REMEMBER THE BLOW MONKEYS ?

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The Blow Monkeys 85Voici 30 ans, je hurlais avec les « singes hurleurs », les Blow Monkeys du charismatique Doctor Robert. Trois décennies plus tard, leur nonchalante pop soul cool et chaloupée n’a pas été érodée par le flux et le reflux des années…et amazing… le groupe est toujours en activité !

Si on m’avait dit qu’un jour les Blow Monkeys se reformeraient… c’est pourtant ce qui s’est produit en 2007…et depuis cette date, comme pour rattraper tout ce temps égaré, le prolifique Doctor Roberts a publié HUIT albums. Et la chanson-titre du prochain « Ok Have It Your Way ! » , que l’on peut traduire par « C’est bon, on fait comme tu veux ! » est sortie le 29 mars dernier. Le titre de l’article publié den mai 85 dans Best se’xplique par la schizo au carré du sujet de l’article. Have a nice flash-back !

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Confidences sur canapés, combien d’Oedipes explorés, combien de fantasmes révélés, combien de syndromes ai-je expérimentés au cours de mon sacerdoce de critique rock? Suis-je un dictaphone, une oreille ou une épaule? L’art de l’interview rock s’apparente bien trop souvent à une séance de psychanalyse. Cette fois, c’est différent, mon client est un homme de l’art, un praticien romantique dont le premier traité « Limping For A Generation » avait su m’alpaguer. Leader des Blow Monkeys, le Doctor Robert m’a offert ma toute première consultation rock. Taillé tout en longueur comme un scalpel la tronche de Marilyn, le Docteur me reçoit dans son cabinet improvisé, au bar du Hilton

« Quel rapport y a-t-il entre ton nom et la chanson des Beatles?

C’est la même chose. En tous cas, c’est un nom idylique pour une pop star. Accessoirement c’est ma chanson favorite des Beatles.

D’où viens tu ?

Je suis né en Ecosse. J’ai vécu le plus clair de mon temps en Angleterre, mais j’ai passé cinq ans en Australie où j’étais rock-critic pour RAM, le NME local.

Parlons un peu de ton doctorat. Tu es Docteur en médecine, en droit, en sexologie, en scientologie ?

Je sais c’est un peu prétentieux ce titre, mais laisse moi t’expliquer. Au début, lorsque j’écrivais sur la musique, ça me passionnait. Mais je suis vite devenu triste et blasé à force d’interviewer des crétins ignares et tordus. J’ai fini par haïr les pop stars que je rencontrais. Même si j’aimais leur musique, leur conversation finissait par m’en dégoûter. Je me suis donc offert une autothérapie pour me laver moi même de la couche de cynisme que j’avais récoltée, voilà toute l’explication de mon doctorat. Aujourd’hui je me sens plus naïf. plus honnête et plus créatif. En fait, j’avais toujours eu envie de monter sur scène, mais à force d’intellectualiser la musique je me suis peu à peu transformé en critique tordu

«Professeur Supercool» est un des titres de ton album, c’est aussi autobiographique?

Tu sais, BB King, Elvis, Muddy Waters ou même Tom Jones avaient l’habitude de chanter leur vie, alors « Professor Supercool» c’est un clin d’œil. Cela dit, j’ai rencontré Paul Weller et il m’a aussi inspiré cette chanson.

Blow c’est pour le côté jazz du groupe et Monkeys pour son côté pop?

Je n’ai pas choisi ce nom. C’était le soir de notre premier gig et nous n’avions pas réussi à baptiser le groupe. Quelqu’un a dit pour plaisanter: « Et pourquoi pas les Singes Hurleurs? ». Nous avons adopté la suggestion

The Blow Monkeys 85Dans « Blow» il y a aussi un côté sexuel, le « blow job » c’est la pipe?

Hé hé hé … bien entendu Sur scène je pratique beaucoup de jeux sensuels avec le saxo du groupe. Dans la musique, la sensualité doit être primordiale. Le côté sexe c’est Madonna, la sensualité c’est Hendrix. Le sous entendu est dix fois plus bandant que tout ce qu’on peut te mettre sous le nez.

Entre tous les Lloyd Cole, Lotus Eaters, Bluebells, Pale Fountains et quelques autres, n’as-tu pas l’impression que l’Angleterre est aujourd’hui en plein néo-romantisme?

J’ai rencontré Lloyd Cole et Morrissey car je pensais que nous avions un certain nombre de choses en commun En discutant avec eux. j’ai compris qu’ils étaient très sympas et que j’aimais leur musique, mais nos motivations restaient très différentes. Si Marc Bolan est mort, Tom Jones est encore vivant. Il est plus proche de moi que Lloyd Cole. Je précise que je ne suis pas le détonateur tant attendu d’un nouveau mouvement. »

Allumé et mégalo, le Doc’ Bébert apparaît sur scène; c’est un piètre guitariste, mais un brillant performer. La formation guitare/basse/batterie/saxo des Blow Monkeys sied à leurs mélodies tendres et mélancoliques. Une touche de jazz, une pincée de rhythm and blues et toute la folie du bon Docteur constituent la formule choc des Blow Monkeys. Alors que Robert se prenne pour Bolan ou Napoléon, qu’importe! Ses Blow Monkeys ne manquent pas de souffle. Sa thérapie tout en mélodie mérite largement le remboursement sécu.BEST 202

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans le numéro 202 du mensuel BEST daté de mai 1985

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