OPPOSITION « Promises »
Voici 42 ans dans BEST GBD apportait à nouveau son soutien sans faille à Opposition. Et comment en serait-il autrement, lorsque le power trio de Londres livre ici un vibrant 3éme LP qui aurait dû logiquement le propulser au firmament des charts British aux cotés des Cure et Depeche Mode ? Hélas, la dure loi du rock and roll sait aussi se montrer particulièrement cruelle et ce « Promises » si riche en promesses d’un futur doré prouve qu’elle en a hélas décidé autrement. Mais quelle injustice, à l’écoute de ces séquences rock climatiques si incroyablement préservées des griffes du temps … à la fin de cet article, le témoignage précieux de Ralph, le batteur et unique survivant du power trio…
Après la triste disparition du bassiste Marcus Bell en décembre 2014, puis celle hélas trop soudaine du chanteur Mark Long en septembre 2022, Ralph Hall demeure l’ultime membre fondateur de the Opposition ( Voir sur Gonzomusic https://gonzomusic.fr/?s=opposition ) . Cette année 1984, le groupe British après Double Vision records/ AZ en France, signe sur Charisma, le label historique de Genesis et de Peter Gabriel. Et la maison de disques suggère au trio de se séparer du « the » pour devenir tout simplement Opposition. Mais Charisma venait à peine d’être racheté par Richard Branson avant d’être finalement absorbé par Virgin. En clair, ceux qui avaient signé Opposition ont été dégagés avant la sortie de l’album et comme bien trop souvent leurs successeurs, forcément désireux de promouvoir leurs propres talents enterraient ces artistes qu’ils n’avaient pas découverts. Terrible injustice lorsqu’on sait que « Promises » porté par l’émotionnelle « Dream in Colors » était un disque superbe. Flashback…
Publié dans le numéro 189 de BEST
The Kids are back in town : Opposition a perdu son « the » et gagné (enfin !!!) la reconnaissance de ses compatriotes. Ces Anglais basés en France ont déjà produit deux albums splendides, « Breaking the Silence » et « Intimacy » diffusés par AZ. Aujourd’hui Charisma prend le relais pour le monde entier. Opposition n’a pas perdu ses sonorités aériennes, tout en se débarrassant de ses influences Curo-Policiennes. Comme la sueur perle sur le front après une course, l’émotion suinte au fil des plages de ce « Promises ». Plus simples, plus directes, plus punchy ou efficaces, certaines compositions se détachent à l’écoute : ma préférée, « Dream in Colors » rassemble toutes ces qualités. Mécanique, détachée comme la chaine d’usine qu’elle décrit, « Factory Gate » y marque l’évolution du groupe vers des textes en prise directe sur le quotidien, même s’il n’est hélas pas toujours coloré comme une vitrine de confiseur yankee. Si vous cherchez un album exotique à dévorer au walkman les pieds ensablés sous les palmiers, « Promises » n’est pas ce qu’il vous faut. Comme pour ses prédécesseurs, sa sortie hivernale colle parfaitement au climat d’Opposition. Force de persuasion à la frontière de l’hypnose, la voix de Mark Long résonne longtemps dans la tête, bien après la fin du sillon. Dur d’être objectif lorsqu’on est forcément convaincu, alors rejoignez Opposition, coz it’s good for you !
Publié dans le numéro 189 de BEST daté d’avril 1984
Par Ralph Menday/ Hall
Oui, je pense que tu as raison. J’ai été le batteur sur les quatre albums, et les deux premiers reflétaient vraiment le son authentique de The Opposition. Au moment de l’album *Promises*, nous avons davantage expérimenté, et j’avais le sentiment que nous partions dans des directions différentes. À mon avis, le morceau « I Dream in Colour », issu de cet album, est celui qui se rapproche le plus du son caractéristique de The Opposition ; c’est sans doute pour cela que j’en ai fait une reprise avec Lewis Parke, un artiste pop néo-zélandais — je vis en Nouvelle-Zélande aujourd’hui. Je pense que l’alchimie qui nous unissait, nous trois, au sein de The Opposition sur les deux premiers albums était unique et ne pourra jamais être retrouvée. Le premier album, *Breaking the Silence*, était empreint d’une atmosphère formidable ; il a été entièrement enregistré lors de sessions nocturnes, qui commençaient à 23 heures pour se terminer à 7 heures du matin.
