EXCLUSIF !!! STARSHOOTER REFUSE DE SE RE-FORMER…

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PhilAlors que son rival de jadis Téléphone se re-constitue aux ¾ – sans Corine Marienneau qui s’y refuse-  sous le pseudo « Les Insus », les lyonnais de Starshooter confirment par la voix de Phil Pressing, leur éminent batteur la déchirante news : contrairement à son ex-rival, Starshoote ne compte ABSOLUMENT pas se re-former. Dixit Philippe d’Aniere, rencontré voici quelques jours à Los Angeles.

Phil et moi c’est un peu une histoire de famille. Via sa sœur, Elisabeth. Lorsque j’étais jeune journaliste à BEST, je collaborais également à Actuel, l’épatant mensuel des « jeunes gens modernes et de la sono mondiale » fondé par Jean François Bizot où Jean Pierre Lentin chapeautait la rubrique « musique » pour laquelle je collaborais. Mais j’étais loin d’être seul sur le coup. Il y avait notamment Elisabeth D, que j’adorais pour son flair journalistique impressionnant, comme pour son humour affuté et sa douceur extrême. Comme son frangin Philippe d’Aniere avait opté pour son alias de Phil Pressing, Elisabeth signait ses articles Elisabeth D. Elle avait, entre autre, rédigé le tout premier papier sur Carte de Séjour, le groupe fusion rock- beur de Rachid Taha. Lorsque Starshooter s’est auto-détruit au tournant des années 80, l’ami Phil a d’abord fabriqué des bijoux d’art avant de jouer les parfaits aventuriers à la Henri de Monfreid et de conquérir l’Amérique…à sa manière. Après de nombreuses péripéties, autant de ups que de downs, l’ex-batteur de Starshooter est désormais basé à Marina Del Rey- non il ne sort pas avec Lana DelRey !!!- et met tout son talent au service de l’art nautique. Phil, toujours aussi agile de ses doigts, restaure à longueur d’année et avec amour des navires, chris crafts, hors-bords et autres rafiots de rêve. Lorsque nous nous sommes retrouvés à West Hollywood voici quelques jours pour refaire le Monde durant quatre heures de tchatche intensive, nous ignorerions évidemment tout des retrouvailles programmées entre Aubert, Bertignac et Kolinka. Les propos de Phil n’en sont que plus succulents.Starshooter

« Alors Phil , tu nous racontes la saga Starshooter ?

Quand même, l’histoire de Starshooter, tu la connais !

Moi j’ai démarré en 79 et vous  existiez depuis 75…

73…on a avait tout juste 14 ans, on était au même lycée Saint-Exupéry à Lyon. Si j’ai bonne mémoire, nous y étions tous, tout comme Electric Callas et Marie et les Garçons.

J’ai justement vu Patrick Vidal en concert voici quelques semaines. C’était bizarre.

Ouais, on s’aime pas trop. Moi je n’ai rien contre, mais lui, il est trop snob. Il a toujours été prétentieux. Je ne sais pas ce qu’il a fait dans sa vie, mais cela n’a pas l’air très intéressant

Tu as raison. Je me suis pointé au concert où il m’avait invité et mon nom n’était pas sur la liste. Sympa.

Mais il fait encore des trucs ?

C’était un concert exceptionnel, on va dire, mais depuis des années il fait plutôt le DJ. Moi j‘aimais bien Marie, par contre.

Moi aussi j’aimais bien Marie. Et j’ai revu Fitoussi qui a sa librairie à Lyon qui est vraiment intéressant et que j’aime beaucoup. C’est comme Zermati, maintenant on s’adore, car on se retrouve un peu dans les mêmes combats politiques. On se parle tous les jours sur Facebook. Très étonnant, car on s’était opposés sur Starshooter. Je lui en voulais à mort de ne pas nous avoir invité au Festival de Mont-de-Marsan. Donc c’était la guerre entre nous. Car moi je n’étais pas du tout content, j’avais peur de manquer quelque chose en ne jouant pas à ce festival. Tu vois, si tu veux on peux parler de choses intéressantes dont personne n’a parlé, comme de cet enculé par exemple. Et je dis cet enculé, car on est les meilleurs amis du monde maintenant, mais je lui en ai vraiment voulu. Et il le sait.

Starshooter: "Ma vie c'est du cinéma"C’est vrai, il y avait des groupes français à Mont-de-Marsan, pas que Clash et Police.

