TODD RUNDGREN “Healing”

Todd_RundgrenVoici 40 ans dans BEST, GBD succombait à nouveau au super-pouvoir du « magicien véritable étoile » du synthétiseur, mister Todd Rundgren. Avec ce 9éme LP studio d’une coolitude inégalée, le  héros de Bearsville records jouait et gagnait très largement sur la spiritualité affichée d’un concept-album particulièrement rafraichissant pour cette année 1981. Flashback…

Todd_RundgrenComposition et écriture des chansons, production, arrangements, instrumentation, chant… à l’instar de Stevie Wonder, Stevie Winwood ou de Prince que l’on découvrait à peine, l’immense Todd Rundgren assurait seul tout ce qui pouvait constituer un album. El le héros de Philadelphie n’en était pas à son coup d’essai : en effet, depuis plus de dix ans avec « Runt » notre healer enchainait LP sur LP se jouant de ses synthés comme un chef d’orchestre virtuel pour mieux nous subjuguer de ses séquences. La force de Todd ? Rendre ses machines chaleureuses et émotionnelles à des années-lumière de ces synthés glacés que l’on entendait si souvent dans la musique. Plus de quatre décennies après sa sortie, ce « Healing » me donne toujours autant la chair de poule.

 

Publié dans le numéro 154 de BEST

 

Todd_Rundgren« Il est grand temps de rendre le monde un peu plus sage. Il y en a assez de tous ces destructeurs, de tous ces gens qui ne font que critiquer. Le monde a besoin d’un guérisseur ».

« Healing », c’est le nouvel LP en solitaire du magicien Todd. Le monde flippe, Rundgren propose son remède : la musique. Après avoir été cambriolé par un malfrat qui a eu le mauvais gout d’attacher Todd et de vider son appart tout en sifflotant son hit « I saw the light », Rundgren s’est enfermé à double tour dans son studio pour méditer. Le résultat, c’est un disque superbe, magique, sensible et complètement optimiste : « Healing » où l’on voit la clef de sol se transformer en caducée. Tout commence dans la chambre de Todd. « Healer », le premier morceau, est une vision de la nuit, un messager se dessine sur un ciel de synthés. « Tu seras le guérisseur », dit-il, juste avant de disparaitre. Dans « Pulse », Todd utilise la formule « step by step » (pas à pas), l’avance vers la guérison mais aussi une formule utilisée dans la programmation des synthétiseurs. Le parallèle est ainsi tracé ; le seul remède, c’est la musique. Le pire, c’est que ça marche. Comment rester insensible lorsque Todd chante en canon avec lui-même ! C’est comme un frisson qui vous parcourt le corps, comme une gamme d’énergie qui s’empare de vous pour vous transporter dans un univers ou l’on cultive la beauté. Je craque complètement sur cet allumé de Rundgren parce que sa musicothérapie est peut-être la seule qui puisse me faire passer des larmes au bien être en quelques tours de sillon. La rock music a l’habitude des « révélations » mais, lorsque Dylan chante « Saved », j’ai plutôt envie de rigoler. Avec Todd, c’est diffèrent, même si sa pochette ressemble un peu à celle de Bobby D, le feeling coule à flots comme un torrent limpide et cristallin. Quant à ses machines, elles prennent, grâce à lui, une dimension humaine et chaleureuse, aux antipodes du stéréotype glace de l’électronique. « Healing » (la guérison) occupe tout « espace de la 2eme face. Trois mouvements où la voix de Todd joue à fond la carte des sentiments sur un registre proche de celle de Wonder. C’est comme un bain chaud, un espace semé d’étoiles où l’on se sent bien. Contre les soirs de déprime, pour recoller les cœurs brisés et les âmes blessées, Todd nous offre un remède miracle. Les psychanalystes peuvent s’inscrire au chômage, avec « Healing », tous les divans du monde sont désormais bons pour la casse.

 

Publié dans le numéro 154 de BEST daté de mai 1981BEST 154

 

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