LANA DEL REY : « Honeymoon »

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Lana Del Rey

Pour son quatrième album studio, Lana Del Rey nous convie à partager sa lune de miel. Tout un programme ! « Honeymoon » et ses 14 chansons s’étirent langoureusement comme une Lana au plumard en version « grasse matinée » dans un film au ralenti. Si tous les aficionados de la señorita sont bien entendu subjugués d’un bout à l’autre, les autres trouveront sans doute le temps long comme une journée d’automne…

Lana Del Rey« Miroir…oh mon miroir, suis-je toujours la plus belle ? » telle est la question existentielle que semble inlassablement poser la demoiselle. Dans la vidéo du premier single « High By the Beach » ne se prélasse-t-elle pas d’un bout à l’autre dans son déshabillé vaporeux sur un titre en slow-motion? Raide à la plage ? Heu…pas que ! Ces chansons, qui semblent toutes être composées sous Valium, défilent avec nonchalance. Et si dans les textes de Lana, romance rime souvent avec violence, elle est incontestablement intériorisée. Prenez « Honeymoon » qui ouvre l’album, on se croirait projeté dans un film de Douglas Sirk, où la chanteuse-séductrice aurait été prise à son propre piège de cœur brisé. Triste « lune de miel » sous les sanglots des violons ! Presque a capella, miss Del Rey nous confie ses amours déçus, alors forcément comment rester insensible ? Toute aussi entêtante, « Music To Watch Boys To » est à l’image de ces parfums capiteux qui s’évertuent à demeurer dans la pièce lorsque la femme qui le porte a déjà claqué la porte. Un beat si répétitif qu’il en devient hypnotique, porté par la voix de Lana si fragile lorsqu’elle monte si haut, et un texte susurré comme autant de confidences sur l’oreiller…on se dit que décidément au jeu de la séduction, tous les coups sont permis. Avec « God Knows I Tried », elle nous rejoue la fille perdue en quête de Rédemption sur quelques accords de guitare qui évoquent les westerns et la débauche des saloons.

Cette Lana-là est l’opium du peuple

 

Lana Del ReyDans cet album, Lana Del Rey semble renouer avec ce rétro-cool qui nous avait autant alpagués avec « Born To Die ». Avec la planante « High By The Beach », sans doute l’un des titres le plus attrape-cœur de l’album, on peut paraphraser Marx et affirme haut et fort : cette Lana-là est bien l’opium du peuple ! D’ailleurs, puisqu’on en parle, « Religion » justement n’est pas très loin et sur ce slow langoureux la chanteuse revendique sa condition de femme amoureuse intégralement vouée au culte de celui qu’elle aime. Du moins, c’est ce qu’elle prétend. En écoutant « 24 » on se dit que c’est vraiment dommage que la chanson de « Spectre », le nouveau James Bond, ait été gâchée par ce balourd de « Sam Smith », car la compo de Lana Del Rey aurait fait un parfait thème pour un 007. Violons et émotions y sont au rendez-vous avec cette petite touche glamour qui sied aux génériques des Bonds. Mention spéciale à la reprise de « Don’t Let me Be Misunderstood » de Nina Simone revisitée à la sauce Lana, dite de la femme fatale. En arrivant au bout de ce nouvel album, on se dit qu’elle n’est vraiment pas mal la nouvelle chanson de Lana Del Rey…sauf que c’est un peu la même d’un bout à l’autre ; mais quand on aime c’est bien connu, on ne compte pas !

 

 

 

 

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