30éme Victoires de la Musique : des vieux qu’on aime-vraiment- bien, des jeunes moins cons qu’à l’ordinaire….et pour changer une bonne programmation…waw !

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Bilan plutôt positif pour cette édition anniversaire des Victoires de la Musique 2015 avec – pour une fois ?- une jolie programmation musicale qui a su éviter les chausse-trappes de la variété hard-core et le culte du Veau d’Or basé uniquement sur le poids des ventes et le choc des gros sous. Les Victoires comme si vous y étiez…

 

GBD se Cyril Hanounaserait-il ? N’empêche qu’il a passé le plus clair de sa soirée de vendredi devant sa télé… alors qu’il n’a jamais fichu une seule fois les pieds à ce raout. Aussi, lorsque s’ouvrent ces 30éme Victoires de la Musique, on peut craindre le pire. Depuis des années ce cocorico-show-ha ha ha- a la fâcheuse tendance de mettre en avant les franges les plus ringardes du showbiz Hexagonal. Vieilles gloires liftées et jeunes cons élevés en batteries sous les projos de la téléréalité s’auto congratulent inlassablement. La variété Française bas du front y tient généralement le haut du pavé. Le rock , l’électro et le hip-hop y sont ostracisés. Cette année encore je m’attendais à « l’hommage des 70 ans de carrière de Michel Sardou » ou au Nième « sacre » d’un jeune coq braillard à la Kendji Girac- yes celui qui chouine justement de ne pas avoir été invité-. Hier soir, après une intro instrumentale avec grand orchestre qui donnait envie d’invoquer Maritie et Gilbert Carpentier, on se disait qu’il ne manquait que les danseuses en robes rouges frou frou qui plaisaient tant à feu Francis Bouygues que du coup TF1 fraichement rachetée par le king des TP en mettait partout à chaque émission de variétés. alain-souchon-et-laurent-voulzy-vont-sortir-leur-premier-album-11274360glagh_1713Mais nous sommes désormais au XXIème siècle et c’est le duo Souchon-Voulzy qui investit la scène. Après une intro extraite de « Rockcollection », les paroles modifiées lancent une chanson…de Bashung, un joli « Vertige de l’amour » interprété par Raphaël. Rien à redire, au contraire, le chanteur de « Caravane » nous en offre une version déjantée qui aurait sans doute ému le héros de « Gaby ». Back to Soulchy et là…on se dit : c’était trop beau pour durer, léger dérapage lorsque Julien Doré ânonne une version de la pop-song « Week end à Rome » de Daho inintelligible. Doré ce n’est que du plaqué ! Il suffit de voir la tronche que font Souchy et Voulzon en observant le pauvre garçon. Re-re « Rock collection » pour lancer le duo Brigitte. Certes je les trouve superficielles et futiles, mais leur version de « J’ai vu » des Niagara remue forcément quelques souvenirs.

 

Le retour du belge jamais parti

Et là soudain face à ce duo féminin, on sent étrangement les deux compères bien plus réceptifs. Enfin, cette longue introduction s’achève avec Stromae. Je croyais pourtant naïvement que le Belge avait décidé de prendre deux ans de vacances. Encore devait-il récupérer auparavant sa « Victoire » de la meilleure tournée, mais à dix minutes du programme nous l’ignorons encore. Alors Stromae nous fait sa « Carmen » en shorts et avec un visuel impeccable. Il est parfait en pantin désarticulé. Par contre, musicalement il me pose un vrai problème : c’est comme s’il remixait inlassablement la gouaille de Brel et le techno cheap de Leopold Nord et Vous…pas top ! Clone de Céline Dion, maigre aux frontières de l’anorexie la maitresse de cérémonie de la soirée, Virginie Guillhaume, peut se permettre d’oublier les clefs de son bureau : elle n’a qu’à se glisser sous la porte pour y accéder. Mais bon…cela la regarde. Franchement le début de son intervention pouvait laisser présager le pire : pas particulièrement à l’aise sur la scène du Zénith, elle ponctue chaque phrase d’une sorte de rictus et enfonce avec énergie toutes les portes ouvertes qui passent. Heureusement après quelques minutes d’échauffements, les rires nerveux s’estompent et si elle enchaine bien trop de clichés pour se mesurer à un Antoine De Caunes, force est d’avouer qu’elle fait correctement le job de passe-plats, même si elle ne parvient jamais à se départir de son petit coté groupie. thdo-tt-width-604-height-403-crop-1-bgcolor-000000Après une prestation de la chanteuse Indila – moi elle me rappelle un peu Chantal Goya mais bon, tous les goûts sont dans la nature !- qui me laisse, on va dire, de glace, le duo the Do vient recevoir sa récompense : Victoire du meilleur album rock ? Rock ? Olivia est parfaite en combinaison de pompiste rouge modèle pyjama chinois satiné, mais leur « Despair, Hangover and Ecstasy » est certes une jolie compo, mais où sont les guitares électriques et leurs vrombissantes distorsions ? Là il s’agit plutôt de « pop » que de « rock », sans doute une erreur d’étiquetage. David Guetta himself prend le relais et évitant habilement tout excès, il nous offre un medley de compos de son dernier album qui attaque avec « Dangerous » vocalisé par le yankee Sam Martin. Visuellement c’est très réussi et musicalement le mix électro- grand orchestre qui accompagne, même s’il évoque un peu le brillant Woodkid, est assez bluffant. Suit Ayo et sa voix puissante. La chanteuse nigériano-allemande enrobée électro par Guetta ne renie pas son instinct et « Titanium » passe comme une lettre à la poste Enfin Guetta achève seul sa prestation, avant de recevoir sa « Victoire spéciale des 30 ans pour la musique électro ». Petit message au passage sur le mélange et la tolérance qui n’est pas de trop dans la période troublée que nous traversons et là aussi je me retrouve bluffé par le show alors qu’ à priori je ne compte pas parmi les clients-types de ce barbu-là.

