BLACK PANTHER : « The Album ( Music from and Inspired by ) »

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Black Panther 

Premier film où le super-héros est black, réalisé par un réalisateur black avec un casting essentiellement black, avec le phénomène « Black Panther » black n’aura jamais été aussi beautiful. Et sa bande originale est largement aussi originale que bandante. Normal, le surdoué Kendrick Lamar est aux commandes de ces 14 compositions inédites taillées dans le plus précieux ébène sonique, où  le fabuleux rapper de Compton s’est offert un classieux casting furieusement éclectique où l’on retrouve mon protégé de LA Anderson. Paak, the Weeknd, mais aussi des artistes moins reconnus comme la troublante  chanteuse anglaise Jorja Smith ou la vocaliste sud-af allumée, Babes Wodumo. Bref, au niveau des idées comme des sons, ce BLACK PANTHER OST est aussi novateur que l’on pouvait attendre d’un artiste aussi GÉANT que Mister Kendrick Lamar.

 

 

BLACK PANTHER : « The Album ( Music from and Inspired by ) »Tout commence par « Bloody Waters » où l’on retrouve Ab-Soul, Anderson. Paak & James Blake et, de suite, on rejoint soniquement l’Afrique en planant sur un sabar traditionnel. Comme bien souvent dans les BO, on n’entend bien entendu pas toutes les chansons dans le film. Inversement, ces 14 compositions originales sont très largement inspirées par le film de Ryan Coogler et cette Afrique où se situe le royaume imaginaire du Wakanda qui a enfanté notre super-héros T’Challa…alias Black Panther. Ainsi  l’électrochoqué« King’s Dead », le second titre, où l’on retrouve Lamar lui-même, entouré de Future et à nouveau de James Blake, où il fait directement référence à l’assassinat du roi T’Chaka et à l’avènement de son fils T’Challa. Délicate et sensuelle Jorja Smith avec la troublante « I Am », qui balance avec nonchalance entre Sade et Alicia Keys. Rendons à Caesar Lamar ce qui lui appartient, « Black Panther », au vocal hallucinant, puissant comme un happening artistique et pourtant si structuré, plaqué sur un univers sonore d’une vertigineuse richesse fera sans doute date. Kendrick Lamar est un explorateur, mais également un conquistador, car dans la foulée du succès colossal remporté par le film, cette BO s’est catapultée au sommet des charts, balayant de sa créativité toute la concurrence. Qu’un disque, à la fois aussi barje et arty que revendicatif, cartonne de manière aussi massive, vous ne pouvez pas savoir quel bien cela peut faire à une Amérique anesthésiée à la trumpitude. Toujours Kendrick Lamar en direct, « Black Panther » s’enchaine sur le tubesque « All the Stars » ( avec la chanteuse  SZA originaire de Saint Louis) et c’est sans doute l’un des atouts majeurs de l’album, celui dont on pourra se souvenir à la manière d’un « Superfly » ou d’un « Shaft ». Vocodorisé et nonchalant, puissant et énergique, « All the Stars » imparable place la barre particulièrement haute. Enfin, avec « Big Shot » s’achève cette « trilogie Lamar », comme un mini album dans l’album où, épaulé par le rapper texan Travis Scott, porté par une simple flute, il nous noie de son flow imparable et à nouveau parvient à créer un moment simplement magique.

La démarche du « Graceland » de Paul SimonBLACK PANTHER

Cool reggae funky et suave comme un tube de Shaka Demus & Pliers,  « The Ways », porté par le jeune tumultueux surdoué Swae Lee, soit 50% du duo des frangins Rae Sremmurd, et Khalid, constitue l’un des moments les plus ensoleillés du projet.  Justement, cap sur l’Afrique du Sud avec Sjava, et son accent typique sud af si chaleureux, associé au Californien Mozzy avec la délicate « Seasons ». Kendrick Lamar a tenu à mettre l’Afrique du Sud à nouveau  l’honneur pour mieux coller à cette histoire de super-héros qui revendique ses racines africaines en choisissant le rapper de Joburg Yugen Blakrok  pour le confronter à Vince Staples, from Long Beach, pour un hallucinant « Opps » au rythme hypnotique en forme de choc culturel. Morceau de choix, de ce festin pour les oreilles, l’association the Weeknd + Kendrick Lamar sur l’infatigable « Pray For Me ». Sans doute avec « All the Stars » LA composition stratosphérique de ce joli projet. Krypto-funky à la mélodie irrésistible, allumée et percutante comme un effet spécial, super-compo pour super-héros du rap, on ne peut que craquer. South Africa again, avec l’étourdissante Babes Wodumo, jumelée au Californien  Zacari,  dans cette composition aussi tribale que virale , métissée USA aux feelings de Johannesburg. Ce zoulou rap-groove cool et toute cette démarche de Kendrick Lamar, ce pont jeté entre l’Amérique et l’Afrique extrême me fait penser la démarche du « Graceland » de Paul Simon, lorsque ce dernier, en plein apartheid, avait su témoigner de toute la créativité de ces noirs méprisés par la minorité blanche et contribuer ainsi à la révolution pacifique de l’Afrique du Sud, qui a finalement mené jusqu’à l’élection de Mandela.  À sa manière, ce BLACK PANTHER : « The Album ( Music from and Inspired by » est révolutionnaire, à la fois par tous ses symboles et également par la qualité intrinsèque de sa musique, une totale réussite à mette à l’actif du chef d’orchestre:  Mister Kendrick Lamar…respect total !

 

 

 

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