Tu parles, il y avait toute une équipe, toute une programmation – Asphalt Jungle, Shaking Street, Marie et les Garçons, Bijou etc…-. Et franchement on était le seul qu’il n’avait pas invité intentionnellement. Je lui en ai vraiment voulu. Si je l’avais chopé à l’époque…il le savait d’ailleurs. Il m’évitait parce qu’il est tout maigre et puis moi j’étais costaud. Et dire que maintenant on s’adore. Moi je l’aime beaucoup. Mais ces vieilles histoires appartiennent à cette espèce de mythologie ; c’est drôle d’en reparler maintenant. A Lyon on était aussi assez proches de Carte de Séjour.

Oui c’est Elisabeth D qui avait écrit le tout premier papier dans Actuel.

Kent l’aimait bien. Moi, j’ai senti le truc marketing gros tout de suite. Tu sais que je suis plus marketing que musicien.

Sauf qu’à l’époque ça n’existait pas encore !

On ne disait pas marketing.

On disait « coup ».

Le rock arabe, j’avais senti le coup. Si j’avais eu de l’argent à investir, j’aurais sans doute tout misé sur eux. J’aimais vraiment bien Rachid (Taha) aussi…

Et Higelin, le troisième « rocker » du label Pathé-Marconi après Téléphone et vous, vous vous entendiez bien ? Vous aviez de bons rapports ? Vous vous connaissiez ?Higelin-Starshooter

Higelin, j’ai justement une anecdote à te raconter, où l’on retrouve une autre personne que tu connais bien, ma sœur. Nos parents avaient un petit studio à Paris qu’on pouvait utiliser, Zabette quand elle faisait ses études à Sciences Po et du coup moi lorsque je montais à Paris. Un studio bien parisien avec une mezzanine où on vivait avec Zabette. Un soir, Higelin téléphone, je pense qu’il voulait coucher avec Zabette, ce qu’il a du faire à un moment d’ailleurs. Mais pas ce soir-là. Et donc Jacques débarque, c’est un de mes souvenirs les plus marquants.

Higelin draguait Elizabeth D ?

Je suis à peu près sur qu’ils ont couché ensemble. Pas ce soir là. Mais lorsque Jacques débarque, il est déjà très tard dans la nuit. Zabeth et moi on était tous les deux dans la mezzanine, avec chacun les deux pieds pendant entre les barreaux. Jacques était en dessous et pendant deux heures…il a joué. Sans piano. Mais avec un piano imaginaire, une fausse guitare, pour ma frangine et moi. Il est capable de délirer des heures, comme ça, juste pour le plaisir. Tu sais que je ne suis pas un grand sentimental, mais cette nuit-là était vraiment fantastique. Il a ce talent absolument incroyable qui fait que Zabette et moi étions scotchés, il nous a fait un show privé pendant deux heures. Il chantait, il jouait, il racontait des histoires, comme lorsqu’il est sur scène. Un très grand moment.Starshooter

Et Téléphone, il y avait une complicité ? En clair pour la galerie il y avait un antagonisme et dans la vraie vie vous étiez potes ?

C’est tout à fait cela. Pareil, Kent est toujours plus l’artiste qui gardait un peu ses distances avec Jean-Louis. Moi avec Richard on se sentait proches. On s’entendait tous bien, sauf avec Corine qui est une c…….,, mais elle est c……. avec tout le monde, Jean Louis j’étais en très bons termes avec lui comme avec Richard. Louis était toujours un peu plus distant, mais c’est son caractère. Il n’y avait pas de sympathie particulière avec Louis, ni d’antipathie d’ailleurs. Une fois, je me suis battu avec Jean-Louis. C’était assez marrant. C’était dans un hall de Sofitel. On était jeunes. Jean-Louis est un peu plus petit que moi. Moi je suis tout de même karatéka et tout ça. C’était un soir, au beau milieu du salon de l’hôtel on s’accroche et on se bat sur la moquette. On se bat…on lutte.

"Si Phil Pressing et Jean Louis Aubert ont pu s'asseoir ensemble Je vois pas pourquoi les Juifs et les Arabes pourraient pas !" PDA

« Si Phil Pressing et Jean Louis Aubert ont pu s’asseoir ensemble
Je vois pas pourquoi les Juifs et les Arabes pourraient pas ! » PD’A

Mais pour une connerie, un mot échangé ?

Ah non, pas du tout., juste par goût du challenge. Je me dis : je vais le massacrer, il était tout maigre, tout machin. Mais il m’a impressionné, car il s’est montré très nerveux, très fort. Ca s’est soldé par un 0 : 0, match nul. Mais si on avait parié, j’aurais perdu en misant sur sa défaite. C’était un combat très amical, mais tu sais, on avait tout de même cette petite rivalité entre les deux groupes. J’aurais aimé gagner. Il aurait aimé gagner. Il y avait tout le monde autour, comme dans une cour de récré.

C’était aussi par rapport à la musique. Vous vous tiriez la bourre entre les deux groupes.

C’était un truc de jeunes mecs qui s’affrontent, mais ce n’était pas un match de boxe. Avec Richard par contre c’était toujours super. J’adore Richard.

La complicité inter-batteurs ?

Je ne me suis jamais considéré comme un vrai batteur. Contrairement à lui ; j’adorais son jeu souple et il me fascinait.

Regarde Ringo Starr, on a longtemps raillé la simplicité de son jeu, mais au fil des années on a dû convenir qu’il avait une vraie personnalité.

Merci de me comparer à Ringo Starr, c’est une bonne analogie.

Toi tu n’étais peut-être pas un technicien de première, mais tu avais un putain d’instinct qui faisait que ça roulait.

Je pense que j’étais beaucoup plus mauvais batteur qu’on ne l’imaginait. Tu connais mon ego, je n’ai aucune pudeur à l’avouer. Je ne suis pas du tout musicien, c’est-à-dire que si ne n’étais pas allé avec Starshooter, je n’aurais absolument tenté aucune autre aventure dans la musique. D’ailleurs quand Starshooter a arrêté, j’ai arrêté.

Ce qui nous a évité le Phil Pressing « Greatest Hits Volume 1 » en attendant le 2 ?

Trojan 1957 restauré par Phil

Trojan 1957 restauré par Phil

Ce n’est vraiment pas par manque d’ego, j’ai assez fait d’autres choses dans la vie pour ne pas avoir à prétendre que j’étais un bon batteur. Comme tu dis, j’étais très content de faire Starshooter, fier de cet héritage dont certains parlent encore aujourd’hui. On vient d’avoir huit pages dans Rock & Folk. Les gens se souviennent de nous et cela me fait très plaisir.

Avec une vraie dignité, lorsque tant d’autres n’hésitent pas à titiller sauvagement la fibre nostalgique. Vous, avec Starshoote n’avez jamais transigé avec l’honnêteté.

La meilleure preuve d’honnêteté c’est que nous avons mis fin de nous-mêmes à un contrat en or qu’on avait chez CBS, parce qu’on l’avait toujours affirmé: à 26 ans, on était trop vieux. Et, quand même, la chance qu’on a après trente ans passés, c’est que Starshooter reste à jamais un groupe de jeunes. Il n’y existe que des photos de nous où nous avons l’air d’être des gamins. On est beaux, on est magnifiques. Regarde les dernières photos.

Comme le chantait Debbie Harry c’est « die young and stay pretty » ?

Exactly ! Avec Starshooter on s’est séparés en bonne harmonie les uns avec les autres. On n’a jamais accepté de se reformer, malgré le nombre vertigineux de demandes dans ce sens là.

Et de pognon, et de coups…

Jamais. il n’empèche que maintenant on est un des très rares groupes à rester éternellement jeunes . Y’a pas de retour qui tienne. Starshooter est là. On s’entend bien, c’est important. On ne s’est pas séparés par conflit, haine ou problèmes d’ego. On s’est séparés, car on a considéré qu’on était trop vieux pour faire du rock au-delà de 26 ans.

969800_637430229600982_2041333849_nPour le faire honnêtement.

Pour nous chanter « Nouvelle Vague » après 26 ans c’était pas possible. on l’a toujours dit et nous avons tenu notre position. C’est le bon point de Starshooter.

Donc tu revois les autres ?

Absolument. Toujours. Bon je vis en Californie et eux en France.

Pas pratique pour le brunch du dimanche ?

Non, mais on s’appelle, on se voit aussi parfois. On s’est revu une fois les quatre plus les managers, il y a quatre ou cinq ans. Au concert de Kent il y a un an et demi, j’y étais aussi. Jello était là également. Mickey n’a pas pu venir, mais si tu veux on n’a aucune raison de se voir régulièrement, mais aucune raison non plus d’en vouloir les uns aux autres. Au contraire, quand on est ensemble c’est à chaque fois un vrai plaisir.« 

Phil, GBD et le Humvee de Phil

Phil, GBD et le Humvee de Phil

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