PRINCE : « Deliverance EP »

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Prince

 

Pourquoi le nouvel EP attendu de Prince, pour la date anniversaire de sa violente disparition, ne sortira sans doute jamais et à quoi ressemble-t-il néanmoins, exégèse princière du « Deliverance EP », qui constitue peut être déjà son disque le plus culte depuis le « Black Album » au siècle dernier. Autopsie de l’œuvre parGBD, expert es-Prince since 1979 

 

 - Prince DeliveranceDemain, cela fera exactement un an que notre Prince nous a quittés. Et je n’ai aucune envie de vous parler des opiacés retrouvés à droite à gauche au Paisley Parkainsi que des liasses d’ordonnances établies à des noms d’emprunt. Pour nous remonter le moral, jour de ce  fucking sad sad birthday, un EP de six titres de mon nain pourpre favori devait être publié demain. Intitulé « Deliverance EP », il était même déjà en précommande sur iTunes. Hélas arbacadarba ( soit abradacabra à l’envers), il a déjà disparu du radar, terrassé par une volée de commandements d’huissiers de justice et ne sera peut-être jamais dispo sauf que… « Deliverance EP » a déjà fuité sur le net et que des petits malins n’ont pas résisté à l’envie de le partager. Cependant méfiance…car il faut savoir qu’il s’agit là de titres enregistrés par notre Kid de Minneapolis, entre 2006 et 2008, avec Ian Boxill, qui a, entre autres, bossé avec mes copains de Bones Thugs n’ Harmony, Gladys Knight et certains albums posthumes de 2Pac. Or, ce dernier qui détenait les bandes puisqu’il en avait «  coécrit » les titres  s’est également attelé à la production réalisant des overdubs que l’on peut même qualifier de post-mortem. CQFD : ce n’est donc pas du 100% Prince, même si cela y ressemble étrangement.  Cependant, qu’on est confronté à un tel génie qui a laissé derrière lui un trésor de centaines de compositions inédites et inachevées, à mon humble avis, cet épisode  « Deliverance EP » ne devrait pas manquer se répéter. Pourtant, la situation cotée copyright semblait réglée malgré quelques ratés à l’allumage puisque c’est d’abord Tidal, via son dirigeant star emblématique, Jay Z,  qui semblait avoir gagné la partie. Mais, l’ogre Universal ne tardait pas à contre-attaquer pour finalement emporter l’adhésion des ayants droits, sœur, demi-frères et neveux.  Et ce sont sans doute ces derniers qui ont vu rouge avec l’annonce de la publication de ces six titres sur l’obscur label canadien RMA basé à Vancouver. Dommage.

Un EP fantôme

 

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Car ces compositions dans la veine de l’album de 2006 « 3121 » ne manquent ni de qualités ni d’émotions. Tout commence par la chanson-titre « Deliverance », un slow balade comme l’auteur de « Purple Rain » savait si bien les tourner. Portée par un irrésistible feeling gospel, cette compo de Prince ( et de son pote le tripatouilleur) sait nous arracher à cette attraction terrestre qui nous plombe si souvent. Joli solo de guitare qui nous rappelle encore plus douloureusement, si on avait pu toutefois être tenté de l’oublier, combien c‘était un guitariste génial qui savait si bien nous scotcher de son identité sonique. Puis, c’est au tour de l’énergique « I Am » que l’on retrouve deux fois en versions coutres et longues. Ponctuée de ces ooouuhhhh sauvages et tendres que Prince égrène si souvent au fil de ses chansons, portée par la nervosité d’une guitare électrique virtuose, cet égo-trip est aussi un bien bel exercice vocal d’une rare délicatesse. Suivent deux titres très courts de moins de deux minutes, ou alors tronqués dans la version récupérée la cool sensuelle « Touch Me » et l’allègre « Sunrise Sunset », un drôle de menuet rétro et fantasque qui se fond dans une balade amoureuse et tendre fatalement oxygène. Funky « No One Else » est sans doute la plus baroque du projet, pulsée par des violons, qui accentuent le coté dramatique de la chanson, elle a un agréable petit coté rétro funk 70’s, comme une composition retrouvée d’Isaac Hayes. Enfin, ce « Deliverance EP » s’achève sur la version « étendue » d’ « I Am », comme un joyeux tonnerre de funk-rock endiablé, aux vagues réminiscences de « Darling Nikki »… pourtant et malgré ses qualités certaines, il semble que ce « Deliverance EP » soit condamné à demeurer un EP fantôme… EP c’est tout, comme on dit si souvent  😉

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