FOO FIGHTERS A LA DÉFENSE ARENA
Neuf ans après leur dernière apparition parisienne, les Foo Fighters ont retrouvé la capitale dans un écrin à la mesure de leur légende. Vendredi 19 juin 2026, devant plus de 40 000 spectateurs réunis à Paris La Défense Arena, Dave Grohl et son groupe ont livré un concert hors normes : près de trois heures de rock incandescent, entre déflagrations électriques, instants de grâce et hommage bouleversant à Taylor Hawkins. Une démonstration de force signée par un groupe qui, trente ans après sa naissance, continue d’incarner l’une des dernières grandes dynasties du rock moderne. Un live report magistral signé de notre foo foo JCM forcément monté au nirvana !
Jean-Christophe Mary
l y a des concerts que l’on apprécie, d’autres que l’on admire, et quelques rares soirées qui donnent le sentiment d’assister à un moment de l’histoire du rock. Le retour des Foo Fighters ( Voir sur Gonzomusic https://gonzomusic.fr/?s=Foo+Fighters ) à Paris appartenait incontestablement à cette dernière catégorie. Dès 20 h 30, lorsque Dave Grohl apparaît sur la scène monumentale de Paris La Défense Arena, une évidence s’impose : l’ancien batteur de Nirvana n’est pas venu célébrer sa gloire passée, mais prouver que son groupe demeure une machine de scène sans équivalent.
À 57 ans, le chanteur-guitariste conserve cette présence physique presque irréelle qui a toujours fait sa singularité. Il court d’un bout à l’autre de la scène, harangue la foule, hurle ses refrains avec une intensité intacte et entretient avec le public une relation directe, simple, presque fraternelle. « Bonjour Paris ! », « Merci beaucoup ! », « Je t’aime ! » : quelques mots en français suffisent à déclencher des ovations qui accompagneront chaque intervention du musicien au cours de la soirée. Loin de se contenter d’une succession de tubes, les Foo Fighters construisent un véritable show en trois actes : une première partie électrique et dévastatrice, une respiration plus intime au cœur de la salle, avant un retour triomphal vers un final d’anthologie.
L’ouverture avec « All My Life » donne immédiatement le ton. Guitares tranchantes, batterie martiale, voix rugissante la machine Foo Fighters tourne à plein régime. « The Pretender », « Rope », « Stacked Actors », « My Hero » ou encore « Learn to Fly » s’enchaînent avec une maîtrise impressionnante. Chaque titre rappelle ce qui fait la force du groupe depuis trois décennies : l’art de transformer des mélodies immédiatement mémorables en véritables explosions collectives. Visuellement, le spectacle est sobre mais terriblement efficace. Les immenses écrans diffusant des images en noir et blanc, les jeux de lumières ciselés et la profondeur de scène servent toujours la musique sans jamais l’écraser. Chez les Foo Fighters, l’essentiel reste ailleurs : dans la sueur, l’énergie brute et le lien presque charnel qui unit les musiciens à leur public.
L’un des moments les plus marquants de cette première partie survient avec « No Son of Mine », dédié à Lemmy Kilmister. L’apparition du mythique riff de « Ace of Spades » transforme alors l’Arena en gigantesque chœur de passionnés. Quelques instants plus tard, Dave Grohl lance, visiblement ému : « C’est notre plus gros show jamais fait en France ! » Une phrase qui résonne autant comme un constat que comme une déclaration d’amour au public français.
Le changement de décor vers la scène B offre un contraste saisissant. L’intensité laisse place à l’intimité. « Wheels », « Marigold », rare témoignage de l’époque Nirvana, ou encore l’étonnant retour de « For All the Cows » donnent au concert une dimension presque confidentielle malgré l’immensité de la salle. Seul à la guitare sur « Under You », Dave Grohl dévoile alors une fragilité rarement exposée dans les moments les plus furieux du répertoire.Puis vient le dernier acte, celui du retour au gigantisme. « La Dee Da », « The Glass », la présentation des musiciens et son spectaculaire solo de batterie relancent la machine. Le groupe semble alors trouver une nouvelle réserve d’énergie. « Monkey Wrench », « Breakout » et surtout « Best of You » déclenchent une communion totale entre la scène et les gradins.Le sommet émotionnel arrive pourtant avec « Aurora ». Baignée dans une lumière bleutée, la chanson devient un hommage d’une délicatesse infinie à Taylor Hawkins, compagnon de route disparu en 2022. Sans pathos, sans effet superflu, les Foo Fighters rappellent que leur histoire est aussi faite de blessures et de résilience.
Le rappel confirme définitivement la grandeur de la soirée. L’ambitieuse « The Teacher », portée par une guitare double manche, impressionne par sa puissance progressive. « Exhausted » installe une atmosphère presque hypnotique avant que les premières notes d’« Everlong » ne déclenchent l’inévitable explosion finale. Quarante mille voix reprennent le refrain, transformant l’immense enceinte en une seule et même respiration.
Au-delà de la performance physique, impressionnante de bout en bout, ce concert parisien rappelle ce qui distingue encore les Foo Fighters d’une grande partie de la scène rock contemporaine : leur capacité à faire d’une arène de 40 000 personnes un lieu d’échange, d’émotion et de partage. Trente ans après leurs débuts, Dave Grohl et ses compagnons ne jouent pas seulement leurs chansons : ils racontent une histoire collective, celle d’un groupe qui a traversé les époques, les drames et les mutations de l’industrie musicale sans jamais perdre son âme.
Ce 19 juin 2026 à Paris La Défense Arena n’était pas simplement le retour des Foo Fighters à Paris. C’était la démonstration éclatante qu’ils demeurent, en 2026, l’une des dernières grandes machines de guerre du rock mondial. Une soirée monumentale, généreuse et profondément humaine qui rejoint déjà la mémoire des grands concerts parisiens.
All pix by JCM
Merci à Laurent de Cerner, Paul Bonneval, Mathilde Lorenzetti et aux équipes de Paris La Défense Arena pour leur accueil.
Set-list
All My Life
The Pretender
Times Like These
Rope
Stacked Actors
My Hero
Learn to Fly
These Days
Walk
This Is a Call
(Dave explained this song (FF’s 1st single) was released in France exactly 31 years ago on this day)
No Son of Mine
Wheels
Marigold
For All the Cows
Big Me
Under You
La Dee Da
our Favorite Toy
Invincible / Seven / One Headlight / Manimal / Tap Dancing in a Minefield
Monkey Wrench
Breakout
Aurora
Caught in the Echo
Best of You
Rappels :
The Teacher
Exhausted
Everlong
