FLAVIA COELHO « DNA »

flavia coelhoBasée à Paris depuis déjà quatorze années, la brésilienne Flavia Coelho n’a jamais renié l’héritage de ses racines tropicales. Tout au contraire. Portée par ses mélodies ciselées avec art et sa voix dynamique pleine de grâce, elle a su inventer sa propre fusion torride, entre bossa brésilienne, trap rap, reggae et dub dansant dont les textes sérieusement engagés dénoncent les multiples turpitudes d’un Jair Bolsonaro, à la botte des pollueurs, des fachos et des évangélistes de tous poils… même si certains réussissent hélas même à cocher les trois cases !

flavia coelhoPar Jean-Christophe MARY

 

Sur son quatrième album, Flavia Coelho, ravissante quadra à la crinière sauvage, déploie le bel éventail de ses capacités vocales, sur des paroles en portugais. Soit douze titres originaux qui lui permettent d’exprimer une large palette de sentiments, de la joie à la mélancolie, en passant par la colère. Et elle n’en manque pas, surtout depuis l’arriv&e au pouvoir d’un ex militaire à la droite de la droite. Pour dénoncer l’arrivée de Jair Bolsonaro au pouvoir et faire écho des discriminations envers les femmes, les homosexuels et les minorités, Flavia Coelho se sert habilement de ses chansons comme d’une tribune. Cela donne une musique aussi colorée que ses cheveux blonds bouclés, un sang mêlé de forró, de trap rap, de reggae et de dub, aussi métissé que ses tatouages. On retrouve ici toute la flamboyance, toute la chaleur des musiques brésiliennes sur fond groove cadencé comme ce « De Novo De Novo » sorte de mix de cumbia et de dub ensoleillé, ce « Cidade Perdida» qu’on dirait extrait d’un album de musique urbaine avec ces voix hip hop, cette boite à rythme saccadée et ces « Ouh ouh ouh ouh » marque de fabrique du « trap rap ». La fièvre monte d’un cran avec « Billy Django » sorte de super héros (clin d’œil au Django Unchained de Quentin Tarantino,) et son mix de musiques africaines caribéennes, un titre particulièrement addictif avec ces chœurs entêtants, cette rythmique ensorceleuse qui nous invite à rejoindre le dancefloor. Des titres dansants, on en trouve partout certes, mais aussi des titres politiques, engagés. Si « Nosso Amor » évoque la stigmatisation des minorités sexuelles, « Cidade Perdida » aborde lui la corruption qui gangrène la banlieue de Rio de Janeiro d’où la belle est originaire. Véritable tube en puissance, « Vem Chamegar » est une chanson mélancolique au refrain catchy, une chanson qui vous attrape et ne vous lâche plus. Et le reste est du même calibre. La diva se livre sur des chansons sensibles exquises, tout en apesanteur, des compositions pleines de fraîcheur et de vitalité latine comme ce « DNA » qui rappelle un peu Manu Chao. Saluons donc la sortie des ces titres accrocheurs et festifs dopé par moments de petits brin de folie et autres belles envolées lyriques. Maintenant, on a hâte de voir si ce bel équilibre tient aussi bien la route en live que sur disque. Alors croisons les doigts pour que l’Olympia, annoncé le 15 octobre et la tournée prévue dans la foulée, soient maintenus cet automne.

 

 

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