Le gimmick du pantalon trop court

Et c’est alors que déboule Christine & the Queens…et là : problème. Sa danse de pantin désarticulé sur un rythme et avec une frénésie qui n’ont rien à voir avec la musique me rendent mal à l’aise. J’ai le même problème avec Sia et son doppelgänger-danseuse qui rejoue inlassablement la scène de la mort de la réplicante dans « Bladerunner ». Certes on peut reconnaître une véritable ambition : il faut admettre que le « ballet » de Christine et de ses danseurs est réglé au quart de tour. Christine & the QueensMais le  gimmick du pantalon trop court et le ballet des zombies sur nuage de brume ont ce coté déjà-vu de Michael Jackson et de son légendaire « Thriller ». Il ne manque que le gant… alors forcément, bis repetita non placent. Les choses répétées plaisent moins…Musicalement, Christine me manque pas d’influences qualitatives de Kate Bush à Laurie Anderson, un trip électro-pop avec escale obligée au port Björk. C’est du bon travail et c’est respectable, mais sous l’apparente fragilité de Christine on devine un puissant ego taillé taillé à la serpe à force d’être affûté. Sa récente polémique avec le magazine Elle sur la photo de « une » ne l’illustre que trop parfaitement. Enter Vianney et son look de gendre idéal, alors immédiatement la question se pose : avons nous réellement besoin d’un Sam Smith camembert ? Bon attention il ne s’agit pas là d’un clone de François Valery. Tout cela reste de bonne facture, même si l’on peut trouver le garçon aseptisé comme un Démake Up sorti tout frais de son emballage. Et c’est alors qu’on retrouve…devinez qui ? Christine bien sur qui avait du quitter l’écran au moins sept minutes auparavant. Là c’est pour recevoir sa Victoire du Meilleur clip pour sa chanson « Saint-Claude ».  Congratulations de circonstance. Et juste après, arrêt sur image : un plan flou d’au moins trois secondes , du jamais-vu à la Télévision Française- clin d’œil à la plaque apposée jadis à l’entrée de l’immeuble Cognacq-Jay ou se situait TF1 chaine publique- et les Brigitte-again ?- ressuscitent les Carpentiers avec leurs robes dorées en version James Bond girls dans « Goldfinger » sur une musique néo-disco. Certes on peu trouver cela insipide et trop commercial, on peut même considérer que c’est un peu « Born To Be Alive » de Patrick Hernandez qui rencontrerait Sylvie Vartan, mais pas au point de presser la touche « stop » de la télécommande. Retour de devinez qui…Christine & the Queens , of course ! Cette fois c’est pour une nouvelle récompense , celle d’Artiste féminine de l’année. Visiblement émue, la chanteuse se mélange quelque peu les pinceaux dans son discours. Hyperactive, elle remercie toute sa tribu. Julien Doré revient en Patrick Juvet du troisième millénaire, mais vous savez quoi ? Je m’entête à préférer l’original à la contrefaçon. Jean-Louis-Aubert_

