POUR TOUTE LA POP MAGIQUE DE SQUEEZE

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Squeeze

Voici trente ans, jour pour jour, je publiais dans BEST ma seconde interview d’un de mes groupes British fétiches, Squeeze. Une passion partagée depuis 1981 avec mon Rédacteur en Chef Christian Lebrun qui avait lui-même chroniqué leur emblématique « East Side Story » (produit par Elvis Costello) dans les colonnes du « meilleur » mag de rock hexagonal…ever ! Rencontre en flash-back majeur avec Chris Difford et Glenn Tilbrook, les Lennon-McCartney de Squeeze après un sublime show donné à guichets fermés au légendaire Hammersmith Odeon de Londres.

 

Squeeze 85Groupe londonien par excellence, Squeeze avait emprunté son patronyme au dernier album « maudit » du Velvet Underground sorti après le départ de Lou Reed et de John Cale. Et c’est justement le vibrant John Cale qui avait produit leur tout premier 33 tours intitulé « Squeeze ». Fan de chats en général, et du mien en particulier, j’avais été alpagué dés sa sortie par la fantastique chanson-titre de leur second LP et par conséquent le premier hit de Squeeze intitulé « Cool for Cats ». Depuis que les Beatles avaient choisi de se mettre aux abonnés absents au tournant des 70’s et que j’avais bien assimilé que les Canadiens de Klaatu (« Calling Occupants of Interplanetary Craft ») n’étaient en aucun cas les Fab Four reformés, jamais aucune formation pop anglaise n’était parvenue à approcher leur quintessence harmonique…sauf Squeeze ! C’est ce qui avait justement séduit Christian et moi. Sauf qu’en 82 Difford et Tilbrook avaient sabordé leur vaisseau amiral pour publier un album solo…en duo. Mais, hélas, le LP « Difford &Tilbrook » était franchement moins abouti que leur sémillante formation du quartier de l’est londonien de Deptford. D’ailleurs, nos deux pop héros l’ont bien compris puisque fin 85 après un concert de charité, Squeeze au grand complet, tel le Phénix, renait de ses cendres pour retrouver le chemin du studio. Seul le bassiste John Bentley sera remplacé par celui qui lui a succédé sur l’album « Difford &Tilbrook » Keith Wilkinson. L’album « Cosi Fan Tutti Frutti » sort fin 85 tandis que Squeeze s’embraque pour une méga tournée british qui s’achève en apothéose au Hammersmith Odeon sous les yeux et les oreilles ébahis de l’envoyé spécial de BEST, un certain GBD ! Pour faire court, Squeeze splitera à nouveau en 99…avant de se reformer pour la seconde fois en 2010. Leur dernier album « Cradle to the Grave »  est sorti l’an passé et aux dernières nouvelles Difford, Tilbrook et leurs copains continuent à tourner de temps à autre.squeeze_cool_for_cats

 

Publié dans le numéro 212 de BEST sous le titre:

SQUEEZE MARK 2

 

Depuis le split des Beatles et la tapisserie de Bayeux, jamais la pop music n’avait été aussi performante. Mélodies à fleur de peau, spleen ado aux couleurs pastel, Squeeze au fil des hits a su imposer sa nouvelle définition du romantisme post Byron. Le Beau défie le temps, mais la fragilité reste le corolaire de sa force: Squeeze s’est sabordé à la frontière du succès de masse. Exit. Puis Chris Difford et Glenn Tilbrook ont ensuite tenté l’aventure du duo, déboussolant la vague montante des aficionados de Squeeze. Éloge de la confusion, un flop plus tard, Squeeze renait. Au creux du sillon et sur les planches de l’Hammersmith Odeon, il retrouve même Jools Holland, son bouillant clavier-VideoJockey de Channel Four TV (Live with Jools Holland) depuis « Another Nail ln My Heart ». Pourquoi la jouer simple lorsque le compliqué est d’une titillante exaltation?

« La décision de dissoudre le groupe s’est prise à Paris lors du concert du Palace, en 83 ». Calé dans son fauteuil de velours, Chris Difford traine toujours son accent South London. « Dans le train qui nous ramenait de RFA, avec Glenn nous faisions le bilan des années Squeeze et il n’était guère positif. Nous enfilions les albums sans nous laisser aucun recul. On ne s’est jamais offert le luxe de regarder rétrospectivement notre «art»; dommage, car certaines chansons auraient pu être améliorées. Pour oublier l’univers implacable des groupes pop, Glenn et moi avons travaillé durant trois mois sur notre comédie musicale « Labelled With Love» avant de monter le duo Difford – Tilbrook.» Un LP, un US tour et un ratage plus tard, Chris se livre à une sérieuse autocritique: « Difford and Tilbrook, quel nom tristement ennuyeux pour un nouveau groupe issu de Squeeze! » Les chansons étaient bonnes, mais la production trop empirique. Pour sa réincarnation, Squeeze s’est offert LE Laurie Latham de Paul Young et ce titre « Cosi Fan Tutti Frutti » inspiré à la fois par Mozart et Little Richard.

Made in Paris

Squeeze 1st« Le split et la reformation ont surpris, désarçonné notre public, mais ça rend les choses encore plus excitantes. Squeeze s’est retrouvé grandi par l’aventure», reprend Difford. C’est vrai, hier soir le show à l’Hammersmith était parfait, rien à voir avec l’énergie minimaliste du duo au Palace de LA l’an passé. Rodé, incisif, mais tendre, Squeeze reflète la tradition pop british qui ne reniera jamais la guitare électrique pour le synthé Fairlight-à-tout-faire. Et comme le romantisme déborde dans la CEE, Difford le titi londonien rêve d’enregistrer … à Paris.

« C’est une ville qui me subjugue et je :n’ai jamais pris le temps d’y vivre. Je crois que le prochain Squeeze se fera chez vous à partir d’une série de concerts enregistrés en vingt-quatre pistes. Tous les nouveaux morceaux seront gorgés de cette atmosphère parisienne. Je pars d’ailleurs cette semaine à Bruxelles pour en discuter avec notre producteur, Lol Latham. Je pense qu’on gardera la basse, la batterie et les voix du son live, mais toutes les guitares et le piano seront recréés en studio par overdub. »Squeeze Best

Loin de la Tamise, Chris Difford ne craint-il pas de perdre le feeling si typique du South London, la substance de Squeeze? « Pas du tout », réplique-t-il, « lorsque je m’éloigne de Londres pour écrire, je peux exacerber toutes les images que j’ai dans la tête. Londres est une toile de maître; en s’en éloignant un peu, certains détails sont mis en valeur et fouettent mon imagination. La preuve, « Argybargy» a été enregistré à New York. Je crois que Paris m’ offrira la trame idéale pour une nouvelle écriture. Bien qu’il ne soit pas parisien, je songe à Jacques Brel et sa passion enflammée. Je pense aussi à Édith Piaf, car sans son background froggy de fille des rues, jamais elle n’aurait été aussi fascinante. »

Chris Difford écrit pour Kiki Dee, Tilbrook produit The Tempest, un groupe de Liverpool. Quant à Jools, le clavier, son rock show hebdo ne lui permet pas de s’engager dans l’aventure d’une méga-tournée. Squeeze en profite pour respirer. Rendez-vous à Paris au printemps, si vous voulez participer live à la naissance de leur petit nouveau.

Publié dans le numéro 212 de BEST daté de mars 1986BEST 212001

 

 

 

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