THE WEEKND AU STADE DE FRANCE

The WeekndTrois ans après son dernier passage parisien, The Weeknd retrouvait vendredi soir le Stade de France pour le troisième de ses quatre concerts franciliens. Devant près de 75.000 spectateurs, le grooveur canadien obsédé par la New Wave des 80’s a déployé un spectacle d’une ampleur exceptionnelle où la dinguerie visuelle n’a jamais éclipsé la puissance émotionnelle de l’interprétation. Par conséquent, notre JCM était au SDF pour nous relater un show dantesque qui n’était assurément pas fait pour les FDP…

The WeekndPar Jean-Christophe MARY

Les concerts de stade sont souvent un exercice d’équilibre. Plus la scénographie gagne en gigantisme, plus l’artiste court le risque de disparaître derrière la machine. The Weeknd réussit jsutemen l’inverse. Avec son After Hours Til Dawn Tour, Abel Tesfaye orchestre une superproduction digne d’un blockbuster hollywoodien sans jamais perdre ce qui fait la singularité de son œuvre c’est-à-dire une voix immédiatement identifiable et une mélancolie qui irrigue depuis quinze ans l’ensemble de son répertoire.

 

The WeekndDès l’entrée dans le Stade de France, le décor donne le ton. Une immense scène traverse l’enceinte de part en part jusqu’à une spectaculaire sculpture monumentale de douze mètres, imaginée par l’artiste japonais Hajime Sorayama. Autour de cette figure d’acier poli s’étend un paysage de ruines, d’un escalier monumental et de bâtiments éventrés où prennent place les musiciens. Deux avancées latérales et une scène secondaire permettent au chanteur d’investir les quatre coins du stade, abolissant autant que possible la distance entre la vedette et son public.
À 20 h 55, une trentaine de danseurs vêtus de longues capes rouges et coiffés de masques dorés apparaissent dans une épaisse fumée. Leur esthétique évoque immédiatement La Servante écarlate. Au milieu des flammes surgit The Weeknd, le visage dissimulé derrière un masque aux yeux rouge incandescent. « Baptized in Fear », « Open Hearts », « Wake Me Up » puis » After Hours » installent immédiatement une atmosphère crépusculaire où les projections monumentales, mêlant paysages enneigés, mégapoles et soleils aveuglants, donnent au spectacle une véritable dimension cinématographique.

The WeekndLe premier moment de communion intervient avec Starboy. Abel Tesfaye retire son masque, salue un Stade de France debout et lance, dans un français impeccable : « Paris, comment ça va ? » Avant de remercier le public pour ces quatre dates complètes, affirmant avec malice que « la tournée commence vraiment en France ».
La suite impressionne par la fluidité d’un show calibré au millimètre et d’une précision sans faille. Malgré l’enchaînement de près de quarante chansons en un peu plus de deux heures, le rythme ne faiblit jamais. Les titres sont parfois raccourcis, mais cette contrainte permet d’embrasser l’ensemble d’une carrière qui, de « House of Balloons » à « Hurry Up Tomorrow », n’oublie aucun chapitre. Les tableaux se succèdent avec une remarquable maîtrise : gerbes de flammes pendant São Paulo, jeux de lasers spectaculaires, chorégraphies millimétrées des trente-deux danseurs et effets pyrotechniques parfaitement synchronisés.
Au milieu de cette démonstration technique, la voix demeure le véritable fil conducteur de la soirée. Peu d’artistes contemporains possèdent un timbre aussi immédiatement reconnaissable. Sans jamais forcer, Abel Tesfaye navigue entre puissance et fragilité, conservant jusque dans l’immensité du stade une étonnante proximité. Les respirations offertes par « Wicked Games », « Call Out My Name », « Out of Time » ou « Is There Someone Else? « rappellent combien son univers reste nourri de blessures sentimentales et d’une mélancolie persistante.
Le public, lui, répond avec une ferveur constante. Les bains de foule se multiplient, les refrains sont repris à l’unisson, tandis que les bracelets lumineux distribués à l’entrée transforment les tribunes en un vaste ciel étoilé. Les incontournables “Take My Breath”,  le super mega hit cocaïnomane qui l’a propulsé au sommet « Can’t Feel My Face », « The Hills », « Die for You », « Save Your Tears », « Less Than Zero » puis « Blinding Lights » déclenchent des ovations dignes des grandes messes populaires.

The WeekndLe dernier acte réserve l’un des moments les plus émouvants de la soirée. Alors que le concert semble toucher à sa fin, The Weeknd entonne « House of Balloons », la mixtape fondatrice diffusée anonymement sur Internet en 2011. Ce retour aux origines, accompagné d’un immense lâcher de ballons, rappelle le chemin parcouru par celui qui s’est imposé parmi les plus grandes figures de la pop mondiale. « Moth to a Flame », porté par un spectaculaire feu d’artifice embrasant le toit du Stade de France, vient refermer cette fresque grandiose.

À l’heure où les concerts de stade rivalisent d’effets technologiques, The Weeknd démontre qu’un spectacle monumental ne vaut que par celui qui l’habite. La scénographie impressionne, la machinerie fascine, mais c’est bien la présence d’Abel Tesfaye qui donne une âme à cette superproduction. Rarement la démesure aura aussi bien servi l’émotion. Chapeau bas l’artiste !

All pix by JCM

Set-list 10/07/2026

Baptized in Fear
Open Hearts
Wake Me Up
After Hours
Starboy
Heartless
Faith
Cry for Me
I Can’t Fucking Sing 
São Paulo
Until We’re Skin & Bones
Take My Breath
Sacrifice 
How Do I Make You Love Me?
Eva
Can’t Feel My Face
Lost in the Fire
(reprise de Gesaffelstein  )
Often
Given Up on Me
I Was Never There
Given Up on Me
((Part 2))
The Hills
Timeless
(avec Playboi Carti)

RATHER LIE
(reprise de Playboi Carti ) (avec  Playboi Carti) 
Creepin’
(Metro Boomin)  
Niagara Falls
One of the Girls
Stargirl Interlude
Out of Time
I Feel It Coming
Die for You 
Is There Someone Else?
Wicked Games
Call Out My Name 
The Abyss
Professional
Save Your Tears
Less Than Zero 
Blinding Lights
Without a Warning 
House of Balloons
Moth to a Flame
(Swedish House Mafia)

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