MACKLEMORE & RYAN LEWIS : « The Unruly Mess I’ve Made »

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Macklemore & Ryan Lewis

Le duo rap-pop de Seattle frappe pour la seconde fois avec ce nouvel album « The Unruly Mess I’ve Made ». Avec « The Heist », leur premier effort, Macklemore & Ryan Lewis s’étaient imposés comme aucun rapper depuis Eminem. Réussiront-ils à nouveau leur pari gagnant avec ce second CD ? À l’écoute de « The Unruly Mess I’ve Made » leur potentiel commercial semble inéluctable. Quant à la street credibility…c’est une autre histoire.

 

This Unruly Mess I've MadeDans leur altercation virtuelle, via Twitter, le producer Bob Ezrin avait frontalement attaqué Kanye West en soulignant qu’entre autres de nombreux rappers avaient beaucoup plus de talent que lui. Parmi ces exemples on trouvait justement Macklemore & Ryan Lewis. Kanye avait durement répliqué à Ezrin, le traitant en substance de « vieux con ». Pourtant dans sa contre-offensive, Kanye ménageait Macklemore & Ryan Lewis expliquant que c’était « un super mec ». À l’écoute de cet album, on ne peut guère en douter. Le duo de Seattle ne manque pas d’humour et le titre du CD l’atteste aisément tout comme leur hip-hop qui ne se prend jamais au sérieux. Et qui vénère les héros du rap au point de les enrôler dans ce projet, comme sur ce titre « Downtown », sorte de clin d’œil au hit des 60’s de Petula Clarke revisité « White Lines » où ils ont enrôlé la crème des vétérans de la Old School avec Grandmaster Flash, Melle Mel et Kool Moe Dee. Et c’est sans doute le « The Heist » de ce second CD. De même, sur l’hallucinant « Buckshot » on retrouve KRS One et l’ex Gangstarr, DJ Premier. Cependant, la paire de Seattle refuse manifestement de trancher dans la querelle des classiques et des modernes, collaborant également avec les petits nouveaux surdoués comme Anderson.Paak sur le décoiffant « Dance Off ». Dans ce titre fort punché, qui rappelle un peu « Thriller », c’est Idriss Elba qui joue les Vincent Price, ponctuant ce hit en puissance d’un sardonique « I challenge you to a dance off ! ».

Contre le racismemacklemore

Au moins, chez Macklemore & Ryan Lewis on est certain de ne jamais se prendre au sérieux et l’humour nous attend toujours au tournant, comme avec ce « Brad Pitt’s Cousin » si potache qui évoque tout à fait l’esprit de DJ Jazzy Jeff & the Fresh Prince, la formation de Will Smith. De manière surprenante, l’une des compos les plus catchy est la collaboration cool avec Ed Sheeran « Growing Up » aux réminiscences de « Walk On The Wild Side » et à la couleur gospel revendiquée. Certes, Macklemore n’est pas Eminem, ses mots sont bien moins affutés, moins armés aussi. Mais l’homme du grand nord US compense par son style fantasque et résolument éclectique tel un Elton John rapologique. Ainsi, il puise avec autant d’à propos dans les sources de la soul, épaulé par Leon Bridges, sur « Kevin » que dans la pure balade pop, telle « Need To Know », où Chance the Rapper lui donne la réplique. Enfin, Macklemore & Ryan Lewis récidivent avec leur « White Privilege II » n’hésitant pas à polémiquer sur ce titre puissant pour lutter à leur manière contre le racisme. Le duo avait précédemment défendu la cause gay, dans ce nouvel album, ils reprennent le slogan « no justice no peace », cri de ralliement des manifestants noirs qui protestent à chaque sanglante nouvelle bavure policière. Alors, on se dit que c’est vrai qu’il est sympathique ce Macklemore, on en oublie même que son rap manque parfois un peu de coffre.

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