DAMON ALBARN « The Nearer the Fountain, More Pure the Stream Flows »

Damon AlbarnL’époque Blur semble belle et bien révolue, Damon Albarn n’ayant à ce jour aucune intention de donner suite à cette belle aventure brit-pop qui marqua les 90’s. Reste donc aux fans de suivre les aventures du génial compositeur au sein de ses trois projets pop ambitieux : Gorillaz, The Good, the Bad and the Queen et aujourd’hui …ce nouvel opus solo doublé d’une contestable coupe « mulet » 

Damon Albarn Par Jean-Christophe MARY

Entouré du guitariste Simon Ton (The Good, The Bad & The Queen) et du pianiste et arrangeur Mike Smith (Blur et Gorillaz) « The Nearer the Fountain, More Pure the Stream Flows » sonne comme une ode orchestrale et pastorale dédiée à la nature. Véritable architecte sonore, Damon Albarn construit, innove, continue de dessiner les lignes d’une pop jazzy symphonique dont lui a seul le secret où viennent se greffer clavier, guitares, piano épuré le tout parsemé de notes de saxo et autres sons surprenants. Ces 11 pièces instrumentales nous ouvrent en grand la porte des rêves, une porte ouverte sur la nature, les grands espaces. Et ça commence dès le premier titre. L’auditeur est porté lentement vers une impression de douceur et de sérénité comme s’il baignait dans un long sommeil hypnotique. Sur « The Cormorant », la voix aux intonations langoureuses, sonne comme du David Bowie sous hypnose, nous entraine dans une ballade intemporelle, avec ces notes de synthès cristallines, ces sonorités légères et délicates qui voguent au gré du temps et de l’instant. Et voilà que le jazzy et noisy « Combustion » nous tire de nos rêveries, nous prend par surprise, nous violente, nous happe littéralement avec ce saxo devenu soudain fou, avec ces glissandos de piano dissonants.

Damon AlbarnSur le touchant « Daft Wader » ou le subtil « Darkness to Light », voilà que l’auditeur s’abandonne sans réserve pour descendre deux paliers plus bas dans une sorte d’introspection solitaire, dans une nuit sans fin. Entre accalmie et puissantes montées d’adrénaline, l’ensemble de l’album flotte hors de l’espace et du temps, change de forme, glisse dans des espaces ouverts, où bien se ressaisit à grand renfort de rythmiques chaotiques et de claviers analogiques. À l’image du rocher sur la pochette, ces paysages sonores mélancoliques apaisés servent d’appui à des textes qui évoquent le spleen, le chagrin, la solitude, la dégradation de l’environnement mais qui délivrent aussi des mots réconfortants, comme un baume pour guérir nos maux. Ce nouvel album est un étonnant exercice de style, une bande son à la musicalité expérimentale qui renvoie à l’irréel, à la magie, à l’intemporel. On adore…malgré l’horrible coupe « mulet » de l’intéressé 

 

 

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