J’ai rêvé d’un autre Monde

Surtout lorsque ce bon vieux Jean Louis Aubert investit la scène pour un gros coup nostalgique qui va droit au plexus solaire avec une interprétation surprise d’ « Un autre monde » de Téléphone. Souvenirs souvenirs…c’était aussi le générique du « Mini Journal » de Patrice Drevet sur TF1 où j’ai fait mes premières armes télévisuelles. Retrouver « Un autre Monde » en live, c’est aussi se souvenir quel groupe exceptionnel c’était et tout spécialement sur scène. Assister à un gig d’Aubert, Bertignac, Kolinka et Marienneau  c’était comme un tour de roller-coaster qui durait près de deux heures, un niveau de puissance live que je n’ai retrouvé en France que chez Noir Désir…maybe ? Ce soir avec le fidèle batteur Richard, on se dit qu’une moitié de Téléphone ce n’est déjà pas si mal. Après le live, Aubert vient collecter sa « Victoire des 30ans du rock » si méritée et on ne peut qu’approuver lorsqu’il déclare tout haut ce que nous pensons tous : « La musique m’a sauvé la vie. ». Voulzy et Souchon avant de se voir récompensés pour leur dernier album, interprètent leur angélique « Derrière les mots » en hommage appuyé d’ex-fans des 60’s des Beatles-Beach Boys- Simon & Garfunkel. Dommage que tout l’album ne soit pas au niveau de ce titre exceptionnel. La transition avec Black M, le Doc Gynéco des années 00 est certes un peu rude, mais sa ritournelle « Sur la route » rentre assez bien dans la tête. Les cuivres de l’orchestre ont du mal à suivre la manœuvre et on se dit que le texte est désespérément naïf. Le pire ce sont les danseuses… Vade retro…Maritie et Gilbert Carpentier, sortez de ce corps ! Bonne pioche, par contre, du coté du lauréat Musiques du Monde avec Rivière Noire, qui propose une jolie fusion afro-brésilienne sur une base reggae. Fun et cool cocktail tropical à déguster sans modération. Next avec Féloche qui apporte tout l’exotisme de sa langue sifflée originaire d’une petite ile des Canaries, la Gomeira. Pour le coup, là on parle d’un artiste doté d’un véritable univers électro- acoustique et fort dépaysant. Victoire électronique de l’année avec Cascadeur dissimulé par son casque de motard remercie au moins la moitié de l’humanité .

Fade to black

Et soudain une news s’affiche sur mon Smartphone : Steve Strangegasp…Steve Strange, le chanteur du groupe néo-romantique vient de casser sa pipe. Damned…fucking crise cardiaque à 55 ans qui emporte le vocaliste de « Fade To Grey ». J’en oublie même Stromae qui vient chercher son prix pour la « Tournée de l’année », je reste abasourdi par le départ de Strange. Seule l’arrivée d’IAM au grand complet me secoue de ma torpeur, Chill et les autres entonnent leur emblématique « Petit frère » de « L’école du micro d’argent » et soudain se lève une immense vague nostalgique de ce qui pouvait constituer l’Age d’or du rap Français. Puis Akhenaton interprète le soulesque « Souris encore » boosté par des violons satinés et remporte la Victoire dans la catégorie « Musiques Urbaines » pour son dernier album sol,  au titre manifeste « Je suis en vie », écrasant sur la ligne d’arrivée les « djeuns » Soprano et Black M. Puis, dans la foulée, excellente surprise également avec la Révélation de l’année qu’est Benjamin Clementine véritable hybride de Randy Newman et de Terence Trent d’Arby…avec la voix d’Aretha Franklin et la coupe de cheveux de Little Richard. Le musicien Anglais remercie au passage cette France qui a su l’accueillir et lui offrir une tribune pour sa musique. Rachid TahaEnfin, dernier instant de bravoure des ces 30émes Victoires avec l’improbable duo Catherine Ringer et Rachid Taha pour un chaleureux « Ya Rayah ». Rachid reçoit lui aussi une récompense particulièrement méritée pour ses trente ans de carrière. Je ne vais pas m’en plaindre j’avais déjà défendu jadis la candidature de Carte de Séjour pour son Bus d’Acier  du temps e leur reprise cinglante du « Douce France » de Trénet ! Jusqu’au denier moment, j’attendais que cette belle programmation dérape et j’avoue j’en ai été pour mes frais. Et dans un showbiz qui a vu s’envoler en fumée plus de 60% de son chiffre d’affaires, on pouvait craindre le pire. Pas de réelle fausse note, pas d’Annie Cordy, de véritable grosse bouse commerciale ou de gueularde de télé réalité ne s’est pointée à la fête, alors on peut dire que c’était une sacré soirée…

 

Ze palmarès

Album rock : « Shake Shook Shaken » de The Do
Vidéo-Clip : « Saint Claude » de Christine and the Queens
Artiste interprète féminine : Christine and the Queens
Album de musiques du monde : « Rivière noire » de Rivière noire
Album de musiques électroniques : « Ghost Surfer » de Cascadeur
Spectacle, tournée, concert : Stromae
Album révélation : « Mini World » d’Indila
Album de chansons : « Laurent Voulzy et Alain Souchon » de Laurent Voulzy et Alain Souchon
Artiste interprète masculin : Julien Doré
Album de musiques urbaines : « Je suis en vie » d’Akhénaton
Groupe ou artiste révélation scène : Benjamin Clémentine
Chanson originale : « Un jour au mauvais endroit » de Calogero
Prix d’honneur : David GuettaJean-Louis Aubert, IAM, Rachid Taha

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