ROMANCE « Promis ce soir »

RomanceMais non… quelle incroyable surgissement d’entre les cendres, je me disais saperlipopette tel le phénix Radio Romance, la fugitive formation 80’s de Laurence Romance s’est reformée. En fait, non… quoi que… puisque Romance, sans aucun rapport avec ma consœur, est un nouveau groupe parisien… néanmoins particulièrement ancré dans la punkitude et le rock de l’aube des années 80, un surprenant OVNI sonique bien anachronique… qui mérite donc largement cette chronique !

RomanceHey ho … let’s go, on peut dire que les Romance, à des années-lumière des nouveaux romantiques, ont plutôt résolument adopté le format Ramones puisque l’écrasante majorité des 11 titres de ce CD inaugural ne dépasse jamais le seuil fatidique des quatre minutes. On peut donc parler d’une « Hey ho … let’s go » attitude de la part de ces cinq musiciens frenchies trentenaires et manifestement ivres d’une incontestable nostalgie pour la rébellion punk née à la fin des années 70, donc indiscutablement bien avant leur naissance.

Et tout démarre sur des chapeaux de roues avec « Alizée » au furieux retro speed quelque part entre Téléphone et La Souris Déglinguée voire Oberkampf. Puis sur « Méhari » la voix à la Olive de Lili Drop du chanteur assume aussi son influence David Bowie en incroyable flash spatio-temporel, pour une cool compo bien nerveuse rock qui donne carrément envie de découvrir la suite de l’album. On n’est pas déçus car « Le net » marque un franc retour à la punk-rock attitude façon Olivenstein/ Dogs… mais aussi rock and roll baroque à la ABDD sans oublier un petit coté British des Buzzcocks ou des Undertones avec en cerise sur le cake un je ne sais quoi se « Dancing With Myself » de Billy Idol dans le background. Mais on se laisse vraiment séduire par cette Romance avec « Cigarettes et verveine », au chant précieux, presque décadent comme un Patrick Juvet sous LSD les deux doigts dans la prise de courant ou un Jean Louis Aubert rajeuni de 40 ans, en tout cas c’est une bien cool composition. Tout comme cet « Arkansas » à la délicate guitare country, une balade rock sans doute inspirée des nombreux westerns absorbés au fil des ans avec de surcroit un petit coté misfit déclassé à la Jean Louis Murat.

Romance« Sueurs froides » est un retour à la case rock destroy, hanté par le mythe des héros maudits du 27 club… le tout en moins de deux minutes chrono. « Aventurier » non, pas celui d’Indochine, mais plutôt proche de Lili Drop, de Jad Wio  et de Daniel Darc pour ce qui constitue sans doute le hit de l’album avec une mélodie catchy qui rentre si habilement dans la tête porté par son petit solo de saxe mélancolique. « Je suis coupable » marque un retour à la case Buzzcocks et punk wave, avec un je ne sais quoi des Stranglers et d’arrogance post adolescente. On se surprend à succomber à cette urgence rock en moins de 3 minutes. Après la love song déconstruite « Combien tu prends », on adore « D’la faute à moi » un quasi a capella sur fond d’harmonium, pour une balade rock climatique sur un mode sixties rétro cool entre Kinks et Small Faces : un des tops incontestables de ce CD. Enfin « D’yeu que pour toi » guitares nerveuses pour une compo super catchy quelque part entre les Ramones et les Dogs qui perpétue l’éternel jeu de l’amour et du hasard d’une adolescence forcément aussi espiègle que nostalgique… et ça marche, la preuve on s’y laisse prendre. Et on en redemande.

 

 

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