à venir en aide à tant de naufragés de la vie et principalement des hommes battus. Avec son aide, ceux-ci trouvent refuge et une nouvelle vie grâce au réseau souterrain qu’elle a patiemment mis en place. Pure fiction, me direz-vous ? Pas seulement. J’ai moi-même connu des hommes battus, comme ce collègue roc-critic d’un grand hebdo national qui dérouillait en silence lorsque sa copine d’alors picolait un peu trop. Ce pote aurait sans doute adoré croiser le chemin d’une Mum Poher. Un seul reproche, les 181 pages du roman se lisent beaucoup trop vite. On attend un tome 2…ou la série télé…au boulot Sébastien Bailly 😉

 

« Mum Poher » par Sébastien Bailly chez Librinova

 

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