Dernier télégramme à Paris : Gainsbourg n’aurait pas aimé

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Dernier télégramme à paris 

Signe des temps, le dernier télégramme de l’histoire de notre pays a été envoyé de la poste de Paris Saint-Michel lundi dernier à 23h 59. Là où il est, Serge Gainsbourg doit gravement le déplorer, car il n’aurait pas pu composer son fameux « Overseas Telegram ». RIP.Stop.

 

Aux armes et caetera À chaque point il fallait dicter « stop ». Il suffisait alors de téléphoner à un standard et de dicter son court message ponctué de « stop ». C’était le SMS avant le SMS en quelque sorte. Andrew Loog Oldham me racontait qu’il avait eu la chance de décrocher le job d’attaché de presse des Beatles en vivant à Londres. Car Brian Epstein et les boys étaient toujours à Liverpool. Or,  à l’époque, on ne téléphonait presque jamais à l’interurbain. Pour annoncer une naissance, on se contentait d’envoyer un télégramme, on ne téléphonait que pour un décès. Ainsi après le télégraphe trait point, etc… puis le « pneumatique » qui consistait à envoyer dans Paris intra-muros d’un bureau de poste à l’autre des lettres roulées dans un tube propulsé par air comprimé dans des tuyaux sous la ville, le télégramme tire à son tour sa révérence après plus de 139 ans de bons et loyaux services. Et pour l’ami Gainsbourg, après le triste remplacement du poinçonneur des Lilas et d’ailleurs par un « portillon automatique » puis par ces composteurs automatiques, c’est encore un fragment de son inspiration qui se fait la malle. Fin 78, avec Philippe Lerichomme et le père de Jane Birkin, il débarque à Kingston pour enregistrer aux studios Tuff gong de Marley avec Robbie Shakespeare et Sly Dunbar ce qui deviendra le fameux  « Aux armes, et caetera ». Il écrira ses textes dans la nuit de sa chambre d’hôtel, dont celui de « Overseas telegram », inspiré par le télégramme de rupture que Jane lui avait envoyé via le Post Office anglais, comme il le dit si bien dans sa chanson. Or, ce fameux télégramme, je m’en souviens parfaitement, était encadré dans le salon de l’hôtel particulier de la rue de Verneuil, entre les disques d’or et le poster géant de Bardot. Souvenir douloureux, anyway « Overseas Telegram » est une des perles de ce premier album reggae. Cependant, toujours malin come un singe, Serge lorsqu’il enregistre le LP de Catherine Deneuve « Souviens-toi de m’oublier » deux ans plus tard lui fera également chanter cette chanson. Et si comptez déjà au nombre des nostalgiques du télégramme, il en existe également une version dub sur le CD de remixes de Gainsbourg par Bruno Blum.

Voici le texte de cet ultime télégramme de l’histoire de France et sur lequel hélas plus personne n’écrira de chanson

« Le dernier télégramme a été émis ce soir 23 h 59 -STOP- Créé en 1879 le service était géré par orange sur le site de Paris St-Michel – STOP », indique le message qui se voulait aussi nostalgique. « C’est une page de l’histoire des Télécoms qui se tourne au profit de nouvelles technologies -STOP- Bon vent et merci à tous nos collègues qui faisaient encore fonctionner ce service -STOP et FIN », conclut le télégramme dont une photographie a été publiée sur le compte Twitter d’un spécialiste des télécoms.

 

RIP. Stop. Et fin, donc…

 

 

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