ARCADE FIRE « WE »

Arcade FireC’est le retour des allumés cool et neo-babas de Montréal : cinq ans après leur « Everything Now », Arcade Fire retrouve une belle unité de composition avec « WE » un album-concept pop folk pastoral, sensible et raffiné, truffé de mélodies riches, voluptueuses et inspirées d’un mystérieux roman d’anticipation russe précurseur de 1924 qui a su largement inspirer la prose de JCM.

Arcade FirePar Jean-Christophe MARY

 

Après « Everything Now » (2017) album un peu pompeux et synthétique, le quintet rock canadien s’est recentré sur l’essentiel, à savoir écrire et composer de vraies chansons pour leur sixième album, « WE ». Inspiré librement du roman « We » de l’écrivain russe Yevgeny Zamyatin paru en (1924), œuvre qui aura influencé Aldous Huxley pour « Le Meilleur des mondes » (1931) et George Orwell pour « 1984 » (1949), ce sixième album des montréalais est un voyage musical particulièrement émouvant qui puise dans toutes les références du groupe depuis la création du groupe en 2004.

Co-produit par Nigel Godrich WE est tourbillon d’émotions ressenties par le couple Butler-Chassagne pendant la pandémie du COVID-19, soit 7 titres qui rendent compte de l’évolution du monde et des changements sociaux drastiques qui ont bouleversé la planète depuis 2020. La première partie de l’album contient 4 chansons qui reflètent une ambiance grave et pesante au travers d’ambiances electro rock vibrantes telles « Age Of Anxiety I et II « où les notes de piano déchirent l’espace derrière cette batterie qui s’emballe comme un cheval au galop.  » End of the Empire I-IV » est sans doute la pièce maîtresse de l’album, une sorte d’odyssée musicale pop folk pastorale, aussi intense que déchirante sur la chute de l’empire américain, et qui fait évidemment référence à notre époque. Une partie musicale forte où l’influence de David Bowie est omniprésente. Sur ce titre à tiroir, la beauté, la tristesse et l’euphorie se mélangent avec une fluidité étonnante. La seconde partie est plus lumineuse, plurielle, chaleureuse, pleine d’espoir. On retrouve là un Arcade Fire prêt à affronter les adversités du monde coûte que coûte comme le montrent « The Lightning I, II »,  » Unconditional » « End Of The Empire ». Sur « Sagittarius A » Win Butler ironise sur la vie et les technologies modernes, fait références aux médias sociaux, aux services de streaming. 

Arcade FireSi la première partie invite l’auditeur à une certaine concentration, à une connexion profonde où plusieurs écoutes successives sont nécessaires, dès « The Lightning I, II », on se retrouve en territoire connu avec ce son original qui a forgé l’identité du groupe sur les incontournables « Funeral » (2004) et « Neon Bible » (2007). Côté titres forts, on retiendra « Unconditional I (Lookout Kid) », une berceuse simple, touchante sans effet de production, chanson écrite pour le fils de Win Butler et Régine Chassagne.  Soutenu par des synthés electro, des percussions africaines et la voix de Peter Gabriel en invité surprise, « Unconditional II (Race and Religion) » est un morceau hypnotique dansant qui aurait pu aisément figurer sur « Reflektor » (2013). Ce titre glorieux et joyeux met la voix de Régine Chassagne au premier plan. L’album se ferme sur « WE », titre pop folk acoustique qui rappelle l’ambiance rock 70’s. Voilà une féérie musicale qui ré-aligne le cœur et l’âme du groupe entre Led Zeppelin, Pink Floyd et Supertramp. A écouter et réécouter sans modération avant leur unique concert parisien le 15 septembre 2022 à l’AccorArena.

 

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