Demis Roussos : mort d’un « Enfant d’Aphrodite »

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The Aphrodite's Child

C’est hélas officiel, Demis Roussos, l’ex vocaliste leader des Aphrodite’Child, s’est éteint à seulement 68 ans chez lui à Athènes dans la nuit de dimanche à lundi.

Rain and TearsLa mort de Demis Roussos hélas ne surprendra personne, depuis des années le chanteur creusait sa tombe avec sa fourchette. La bonne bouffe est à l’mage de la langue d’Esope : à la fois la meilleur et la pire des choses. A chaque repas Demis n’y allait pas à moitié, enchainant les viandes et dévorant allègrement plusieurs volailles à lui seul à l’instar d’un Obélix avec ses banquets de sangliers ….depuis toujours ! Si pour les nouvelles générations Demis Roussos n’était qu’un gros ringard chanteur de variétés, pour nous les baby boomers il restait à jamais le leader des Aphrodite’s Child légendaire groupe grec échoué par hasard à Paris qui a su atteindre la grâce avec les hits qui ont enflammé notre adolescence. Aux cotés du génial Vangelis O. Papatanassiou- qui signera après le split du groupe les emblématiques BO de Bladerunner, des Chariots de Feu et de tous les films du regretté François Reichenbach- aux claviers, de Anargyros Koulouris à la guitare et de Lucas Sideras à la batterie, Demis le chanteur bassiste se retrouve coincé à Paris au printemps 68 durant les « évènements » de Mai. Le groupe en profite alors pour signer avec le label Philips et les premiers 45 tours écrits en collaboration avec le futur parolier de Bashung, Boris Bergman sont des tubes monumentaux. Des slow-braguettes – c’était si facile d’emballer les petites sur des titres aussi sensuels-« It’s Five O’Clock » et « Rain and Tears » (dérivé de « Canon » de Pachelbel) en passant par les jerks irrésistibles- voire carrément sexuels- comme « Let Me Live Le Me Love », les Aphrodite’s Child s’inscrivent 61kIY5GFS3Ldurablement dans la pop culture hexagonale.

En 1972 le groupe publie son « 666 » un double album aussi génial que planant, vertigineux comme un « Ummagumma » du Floyd ou un « Days of Future Past » des Moody Blues. Inspiré de l’Apocalypse selon Saint Jean, le concept-album « 666 » avec le titre « Infini » où la comédienne Irène Papas vocalise comme si elle accouchait surfe sur un petit gout de scandale. Hélas après ce chef d’œuvre de la pop, les Aphrodite’s Child se désintègrent. Vangelis compose ses BO à succès, Lucas regagne la Grèce tandis que Demis devient le chanteur de variétés que nous avons hélas connu, gagnant de l’embonpoint d’année en année jusqu’à cette triste overdose modèle « La grande bouffe ». Et si à cette heure on ignore encore les raisons exactes de son décès, on peut hélas parier que ses artères bouchées par la graisse ou le diabète qu’il n’a pas manqué de contracter n’y sont sans doute pas étranger. So long Demis, « 666 » tournera en boucle sur ma platine aujourd’hui…and for ever !

« Bye…bye my friend goodbye With a lie
You forget and break it.
You make it
You make it
You make it
You make it.
Cry in my empty room,
And we try
To forget and break it.
Fly
High
And then
You make it. »

« Break » from « 666 »

 

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