PIJON VOLE !

Partager

 

Pigeon or not Pijon ;) 

Voici 30 ans dans « Le Rock d’Ici » de BEST, GBD pariait sur l’une des figures les plus prometteuses du rock hexagonal de cette année 1987, j’ai nommé Jérôme Pijon- devenu depuis Jérôme Pigeon-. Avec son maxi 45 tours « Cache Cache Party » et toute son énergie ce jeune Pijonneau faisait souffler un incontestable vent de fraicheur sur notre bon vieux rock hexagonal. Flash-back…

 

 

Pijon par Claude Gassian

Pijon par Claude Gassian

Un maxi solide, un premier album très cool, pourtant malgré tous ses atouts Pijon le rocker n’aura jamais vraiment réussi à prendre son envol. Pas grave, quand on est un authentique amoureux de la musique, ce qui est son cas, on trouve toujours un chemin de traverse à emprunter pour assumer sa passion. Après le rock, Jérôme tombe éperdument amoureux…de la musique brésilienne. Devenu DJ, sous le nom de Pigeon, il ouvre à Paris son lieu emblématique La Favela chic, fameux bar de la rue Oberkampf, flairant avant tout le monde le potentiel branché de cette rue du 11éme arrondissement. Puis la Favela déménage à République, juste à côté du Gibus avant de s’expatrier une première fois à Londres, puis enfin à Rio où notre Pijon/Pigeon se pose quelques années sous le pseudo Gringo Da Parrada. De retour à Paris, mais toujours DJ, Pigeon n’a décidément pas fini de nous surprendre.

 

Publié dans le numéro 225 de BEST sous le titre :

 

PIJON A TOUT PIGÉ

pijon

Pijon vole… vers la cime des charts. Dans la vie, lorsqu’on porte le doux patronyme de Jérôme Pijon, le génie c’est d’avoir l’étincelle de génie en classe, d’oser s’asseoir à côté d’un type appelé Michel Hareng pour qu’ il récolte seul toutes les mauvaises vannes. Boucle d’oreille, cheveux noirs en bataille rangée, vif comme Billy le Kid et épaulé par l’ancien gang du groupe les Civils (NDR : la formation éphémère du désormais fameux chroniqueur bouffe Vincent  Ferniotsorti sur le label Mannekin de Taxi  Girl ), la guitare en avant comme à la manif, Pijon balance cette irrésistible gâterie pop/ rock, son  précieux single « Cache-Cache Party ».

« Je suis né le 5 décembre 65, le jour où de Gaulle était en ballotage » , raconte Jérôme, « pendant huit ans, j’ai fait partie d’une annexe des Petits Chanteurs à la Croix de Bois, St-Christophe de Javel. Mes parents étaient athées, moi aussi. Mais c’était presque comme un groupe de rock. »; Premier gig en 77, Jérôme à 12 ans « ouvre» pour le Pape, à Rome devant 100 000 spectateurs. « On était en robe, t’imagines, c’était plus punk que de porter un iroquois », reprend Pijon, « C’était super, on passait notre temps en tournée et on dormait chez l’habitant. Ils nous prenaient pour des petits saints, les pauvres. En tout cas, ça m’a donné l’habitude de consacrer du temps à la musique et le goût des répètes. À la maison, j’écoutais le rock des parents ( NDR: Son père est le journaliste radiophonique Gilles Schneider). Ils étaient fans de Dutronc, des Beatles, des Stones, des Who, de Gainsbourg… Un jour j’ai craqué sur « You Can’t Always Get What You Want » que les Stones avaient enregistré avec la version british des Petits Chanteurs pour faire les choeurs. Moi, j’ai proposé aux Javeliens de reprendre le « A Day ln A Life » des Beatles », mais comme ils refusaient, je me suis barré. Par dépit, je me suis payé une imitation Gibson à 400 balles et j’ai monté mon premier groupe avec des potes de maternelle. On ne savait rien faire. On avait chacun nos guitares et à l’attaque. ».

« Cache-Cache Party »

Pijon

Six groupes plus tard, Pijon se retrouve en 84 sur la scène du Gibus. Soirée spéciale Jack Lang au pays du rock and roll, courtesy of Jiri Smetana (voir sur Gonzomusic, https://gonzomusic.fr/au-revoir-ami-jiri.html ) le maître des lieux qui avait aussi convié l’ex-manager de Taxi Girl. « Juste après le gig, Alexis est venu me voir dans la loge », se marre Pijon, « genre grand seigneur, il m’a toisé et m’a dit: « Qu’est-ce que tu fais la semaine prochaine ? Si on faisait un disque». C’était la totale, le plan rock and roll années 60. Pour mon premier 45 tours, je me suis retrouvé au studio du Palais des Congrès  regarder le foot à la télé entre Simon Le Bon et Mick Jagger ». Ce tout premier single intitulé « Vies parisiennes» fût un flop total, mais il aura permis à Pijon de piger certaines choses cruciales. « C’est à ce moment que j’ai compris qu’il fallait que j’arrête de zoner avec cinq cents musicos différents pour me constituer un vrai groupe. J’ai signé chez Phonogram, sur des maquettes enregistrées dans ma chambre sur un porta-studio 4 pistes ( NDR à cassettes), en leur demandant de me laisser le temps de monter ma structure. Grâce à Jessica Forde- qui joue sur mon clip – j’ai rencontré Frank l’ex-guitariste des Civils et tout s’est passé très vite. Frank travaillait avec son collègue bassiste, le Civil José. Ils ont écouté mes maquettes et à l’assaut. On avait un tel dynamisme à nous trois qu’on a décidé de se produire nous-mêmes. La musique, c’est 100% de notre temps. On sort de répète, on va aux concerts ensemble. Je suis très peace and love, j’ai besoin de travailler dans l’amour. ». Depuis l’âge de 14 ans, Pijon écrit au moins une chanson par mois. « Cache-Cache Party » n’est donc que l’arbre qui cache-cache la forêt, oh  yeah ! 

Publié dans le numéro 225 de BEST daté de mai 1987

BEST 225 mai Small

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *