ROSENTHAL « Réexistence »

Certes, l’accent n’est pas exactement celui de Chelsea, plutôt même un peu celui de l’inspecteur Clouseau, lorsqu’ils vocalisent parfois en anglais, mais peu importe. Légendes de la scène de Dunkerque depuis l’aube des années 80, contemporains donc de Little Bob ou des mythiques Dogs, les Rosenthal ont su faire vivre leur beat sans concession à travers toutes ces décennies. La preuve par ce nouveau concept-album, au titre néologisme de « Réexistence », riche de 14 compositions, aux beats furieusement éclectiques, qui donne ses lettres de noblesse au rock Hexagonal.
Intemporel… c’est le premier qualificatif qui nous vient à l’esprit en découvrant ce « Réexistence » dès le titre qui ouvre l’album justement intitulé « Think About the Begining ». Puis on enchaine avec le joyeux et tubesque « Une nuit à l’hôtel » qui nous ramène tout droit à la Genèse du rock Français façon « Hygiaphone » de Téléphone mâtiné de « haaaaaa » aux accents glam rock à la Sweet… sans oublier un poil de pub rock avec harmonica entre les Inmates et dr Feelgood. Puis on enchaine sur un titre aux vibes carrément entre les Ramones et le Clash intitulé « I Wanna Living to Rock and Roll »… par contre d’un anglais totalement approximatif puis que l’IA répond : « No, « I Wanna Living to Rock and Roll » is not correct English »…heureusement l’énergie se fiche pas mal de la grammaire. Cool et retro « American Graffiti », vocalisée en français, parie sur la nostalgie 60’s lorsque « Come See Me » me rappelle étrangement les Dogs du regretté Dominique Laboubée et que pour sa part l’ego-trip « Ils m’aiment comme des bêtes » qui sonne presque comme du ABDD nous fait bien marrer.
Très rock années 80 « Poupée mécanique » enchaine avec un joli cover du « Shaking All ver » de Johnny Kidd & the Pirates, popularisé par les Who. Puis « Par plaisir » nous ramène again aux années dandies dorées des Dogs avant le tribal Crampssien « Stranded On the Sand » quand l’énergique « La déveine » me rappelle un peu tous ces groupes en « St » comme Strychnine, Stalag ou les Stilettos au début des 80’s. Sans doute mon favori, le très british « Heartache » étincelle à la manière d’un « Waterloo Sunset » des Kinks, lorsque la suivante « Flash and Crash » lorgne plutôt du côté psychédélique acidé des groupe « summer of love » de la mythique compilation « Nuggets ». Retour au style British avec le très Who « Porch Number Fifty Six » Surprenante incursion vers le flamenco avec « Pourquoi » avant l’énervée chanson-titre « Réexistence » pour que tout s’achève finalement en douceur avec la presque pop « Demain matin ». En conclusion, on peut dire que Rosenthal signe ici un concept-album voué au culte du Dieu rock and roll ,riche et fier de ses influences anglo-saxonnes qui inspirent si bien ses racines françaises.
