DURAN DURAN À L’ACCOR ARENA

Duran DuranQuasiment un an jour pour jour après leur dernier triomphe au Zénith, les Fab Four de Birmingham décident de mettre la barre plus haut et investissent Bercy ! Et à nouveau les Duran Duran entrainent le public parisien sur la yellow brick road de cette synth pop lumineuse devenue leur signature. Pourtant lorsqu’ils sont apparus dans le sillage des nouveaux romantiques à l’aube des 80’s nul n’aurait parié le moindre shilling sur la bande de Simon Le Bon. Plus de quatre décennies plus tard avec une inoxydable longévité digne des Cure, Depeche Mode ou de U2, nos Duran Duran prouvent à nouveau en live qu’ils sont toujours « affamés comme le loup ». Et au lendemain de ce show l’ami Zen Smith ne s’est manifestement toujours pas remis de la morsure !

Duran DuranPar Zen SMITH

Je concluais ma review de l’an passé par « Que ce triomphe redonne confiance à Duran Duran en l’amour que leur porte les fans français et que les prochaines tournées n’oublient plus la ville de lumière. » ( Voir sur Gonzomusic DURAN DURAN AU ZENITH )… Le message semble être effectivement bien passé. J’avoue même avoir été surpris, voire un peu inquiet à l’annonce de ce Bercy. Un an après le Zénith, sans nouvel album (seul le nouveau single « Free To Love » est sorti depuis), vont-ils réussir le challenge ? Et contre toute attente, c’est bien devant un Bercy quasi sold out que Simon Le Bon, 68 ans et 1 jour, et sa bande vont encore nous livrer un set d’anthologie.

 

The Molotov by Fabrice Dematons

The Molotovs by Fabrice Dematons

C’est tout d’abord à 19h30 que le groupe The Molotovs (d’actualité pour Paris ah ah) se présentent au public Parisien.  Hélas comme tant de formations British c’est un peu le look, juste le look, rien que le looK… et la zique on verra plus tard !Si le set s’écoute bien, j’avoue ne pas avoir été ultra séduit. Peut-être mes 55 ans et avoir entendu ce genre de power trio Basse/Batterie/Guitare un milliard de fois depuis que je suis en âge d’écouter de la musique ? Je suis toujours aussi admiratif et paradoxalement dubitatif quand j’entends un groupe de « jeunes » faire une telle musique de « vieux ». On pense à The Clash, Police, Oasis plus d’une fois. Et puis la bassiste… Hou la. Une pile atomique montée sur ressorts qui nous aura épuisé au bout de 2 titres. Certes, elle fait le show à elle toute seule… mais elle en fait sans doute un peu trop et surtout cela manque je trouve sacrément de naturel, comme un birthday cake anglais qui déborde de couleurs et de chantilly. Bref… pas facile à digérer ! Mais bon, ils ont fait le job et même un cocktail Molotov qui fait pshittt est toujours mieux qu’un DJ. Ils seront le 14 février à la Machine, Paris (d’après ce que j’ai pu lire, leur dernier passage là-bas ayant été interrompu pour un problème de santé).

Duran Duran by Fabrice Dematons30 minutes plus tard, blackout et une version instrumentale et sombre de « Free To Love » (Symphonic Instrumental Version) envahit la salle et la clameur du public s’élève. À 6 mois près, cela fera 40 ans que j’ai vu le groupe pour la première fois dans ce même Bercy (2 Avril 1987) pour le « Strange Behaviour Tour ». Énorme succès de 2 soirs archi sold out… suivi hélas d’un Bercy moins heureux, le 21 Novembre 1988 pour le pourtant superbe « Big Thing Tour » qui allait marquer le début d’une longue traversée Française du désert (ou presque selon les moments, j’ai retracé tout le parcours des combattants dans ma précédente review. C’est par un ultra puissant « Is There Something I Should Know ? », pas joué en France depuis le Zénith 2005, que les hostilités démarrent. La frappe monstrueuse de Roger (Batterie) et la basse toujours aussi groove de John fournissent la structure rythmique puissante sur laquelle peuvent atterrir les claviers mythiques de Nick et la voix de Simon très en forme. C’est une sorte de cartoon très années 60’s qui illustre le titre sur l’écran géant, le 5ème membre du groupe depuis des décennies, et les Fab alors encore Five avec Andy Taylor pour un story board retraçant la Duran Mania des 80’s et ses hordes de fans. Pas besoin de beaucoup plus pour faire se lever à l’unisson le public.

Duran Duran by Fabrice DematonsSomme toute, la set-list est très proche de celle du Zénith, mais on les a tellement peu entendus ces 20 dernières années qu’on ne va pas faire les fines bouches. Et puis quel répertoire ! Comme je l’avais déjà écrit l’an passé, il en faut de l’assurance en soit pour balancer dans les 7 premiers titres : « Is There Something I Should Know ? », « Wild Boys », « A View To A Kill », Hugnry Like The Wolf » et « The Reflex » ! Les plus récents « Evil Woman » (cover d’Electric Light Orchestra) et « Lonely In Your Nightmare / Superfreak » (relecture d’un titre de Rio – 1982, mashed-uppée avec le classique funk de Rick James), tous deux extraits de leur dernier concept album « Danse Macabre » ( Voir sur Gonzomusic) DURAN DURAN « Danse Macabre » ) se seront glissés à la perfection dans cette avalanche de hits.

