THE ROLLING STONES « Foreign Tongues »

The Rolling StonesMais que vaut au juste ce 25éme album des Stones ? Good question : le verdict est sans appel : soit deux vrais hits, quatre compositions OK … et hélas un peu beaucoup trop de remplissage. Certes, on n’est pas sur le Titanic de « Bridges To Babylon » de 97, le seul album signé Jagger/Richards que j’ai refusé de conserver. Pourtant, malgrè un aréopage de guests et de stars Paul, McCartney, Robert Smith, Stevie Winwood ou Chad Smith des Red Hot, la sauce a bien du mal à prendre, la faute sans doute à la production rasée de près et lisse comme un sou trop neuf du yankee Andrew Watt, qui semble s’être encore plus lâché que sur « Hackney Diamonds ». Bref, c’est un peu une occasion ratée dans les deux sens du terme. Dommage !

The Rolling StonesPourtant avec tous les musiciens précités et la puissance et l’expérience des Rolling Stones ( Voir sur Gonzomusic https://gonzomusic.fr/?s=The+Rolling+Stones ), plus la présence du frère d’armes de Tom Petty ( Voir sur Gonzomusic https://gonzomusic.fr/?s=Tom+Petty ) au sein des Heartbreakers, Bentmont Tench  au piano et à l’orgue sur trois morceaux et surtout celle de notre héros Stevie Winwood ( Voir sur Gonzomusic  https://gonzomusic.fr/?s=Stevie+Winwood)  aux claviers sur 8 titres sur 14, la magie aurait du opérer. D’autant que le précédent « Hackney Diamonds » enregistré avec le même producteur était plutôt réussi ( Voir sur Gonzomusic THE ROLLING STONES « Hackney Diamonds » ). Mais celui-ci semble coincé entre le marteau et l’enclume, Andrew Watt cherchant à la fois à recréer la formule de la pierre philosophale Stone tout en imposant sa vision d’une prod au gout du jour où tout est compressé  mis au même niveau un « en même temps » où les guitares de Keith et de Ronnie semblent bridées comme deux étalons sauvages un peu trop dressés pour gagner le grand prix. Certes, malgrè sa pochette hideuse ( Voir sur Gonzomusic SYMPATHY FOR THE AI )  on ne va  tout de même jeter le bébé « Foreign Tongues » avec l’eau du bain, car quelques compositions émergent heureusement. Et au premier chef le single « Jealous Lover », sans doute le seul véritable hit du LP ; écho de « Waitin On a Friend » super vocaux de notre diva et refrain percutant dans la tête, qui ne vous quitte plus une fois alpagué.  De même, « Covered In You », le second véritable hit du CD à la grandiloquence Curesque, forcément touché par la grâce du grand Robert Smith dans les chœurs et aux synthés, en parfaite symbiose avec la gouaille Jaggerienne… plus en cerise sur le cake, la basse iconique de Paul McCartney …. bref un super mutant addictif ! Dommage hélas que tout ne soit pas de cet acabit-là.

On peut sans doute également compter avec le 4 chansons que je peux classer dans la catégorie OK ; soit par ordre d’apparition à l’écran “In the Stars”, porté par le riff de la guitare de Keith, bien qu’un poil trop compressé …  vraiment trop compressé et  qui sonne quelque peu comme un stéréotype des Stones aux faux accents de « Start Me Up »  et aux réminiscences nostalgiques de « Sticky Fingers ».

 

The Rolling StonesPuis « Mr Charm » à la guitare intro mix de “Shattered” de “Some Girls” et “de “Respectable” du même album … soit retour vers le futur de 1978 et un petit zeste de l’esprit de « Starfucker » pour l’esprit Don Juan pour ce second presque-hit… mais quand même pas, du CD. On retrouve aussi dans cette catégorie « You Know I’m No Good », une reprise soul blues d’Amy Winehouse plutôt réussie, bien que quelque peu anecdotique. Enfin, il faut rendre à Keith ce qui appartient à Keith : soit « Some Of Us » une balade bluesy cool en guise de « chanson de Keith syndicale » de l’album qui se révèle être une des plus touchantes et réussie car émotionnelle, instinctive et sans doute moins aseptisée par la lessiveuse Andrew Watt. Puis, il y a le reste, soit en vrac : un blues « Rough And Twisted » classique au point qu’on croirait un out-take de “Blue & Lonesome” l’album de 2016. « Divine Intervention » bof bof bof,  qui fait un peu remplissage avec son côté clone de « Mixed Emotions ». Bref  un terrible sentiment de déjà vu déjà entendu, malgrè la guitare de Robert Smith en guest star, noyée dans la morne plaine du mix plat. Avec « Ringing Hollow », les Stones font une ballade country cool aux guitares de « Wild Horses” et au feeling “Far Away Eyes” … toujours de “Some Girls” … décidément ! On trouve ensuite « Never  Wanna Loose You » qui sonne un peu “Undercover Of the Night”  avant un un “Hit me In the Head” au speed rock, mais au texte si creux qu’on se demande pourquoi la machine semble ainsi tourner à vide. On y retrouve pourtant les drums posthumes de Charlie Watts et non pas ceux de Steve Jordan. Avec “Side Effects” on est encore au rayon bof bof bof un peu trop facile, au texte un peu niais et à la terrible sensation de remplissage. « Back In Your Life » est un slow ballade mélancolique aux réminiscences de “Sitting On a Fence” et de “Beast of Burden”, un truc OK mais pas  franchement indispensable qui devient vraiment cool au moment où Jagger lance le solo de Ron Wood par un « Come On Ronnie » peut-être THE moment de bravoure de ce morceau. Enfin, tout s’achève comme tout a commencé, soit par un pur blues intitulé “Beautiful Delilah” avec le batteur Chad Smith des Red Hot e invité pour cette reprise de Chuck Berry, qu’auraient presque pu enregistrer les Stones au  studio Chess… lors de leur visite en juin 64, comme si Jagger et sa bande chassaient le naturel qui revient au galop pour assouvir cette passion pour le spleen venu du delta. Comme s’ils nous envoyaient un signal subliminal pour sortir un nouveau “Blue & Lonesome” en guise de retour aux sources. Je doute que les aficionados du « plus grand groupe de rock du monde » puissent s’en satisfaire… au sens « Satisfaction » du terme !

 

 

 

 

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