THE JAYHAWKS « Sanctuary Park »

The-Jayhawks by Sam-Erickson
Six ans après leur vaillant « XOXO » ces héros du country-rock façon Byrds Eagles font leur fracassant retour. Car on peut dire qu’avec « Sanctuary Park » les minneapolitains de the Jayhawks reviennent en force dans ce 12ème épisode de leurs épiques aventures de cow-boys des temps modernes. Porté par trois hits potentiels et des cascades d’harmonies qui font de cet album une des plus jolies surprises de cette rentrée.
En 2020 je vous bassinais déjà avec the Jayhawks et leur emblématique « XOXO » ( Voir sur Gonzomusic THE JAYHAWKS « XOXO » ) arborant fièrement sa pochette à l’effigie de Françoise Hardy pour un pur country rock aux confins des Eagles ( Voir sur Gonzomusic https://gonzomusic.fr/?s=the+eagles ), America, Poco, les Byrds et autres C,S,N & Y. Sans oublier une certaine similitude avec une autre formation US partageant les mêmes valeurs de ce qu’on appelait jadis le country rock et que l’on qualifie désormais d’un générique americana, les Counting Crows ( Voir sur Gonzomusic https://gonzomusic.fr/?s=Counting+Crows ). Mais il faut également replacer nos Jayhawks dans leur environnement géographique. Déjà ce patronyme qui interpelle, comme un écho aux Hawks qui accompagnaient Ronnie Hawkins avant qu’ils ne renaissent en the Band par la magie du Zim’… lequel venait de Duluth à quelques encablures du Minneapolis des Jayhawks… qui se revendiquent également en héritiers des Hüsker Dü ( Voir sur Gonzomusic https://gonzomusic.fr/?s=H%C3%BCsker+D%C3%BC+ ), Replacements ( Voir sur Gonzomusic https://gonzomusic.fr/?s=the+Replacements ) et Soul Asylum ( Voir sur Gonzomusic https://gonzomusic.fr/?s=Soul+Asylum ) que j’adorais interviewer pour BEST et la télé. C’est dire si j’attendais de pied ferme ce 12éme épisode des Jayhawks. Et franchement le jeu en valait l’attente avec un album robuste et lumineux, aux balades ensoleillés qui semblent vouloir à tout prix prolonger l’été porté par une prod cristalline signée du mythique Bob Ezrin.
Et tout démarre avec « Keeping Our Heads Above Water », un titre bien rock et puissant, mais porté par ce sens inné des harmonies qui les caractérise. Super mélodie rock intemporelle pour une magie des voix qui vocalisent de concert. On songe un poco à Poco et à Weezer, sans oublier un petit piano à la Jackson Browne : bref, c’est bon comme un cornet d’ice dream… lol ! Puis avec « Kingston Girl » on plonge carrément entre deux eaux de Fleetwood Mac, America et des Byrds sans oublier une guitare façon Tom Petty… excusez du peu… pour un feeling intemporel au final vocal sur la plage des Beach Boys. Quant à « Mister Lincoln », c’est une nonchalante balade country acoustique aux accents de Lennon et Glen Campbell mais aussi la chanson « Flight 602 » de Chicago en 71 pour former un bien séduisant cocktail. « Hands Upon the Wheel » avec son intro a-capella est une jolie country retro cool éternelle façon Wilie Nelson, Manassas et Poco pour constituer une super compo climatique. Avec « Leap Of Faith » tout commence par un harmonica de Neil Young puis vocaux très the Band mais rassurez-vous the man in black Johnny Cash n’est pas loin en embuscade dans un tel climat bastringue bien déjanté que l’on déguste comme une chanson à boire du Bourbon millésimé avec une bande de potes. Mais c’est bien avec « American Goodnight » que l’on découvre le premier tube de l’album, plus speed plus électrique certes, mais sans jamais rien sacrifier à l’harmonie. Et là effectivement j’y verrai bien l’ombre tutélaire des Replacements de leur concitoyen Paul Westerberg… et un clin d’œil aux Beatles et à leurs cousins Squeeze peut-être, en tout cas on se laisse fort attraper. Bien joué ! Sans perdre haleine avec « Always And a Day » nos Jayhwaks se déchainent façon Stones et une pointe résolument psyché, distorsion forcément incluse comme un vibrant retour vers le futur du Jefferson Airplane pour nous offrir le plus intense des titres de l’album et là on dit : waou ! n« Sanctuary Park », la title track se révèle puissante et intense portée par ses guitares Neil Younguesques et ses vocaux C, S, N &Y pour nous conduire droit au paradis perdu du country-rock où les Eagles ne sont jamais très loin. On se laisse franchement porter par l’union des voix et des guitares. La joyeuse « Familiar Strangers » rappelle the Band, les Byrds et même les Hollies, mais également leurs collègues des Counting Crows qui s’abreuvent aux mêmes sources soniques. Dernière perle de cet album « It’ll Be Alright Tonight » est une addictive feel good song, comme au bon vieux temps d’America et des New Riders Of the Purple Sage, et tant pis si les ooooh ooooh ooooh des chœurs sont un peu sucrés… même si les dentistes déconseillent de passer outre… passez outre ! Comme une conclusion aux confins du folk, la balade acoustique « Rowing the Boat » clôt l’album avec ses vocaux dépouillée en quasi comptine enfantine où l’harmonies des voix se conjugue dans la simplicité du style Peter Paul & Mary.