2nd fan service de la soirée : une version courte du très beau « Only In Dreams » de l’album « Future Past », enchaîné avec la grosse surprise, le sublime et mythique « Winter Marches On » de l’album Notorious et que le groupe n’avait plus joué depuis le « Big Thing Tour 88 ». Très belle projection vidéo enneigée accompagnant cette agréable surprise. L’ambiance reste encore mid tempo avec les 2 hits du « Wedding Album » de 1993 qui prouvaient déjà à l’époque qu’il ne fallait pas les enterrer trop vite et qu’ils avaient de la ressource pour non seulement se renouveler artistiquement mais aussi truster la tête des charts mondiaux : « Ordinary World » et « Come Undone ». Le premier fut introduit par un petit speech de Simon qui – dans mon interprétation totalement personnelle qui n’engage que moi – était peut-être un petit tacle au climat Français, dédiant ce titre à ceux qui dans le monde se battent VRAIMENT pour leur vie. En tout cas, je l’ai pris comme ça 😊

Duran Duran by Fabrice DematonsLe second met en avant la voix magnifique de Sara Ross pour un duo magnifique. Après ce petit repos, c’est l’artillerie lourde qui est ressortie : « Notorious », « I Don’t Want Your Love » (3ème fan service n’ayant plus été joué à Paris depuis 2005) et le tout nouveau single « Free To Love » avec un clip ultra fun à l’imagerie très 70’s/80’s et qui rappelle que la lutte contre l’homophobie ne date pas d’aujourd’hui et que des groupes comme Duran Duran, et d’une manière générale les mouvements Disco, New Wave, Pop… ont fait certainement plus et mieux pour l’acceptation des genres, de l’androgynie et la liberté de s’aimer. S’il existe encore des batailles à mener par ci, par là… le gros de la guerre avait déjà été gagnée par ces générations. S’en suivent « Planet Earth » leur tout premier hit (sur lequel un fou rire entre Simon et John manquera à Mr Bon, Simon Le Bon, de s’étouffer), « White Lines », une version explosive du hit de 2003 « (Reach Up for the) Sunrise » (là encore pas joué depuis 2005 à Paris) pour finir par le toujours aussi explosif mashed up « Girls On Film » & « Psycho Killer » (cover de Talking Heads présente sur « Danse Macabre ») En rappel ce sera une version somptueuse « Save A Prayer » reprise en chœur par un public en transe et un « Rio » qui aura donnée quelques sueurs au groupe. Car le guest imprévu de ce soir n’est nul autre que Nick Valensi de The Strokes ! A qui on aura fait la mauvaise blague du jack hors service ! Un premier faux départ du morceau, un échange de guitare avant de se rendre compte que c’était le Jack… L’humour du groupe fait patienter le public, Nick Rhodes se lance dans une impro claviers… bref, ce n’est pas ça qui va perturber ni le groupe, ni le public. Et le groupe peut enfin achever son set avec un « Rio » ultra dopé avec ce personnage mythique qui illustrait la pochette mythique qui prend vie sur l’écran pour conclure en toute logique sur une imagerie cartoonesque très 80’s (sans oublier la séquence de voiture défilant sur paysage de jeu vidéo, imagerie que c’est approprié le mouvement synthwave depuis quelques années maintenant)

Duran Duran by Fabrice DematonsRoger, Simon et Nick s’attarderont longuement sur scène après les salutations du groupe. Et Simon sera le dernier à partir. Comme si lui non plus ne voulait pas que cette soirée s’achève et qu’il voulait savourer encore cette vague d’amour et de respect du public. C’est donc encore une soirée magnifique que nous avons tous vécu. Mais quoi de plus naturel quand on voit cette énergie, ce respect, cet amour entre chaque membre du groupe, qu’il soit historique comme les Fab Four ou plus récents comme Dom Brown (dans le line up de tournée depuis maintenant plus de 15 ans), Ana Ross, Rachael Connor et Simon Willescroft.

Duran Duran ( Voir sur Gonzomusic  https://gonzomusic.fr/?s=Duran+Duran ) démontre, s’il était nécessaire, que c’est une véritable force de frappe Live alliant un répertoire absolument indémodable, une technicité musicale parfaite, un don pour la scénographie et les visuels, le tout sans jamais tomber dans la machinerie millimétrée à l’américaine. Le groupe y va avec ses tripes, son âme et son cœur… et il lui en a fallu pour entreprendre ce long chemin de réconciliation avec une France qui l’avait abandonné depuis si longtemps. On attend avec impatience la suite de cette épopée sonique unique en sans genre.

 

All pix by Fabrice Dematons

Setl-list : 
Free to Love (symphonic instrumental version)
Is There Something I Should Know?
The Wild Boys
The James Bond Theme / A View to a Kill
Hungry Like the Wolf
Evil Woman (Electric Light Orchestra cover)
Lonely in Your Nightmare / Super Freak (aka « SUPER LONELY FREAK »)
The Reflex
Only in Dreams (shortened)
Winter Marches On
Ordinary World
Come Undone
Notorious
I Don’t Want Your Love
Free to Love
Planet Earth
White Lines (Don’t Don’t Do It)
(Reach Up for the) Sunrise
Girls on Film / Psycho Killer

Encore:
Save a Prayer
Rio (feat The Strokes’ Nick Valensi on guitar)

 

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