FISCHER Z « Redskies Over Paradise »

Fischer ZVoici 40 ans dans BEST GBD pratiquait la pêche miraculeuse avec Fischer Z, la formation du chanteur/claviers/guitariste John Watts qui publiait ici son troisième 33 tours, le radieux « Redskies Over Paradise ». Cette année 81 on tournait la page de la révolte destroy et à l’instar de the Police, sa formation ouvrait alors la voie d’un after-punk aussi imaginatif que décomplexé. Flashback….

Fischer ZFish’s head, tête de poisson, avec l’accent trainant du Surrey ça se prononce aussi Fischer Z. Or John Watts le lider maximo du groupe a poussé ses premiers cris à Frimley, riante bourgade du Surrey.  Fischer Z émerge au crépuscule des 80’s et le quatuor ne tarde guère à cartonner avec son cocktail de rock, de pop et plus original de reggae qui diffuse ses textes aussi insurgés que politisés comme leur premier single « Remember Russia ». Signée sur United Artists Records, à l’instar de ses camarades les Stranglers ou les Buzzcocks, la formation de Watts splitera pourtant quelques mois plus tard. Le chanteur se lance dans une carrière solo… avant de reformer Fischer Z en 1987. Le groupe aura publié en tout 13 albums, mais ce « Redskies Over Paradise » aura sans conteste été le plus populaire de tous. Et si le succès insolent de the Police aura largement éclipsé celui de Fischer Z, à l’écoute de cet album en particulier on se dit qu’ils méritent très largement de se retrouver à nouveau dans la lumière.

 

Publié dans le numéro 154 de BESTFischer Z

 

Hé non… Fischer Z n’est pas un nouveau modèle de voiture de course ni même un prototype révolutionnaire de fusée. Faut-il que je vous rafraichisse la mémoire ? « Redskies Over Paradise » est le troisième LP du groupe. Grâce à la personnalité de John Watts, le chanteur/claviers/guitariste, il a la chance de se tirer sans mal des marais putrides de l’after-punk. Ce qui manque chez beaucoup de groupes anglais, c’est un « son » qu’on puisse identifier du premier coup d’esgourde. Or, avec Fischer Z, le réflexe est immédiat, on reconnait de suite son reggae battu en neige. Comme la voix lancinante de Watts qui nous raconte sa planète. « Redskies… », la chanson qui a inspiré son titre à l’album, nous plonge dans la chaude ambiance d’une plage de week-end. C’est Watts, bien sûr, qui compose et écrit tous les textes. Le flip du Jugement Dernier est présent aux quatre coins du LP. C’est comme une toile fond qui finit par l’obséder. On retrouve le thème avec « Batalions of Strangers » et ses images conservées dans le formol : « La guerre s’en est allée, laissant derrière elle la fumée noire et les essaims de mouches ». Et les bataillons d’envahisseurs défilent en distorsion. Même feeling avec « Berlin» et ses flashes décadents qui ne parviennent pas à taire oublier la présence du Mur et avec « Cruise Missiles » à l’avenir aussi sombre qu’un nuage radioactif. Watts donne l’impression d’être allé plus au fond de lui-même que dans ses précédents LP. Pour la première fois, c’est vrai, il s’est coincé aux lèvres le cigare du producteur. Mike Howlett, qui a fait « Word Salad » et « Going Deaf for a living » s’est effacé pour ce « Redskies… », Watts ne parait pas s’en plaindre. Sa voix plonge avec violence pour s’envoler au plus haut du ciel de gamme. Sur la corde raide des aigus, il s’en tire à la perfection. Mais le revers de la médaille, c’est que l’ensemble parait trop homogène. Tous les titres se ressemblent un peu mais, si l’on accroche au timbre très particulier de Watts, le voyage des deux faces ne parait pas trop long. D’autant plus qu’on a la chance d’y croiser « Marliese » dans sa loge, une chanson puissante à la gloire d’une star déchue à la Bette Davis de « Sunset Bd » qui ressemble à s’y méprendre à l’Angleterre. Elle vaut largement le détour. Comme « Multinational Bites», un pamphlet anti-trust, gorgé de dérision. John Watts a gardé de ses années d’études en psy un coté décalé par rapport à notre monde, c’est sa vision, elle est à prendre ou à laisser.

Publié dans le numéro 154 de BEST daté de mai 1981

BEST 154

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