LITTLE NEMO

Little NemoVoici 30 ans dans BEST GBD plongeait gravement pour le rock aussi harmonieux qu’utopique des Little Nemo, dans la légendaire rubrique « Le rock d’ici ». Basé à Paris et sans aucune relation avec le maitre du Nautilus, le groupe puise son inspiration dans la célèbre BD de Winsor McCay pour inventer sa propre New Wave évanescente. Flashback…

Little Nemo by E Debaussart

Little Nemo by E Debaussart

Groupe élégant, sorte d’OVNI dans le paysage rock hexagonal, Little Nemo voici 30 ans se distingue des autres formations du crépuscule des 80’s. Trio pop allumé débordant d’imagination, furieusement indépendants avec leur label Artefact, leur rock puise ses influences du côté  sombre de la force des Cure, Joy Division et autres Stranglers. Si le groupe se sépare au tournant des années 90, Little Nemo, tel le Phénix renait de ses cendres en 2009 et retrouve le chemin des tournées.

 

Publié dans le numéro 243 de BEST sous le titre LITTLE NEMO, ROCK DREAMS

 

Les pieds haut perchés du lit s’allongeaient à l’infini pour gagner le pays du sommeil – Slumberland- et le petit garçon brûlait  ses nuits en impossibles aventures au croisement du rêve et de l’utopie. De l’influence de la figuration narrative sur le comportement de l’homo rockens: née au tournant du siècle, la BD de Winsor McCay est aujourd’hui une source vive d’inspiration. Les Belges de Dole y ont puisé le titre de leur LP « Slumberland » et les Parisiens de Little Nemo ont endossé la peau du kid rêveur pour nous entraîner sur leur trame synthétique.

« La plupart des gens imaginent déjà « 20 000 lieues sous les mers » et la barbe du Cap’tain Nemo dès qu’ils voient notre nom », explique Holyvier – littéralement Saint Vier- en secouant ses cheveux décolorés à la chaux vive. Le chanteur/claviers du trinôme a découvert la BD vers l’âge de l2 ans en s’identifient immédiatement aux songes tourmentés de Little Nemo :

« C’était du psychélisme avant l’heure », sourit Holyvier. Si la jaquette de leur première K7 auto-produite reprenait une planche de la BD, Holyvier, Vincent et Bill ne conservent du p’tit Nemo que la référence directe au pouvoir du rêve. Et leur musique aux références Cure, Joy Division, Stranglers… baigne dans une lumineuse évanescence. « Avec nos copains d’Asylum Party on appelle ça «nos rendez-vous de bac à sable. » On y retrouve aussi les Beatles, le Floyd originel de Syd Barrett et des Français comme Taxi Girl ou Marquis de Sade. »littlenemo

Holyvier caresse son premier synthé à dix-neuf ans, première réaction épidermique à des études scientifiques. À la fac d’Orsay, en 83, il rencontre Vincent et Little Nemo vampirise ses premières démos sur un 4 pistes. Jusqu’en 86, ils fonctionnent comme un groupe théorique puisque Vincent est inscrit dans une école de Lyon tandis qu’Holyvier et sa drum-machine restent basés à Paris. Comme les rêves de Little Nemo collent assez mal avec le grand cirque des majors companies, le groupe se lance dans le self-service d’une K7. L’arrivée du bassiste Bill les pousse encore plus loin vers l’indépendance en créant Artefact, leur propre label. Aujourd’hui, le chanteur de Little Nemo s’installe définitivement au pays du sommeil. Holyvier renonce à son job rassurant de prof de maths pour exorciser de manière positive les overdoses de logique et de rationnel injectées par la fac. Si sa musique n’a pas les pieds sur terre, c’est la faute au carré de l’hypoténuse. En osant s’arracher à l’attraction terrestre, Little Nemo s’en va caresser l’harmonie.

 

Publié dans le numero 243 de BEST daté d’octobre 1988

BEST 243

 

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