BASHUNG « Novice »

BashungVoici 30 ans dans BEST, GBD se prenait à nouveau d’affection pour un novice décidément pas comme les autres, puisqu’il s’agissait d’un certain Alain Bashung, qui signe là son septième album-studio. « Novice » sort trois ans après le joyeux « Passé le Rio Grande » et juste un an avant son fameux successeur « Osez Joséphine ». 11 années après que Bashung ait tiré sa révérence, flashback empreint d’une totale nostalgie.

NoviceBashung et moi c’est une longue histoire de rendez-vous ratés. Au tournant des 80’s, grâce à sa fidèle attachée de presse Michele Dalle, je rencontre Alain Bashung. Très vite nous partageons le même amour du rock and roll, des cigarettes qui font rire et des parties de flipper électrique. En 81, copains comme cochon, dés sa publication, je chronique son phénoménal « Pizza » et signe son interview de couverture de BEST. Mais, quelque temps plus tard, juste après la publication de ma critique de son « Play Blessures » à la cold wave mélancoliquement ravageuse, à des années-lumière des hits de son auguste prédécesseur, Bashung décide de me black-lister du jour au lendemain. L’homme à la rancune tenace ne m’adressera plus jamais la parole jusqu’à la fin de sa vie…ce qui ne m’empêche pas, en juin1989, de dire le plus grand bien de son « Novice ».

Publié dans le numéro 251 de BEST

BashungDans le bush tropical du rock camembert, on peut en saison estivale contracter le virus du Delirium Bashungus. Les symptômes se traduisent par un débit accéléré des particules de la parole, une tendance aux « Play Blessures » adrénalisées. Pas de panique, il ne s’agit que d’un cas d’espèce et le Bashung reste tunique. Tunique noire même, portée comme les chemises de Ian Curtis de Joy Division, le « Novice » nouveau a les couleurs du stress technologique. Si « Passé Le Rio Grande » était un somptueux exercice de style gomina-banane rock and roll, guitares en avant comme la charge de la Bri-gag Légére, ce Bashung-ci se love contre un mur de synthés sans doute pour mieux s’estomaquer. Choc en retour assuré, ce huitième album sans concession contraste en diable avec toutes les productions francophones du moment. D’abord il y a ce « Pyromane » synthétique, entre Taxi Girl et Depeche Mode, le titre lance-flammes qui ouvre la première face. Voix monocorde, lancinante comme un loubavitch en priére, Bashung s’adonne religieusement à ses lamentations modern-style. Alain-Ocasek/Bashung-Vega pour lyrisme en beatbox et crooner majeur, « Résidences » fait danser les protons sur les calembours habilement tracés par son BB-Boris Bergman-complice. Slow braguette incantation, « Tu M’as Jeté » est un rock tribal futuriste pour amours cannibales. Léonie a remplacé Gaby pour « Elle Fait L’Avion » et cette fois Shungba ne crève pas l’oreiller, mais se contente d’une « croix sur ses seins galbés » sur fond de chœurs d’artichauts aux réminiscences Fun Boys Three. « Novice » nouveau et sans vice, Bashung prouve encore qu’il n’est pas prêt de baisser sa culotte. L’intégrité outrancière vaut bien un aller-simple pour la mythologie et Shungba a déjà son siège réservé First Class.

Publié dans le numéro 251 de BEST daté de juin 1989BEST 251

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.