FFS : « FFS »

Partager

FFS

Aventuriers des sons perdus, c’est le super-groupe le plus fracassant du moment… si ce n’est de toute l’histoire du rock. Formé des allumés Ron et Russell Mael, alias Sparks, et des fringants Franz Ferdinand, FFS (Franz Ferdinand Sparks) est à la base un incroyable hybride, pourtant cette créature sonique de Frankenstein tient parfaitement sur ses deux jambes, alliant avec art le speed des écossais et la fantaisie lyrique des frangins de LA.

FFS_self-titled_album_cover_art

FFS; « FFS »

Si la notion de super-groupe n’est pas neuve dans le rock, c’est sans doute la première fois qu’une telle intégration fonctionne. Certes on se souvient au tout début des années 80, de la tournée commune Temptations et Four Tops et du single enregistré à l’occasion. De même plus récemment on a vu Jay-Z et Coldplay sortir un cinq titres commun (« Viva la Hova ») mais en restant sur la base de chansons connues, intégrées par la magie du « mashed up ». Là on est sur un concept neuf et des chansons toutes nouvelles, nées en studio en présence des deux formations. Projet à hauts risques donc par son degré d’ambition. Mais depuis « This Town Ain’nt Big Enough… », les Sparks se sont ils fourvoyés une seule fois ? Dés le premier titre, les dés sont lancés : avec « Johnny Delusional » (Johnny délirant) FFS rafle incontestablement la mise. Porté par le lyrisme déjanté des Sparks et les guitares incisives de la bande d’Alex Kapranos, ce single se révèle d’une efficacité killeuse. Rodés par leur expérience opéra avec « The Seduction of Ingmar Berman » les frères Mael se lâchent, dépassant largement les frontières connues du rock pour cette « Quatrième Dimension » tandis que les Franz Ferdinand apportent leur rafraichissante dose d’adrénaline. En quelque sorte il s’agit là d’une version « réalité augmentée » des deux groupes. Plus synthés et souvenirs de Moroder, le second simple « Call Girl » est bien entendu un jeu de mot entre « l’escort girl » et l’admonestation : « pourquoi ne téléphones-tu pas ma fille. ? » Musicalement, on songe au duo « Cool Places » enregistré jadis avec la chanteuse des Gogo’s. Et toujours ces chœurs démultipliés des deux chanteurs, Russell et Alex. Ces deux là font décidément très bien l’humour ensemble, à l’instar de ce « Dictator’s Son » sans doute dédié à Kim Jong-un, où FFS fait toutes ses preuves par l’absurde mais aussi avec l’efficacité de musiciens qui ne craignent jamais de faire preuve d’imagination.

Drôlissime

Au fil de cet album riche de ses 16 compositions, sa fantaisie hautement addictive achève de vous gagner. Du speed à la « AC/DC » de « Police Encounters » au couillu « Piss Off » en passant par l’excellente « Save Me From Myself »- qui nous fait diablement songer au mythique « Falling In Love With Myself Again »- on adhère au rock théâtral de « FFS ». Mention spéciale à la drolissime et oh combien ironique « Collaborations Don’t Work » (les collaborations ne marchent pas)- on dirait un texte entre les Monty Pythons et Jonathan Richman- et au grand finale de l’entêtante mais néanmoins dramatique « A Violent Death » où les voix de Russell et d’Alex se répondent avec brio. Bref, tout ce que je peux vous souhaiter, c’est que cet « FFS » vous fasse passer, autant qu’ à moi, un fieffé bon moment.

 

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *