GAËTAN ROUSSEL AU ZÉNITH
Hier soir, mercredi 27 mai, Gaëtan Roussel investissait le Zénith de Paris pour un concert sous haute tension électrique, entrecoupé de parenthèses plus intimes et profondément émouvantes. Pendant près d’1h30, l’ancien leader de Louise Attaque a offert au public parisien un voyage à travers toute sa carrière, alternant hymnes générationnels, nouveautés issues de son dernier album « Marjolaine » et morceaux devenus incontournables de sa discographie solo. Un indispensable et docte live report signé JCM !
Dès les premières minutes, le ton est donné. Les musiciens apparaissent un à un face caméra sur une musique électro tandis qu’un immense dispositif vidéo s’anime derrière eux. En ouverture, « Marjolaine » ( Voir sur Gonzomusic GAËTAN ROUSSEL « Marjolaine » ) plonge immédiatement la salle dans un univers graphique proche de la sérigraphie pop art : le visage de Gaëtan Roussel ( Voir sur Gonzomusic https://gonzomusic.fr/?s=Gaetan+Roussel ) se multiplie en gros plans colorés, tandis que les cinq musiciens avancent en silhouettes noires découpées à contre-jour. Casquette vissée sur la tête, survêtement bleu nuit, le chanteur entre immédiatement en connexion avec le public. Le show alterne ensuite entre titres issus de ses albums solo et ceux de Louise Attaque, groupe culte dont il fut le leader et la voix singulière. Très vite, les premiers “lala…” fédérateurs résonnent dans le Zénith avant que ne déboule Les Soirées Parisiennes. “On est là pour rire, pour danser, pour chanter, bienvenue, tu es ici chez toi !”, lance-t-il à une foule déjà conquise. Avec Passe la vie, puis l’explosif La Frousse, Gaëtan Roussel fait monter encore la température.
Les bras se lèvent, la fosse bondit, les refrains sont repris en chœur. Le décor, lui, accompagne parfaitement cette montée en puissance. Un écran géant en fond de scène dialogue avec un écran ovale suspendu au-dessus du plateau qui s’incline au fil des morceaux, donnant au concert une esthétique mouvante et cinématographique. Entre rock tendu, électro nerveuse et folk lumineux, le chanteur passe sans effort d’une ambiance à l’autre. Une large partie du concert est consacrée à « Marjolaine », son dernier album, dont plusieurs titres prennent sur scène une ampleur nouvelle. Je reste là se transforme en cavalcade rock portée par un solo de guitare incandescent, tandis que Mes prières dévoile une profondeur plus sombre avec ses paroles traversées par les fractures du monde. Nos blessures, interprété assis au bord de la scène, offre l’un des moments les plus suspendus de la soirée, tout comme Tout s’en va, choisi pour clôturer le concert avec une élégance mélancolique. Mais Gaëtan Roussel n’oublie pas non plus les albums qui ont marqué sa carrière solo, notamment le lumineux « Ginger » (2010), disque essentiel dans son parcours. Avec cet album, l’artiste avait réussi le pari délicat de s’émanciper de l’ombre immense de Louise Attaque tout en affirmant une identité musicale plus personnelle, entre rock alternatif, électro-pop et songwriting introspectif.
On y retrouve plusieurs de ses titres majeurs comme « Help Myself (Nous ne faisons que passer), » véritable tube à la mécanique hypnotique, ou encore « Dis-moi encore que tu m’aimes », rock brinquebalant et nerveux. Quinze ans après sa sortie, « Ginger « reste un disque charnière qui a définitivement installé Gaëtan Roussel comme artiste solo incontournable de la scène française. L’autre grande force du concert réside évidemment dans les morceaux hérités de l’époque Louise Attaque. « Léa », « Ton invitation », « Amours » ou encore « Si l’on marchait jusqu’à demain » rappellent à quel point ces chansons ont traversé les générations. Le fameux motif répétitif guitare-violon de Louise Attaque agit toujours comme une décharge immédiate sur le public. Sur Ton invitation, Gaëtan Roussel s’avance jusqu’au bout de l’avancée de scène et répète avec insistance : “J’ai toujours raison, tu sais j’ai pas toute ma raison”, transformant la phrase en véritable mantra collectif. Le public, lui, est en liesse permanente. Dans les gradins comme dans la fosse, les spectateurs chantent chaque refrain avec ferveur, transformant régulièrement le Zénith en immense karaoké géant. Les rappels prolongent encore cette communion. Je vous trouve un charme fou, écrit pour Hoshi, apporte une respiration plus délicate avant un final très émouvant sur « Lovés » puis T »out s’en va ». Des centaines de téléphones illuminent alors la salle comme un ciel étoilé. À 52 ans, Gaëtan Roussel démontre qu’il demeure l’un des performers les plus singuliers de la scène française, capable de faire cohabiter énergie brute, mélodies populaires et émotion à fleur de peau. Après cette tournée triomphale autour de « Marjolaine », l’artiste devrait poursuivre la route en 2026 et 2027 avec plusieurs nouvelles dates françaises attendues, dont un retour au zénith de Paris qui pourrait rapidement afficher complet. Une manière de confirmer, encore une fois, que les chansons de Gaëtan Roussel — qu’elles soient nées avec Louise Attaque ou en solo — continuent de résonner puissamment auprès du public.
All pix by JCM
Un grand merci à Clarisse Fieurgant et Gérard Bar David !
Set-list 
1-Marjolaine
2- Les Soirées Parisiennes
3-Passe la vie
4- La Frousse
5- Amours
6- Je reste la
7- Crois-moi
8 Mes prières
9-Dis-moi encore que tu m’aimes
10-Léa
11- Ton invitation
12 Nos blessures
13- Il y a
14-Résidents de La République
15- Si l’on marchait
16 – J’entends des voix
17 – Help Myself (Nous ne faisons que passer)
18- Je vous trouve un charme fou
19- Lovés
20- Tout s’en va
