J’M pas Pokora

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4cccb92fa59fbdad6952254b6e8da01b52b99a96b2c68J’M pas Pokora et c’est plus fort que moi. Pourtant à près de 30 balais, on ne peut contester que ce chanteur présente bien. Mais  une telle vacuité dans ce personnage et sa musique,ne peuvent laisser indifférent. Alors pour fêter la publication de « R.E.D »- non je n’ai pas dit « Raide »- son sixième opus en un peu plus de dix ans de carrière, le gonzo-portrait forcément s’imposait.

Matt-PokoraMoi, si j’étais à la place de M, franchement je ne suis pas certain d’avoir encaissé sans coup férir l’arrivée de M (Pokora). Vous allez me dire, il y a bien Black M. Certes, mais comme il est black, la confusion paraît moins risquée. Mais M et M Pokora, ça fait un peu M&M’s, non ? Anyway, comme M est en hibernation – et vu sa prestation cata de chez cata aux dernières Victoires de la Musique ça vaut mieux !- il nous reste M Pokora…Pokora des villes ou Pokora des champs that’s the question, à l’écoute de son nouveau disque où soniquement à force d’avoir le cul entre dix chaises musicales, le garçon doit se retrouver souvent debout. Tatoué comme un yakuza qui a racketté toute sa vie, Matthieu Tota, de son petit nom, né en septembre 85 dans l’est de la France cultive paradoxalement son image de gendre idéal, éternel blond Prince Charmant venu délivrer sa Belle dans le sombre donjon où son père l’avait enfermée. Forcément, c’est d’un gentil bad-boy dont il s’agit, un peu voyou au grand cœur comme ce personnage d’opérette qu’il a incarné sur les planches : Robin des bois. Son nom il le signe à la pointe de sa flèche tout en réussissant le tour de force ne de pas en être une. Avec son gel, éternelle promo sur pieds pour le fameux D’clip Vivel Dop, tu sais bien celui où quand tu frottes les murs avec tes potes tu peux faire écrouler un immeuble. Du dur de chez dur jusqu’à la pointe des cheveux. Mais doux si doux lorsqu’il s’agit du cœur, forcément. Elevé voici un peu moins de dix ans en couveuse, sous les spotlights des télé-crochets 2.0 de la télévision (Popstars), ce garçon si créatif nous aura livré rien de moins que 6 albums (sans compter Robin des bois) en un peu plus de dix ans. Prolixe à l’instar de Gérard de Villiers, M est un peu le Malko Linge de la pop musique camembert. Car tout comme Gérard, une armada de petites mains, de petits pieds, de petites voix, de petites plumes navigue inlassablement autour du navire amiral Pokora. A l’instar de Jules César dans sa « Guerre des Gaules », M –non pas Chedid, l’autre !- ne déteste pas évoquer sa personne à la troisième personne du singulier. Il est une équipe à lui tout seul. D’ailleurs à l’instar d’un Johnny Hallyday, les crédits des chansons de M ressemblent à une liste d’invités des Victoires de la Musique. Comme Johnny, on n’a jamais vu M se draper dans la dignité de « l’auteur-compositeur » qui n’a que sa bite, sa voix et son couteau pour exprimer la plénitude de son art.

M est un peu le Malko Linge de la pop musique camembert.

D’ailleurs, lorsqu’on lui parle de sa prochaine tournée, il balance direct : « Ce sera un gros show comme je les aime depuis toujours. on a rajouté trois cuivres à mon groupe pour retrouver le son du studio. je sera également accompagné de feux acrobates en plus de mes huit danseurs, quatre filles et quatre garçons. Nous serons 23 en plus des équipes techniques. il y aura des écrans géants, de la vidéo et des effets pyrotechniques. Je veux que ce soit un spectacle à l’Américaine ». Rien de plus, rien de moins, quand on vous dit que ce garçon a des gouts simples. D’ailleurs on pet considérer qu’il est à la zique ce que Jean Claude Van Damme est au cinéma: un authentique intellectuel médiatique. Cette description de sa future tournée accompagnait la sortie hyper-médiatisée de son album « R.E.D » pour…retour en déconnade…non je rigole, il veut dire « Rythmes Extrêmement Dangereux ». Pour examiner cette assertion, j’ai moi même pris tous les risques y compris celui d’expérimenter ces « rythmes » si toxiques qu’on devrait les affubler des tibias croisés à tête de mort comme sur les centrales atomiques ou les bidons d’acide chlorhydrique. Délicate mission, car les styles musicaux de l’album se chevauchent avec la légèreté d’une charge de cavalerie. La pop percute le R&B qui lui même heurte l’électro comme la boule de flipper ricoche erratiquement sous la poussée de bumpers. Ainsi « A nos années manquées » renoue avec la veine afro-zouk du « Saga Africa » de Noah. Sur qu’on est à des années lumières de Bob Marley.Matt-Pokora

Carrément variété française hardcore, « Le monde » ne déparerait pas au catalogue d’un Florent Pagny. « On danse » se veut aussi un peu black. Car notre M se veut également hip-hop, comme une version Française de Justin Timberlake…lequel est déjà une version blanche de Michael Jackson, mais c’est un autre débat. L’égérie – sorry je ne connais pas le masculin du terme- de la marque des opticiens Atol se targue d’avoir 5 millions de followers sur les réseaux sociaux, il admet pourtant que son public est à 70% féminin. M se compare aussi à Claude François. Parfois même à Mylène Farmer, au gré des magazines. Jadis, avec François Valery ou Fréderic François ou François Deguelt…il y a toujours eu ces chanteurs à minettes qui faisaient se pâmer les petites. C’est sa très grande force de vocaliste-caméléon, c’est aussi sa faiblesse. A force de la jouer couleur-murailles, il va finir par se fondre dans le paysage… jusqu’à l’oubli.

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