MADONNA « Confessions II »

Madonna Vingt ans après « Confessions on a Dance Floor », Madonna retrouve son complice Stuart Price pour une suite aussi audacieuse qu’émouvante. Plus qu’un clin d’œil à son chef-d’œuvre de 2005, « Confessions II » est un disque incandescent, personnel et dansant, sans doute son meilleur depuis près de vingt ans, s’il faut en croire JCM notre confesseur en chef qui n’est pourtant ni con ni même fesseur…mais plutôt un fan enamouré de la Diva Ciccone !

Madonna Par Jean-Christophe MARY

 

 

Il y a des albums qui marquent une époque. Et d’autres qui réussissent l’exploit, vingt ans plus tard, de leur offrir une véritable suite. Comment prolonger l’un des plus grands albums pop des années 2000 sans sombrer dans la nostalgie ? La réponse par « Confessions II ». Quelques semaines après la réédition anniversaire de « Confessions on a Dance Floor » dont nous avions parlé ( Voir sur sur Gonzomusic  MADONNA « Confessions on a Dance Floor”  ) la chanteuse américaine reprend le fil de cette aventure avec un disque de seize titres qui retrouve l’énergie irrésistible de son aîné tout en lui apportant une profondeur nouvelle. Aux commandes, Stuart Price, l’homme qui avait façonné le son de Confessions, retrouve une Madonna inspirée, libérée et…. étonnamment sincère. Dès « I Feel So Free », Madonna  ( Voir sur Gonzomusic  https://gonzomusic.fr/?s=Madonna ) est de retour sur son terrain de jeu favori. Les synthétiseurs brillent, les basses bastonnent, les morceaux s’enchaînent comme un DJ-set parfaitement construit. House, disco, électro, pop et clins d’œil aux clubs new-yorkais des années 1980 composent une bande-son euphorique qui donne immédiatement envie taper du pied et de danser. Mais derrière les rythmes se cache un album bien plus personnel qu’il n’y paraît. Là où Confessions on a Dance Floor célébrait avant tout le plaisir de la fête, Confessions II regarde davantage du côté des émotions. Madonna parle de ses blessures, de sa famille, de ses souvenirs et même de ses deuils avec une franchise rarement entendue chez elle. Cette sincérité constitue sans doute la plus grande surprise du disque. Comme si Madonna regardait son passé pour mieux avancer.  Musicalement, « Confessions II » ressemble à une promenade à travers toute la carrière de Madonna. On retrouve la sensualité d’ « Erotica », les nappes électroniques de « Ray of Light », les atmosphères plus feutrées de Bedtime Stories, sans jamais avoir le sentiment d’écouter une simple compilation de souvenirs. Le premier grand tube en puissance » Bring Your Love », enregistré avec Sabrina Carpenter est un titre house solaire, immédiatement accrocheur, qui rappelle les meilleures productions dance des années 1990.

 

Madonna Puis arrive « Danceteria », probablement le sommet de l’album. Madonna y replonge dans le New York de ses débuts, celui des nuits passées au Paradise Garage, au Roxy ou à la Danceteria. Elle y évoque ceux qui ont accompagné ses premiers pas — Mark Kamins, Maripol, Debi Mazar ou Jean-Michel Basquiat — dans un morceau aussi dansant que nostalgique. Le disque change ensuite progressivement de couleur. « Love Sensation » et « Love Without Words » dévoilent une Madonna apaisée, presque tendre, qui célèbre un amour capable de réparer les blessures plutôt que de nourrir les conflits. Avec « Fragile », Madonna évoquer avec pudeur la disparition de son frère Christopher. Peu de mots, des arrangements minimalistes et une émotion tout en retenue. Dans « My Sins Are My Savior », elle retrouve la sensualité sombre d’ « Erotica », tandis que « Betrayal », porté par une élégante production trip-hop, laisse transparaître une certaine colère contenue. Mais c’est « The Test », enregistré avec sa fille Lourdes Leon, qui bouleverse le plus. Les deux voix dialoguent dans ce qui ressemble à une réconciliation familiale mise en musique. Enfin, « L.E.S. Girl » ferme le rideau avec délicatesse. Madonna y revient sur ses années de galère dans le Lower East Side, les petits appartements, les fins de mois difficiles et les rêves immenses d’une jeune inconnue venue conquérir New York. Une conclusion pleine de nostalgie qui donne au disque une dimension autobiographique. Warner n’a pas fait les choses à moitié. L’album est disponible en CD et en vinyle douze titres, tous deux présentés sous la forme d’un mix continu fidèle à l’esprit de « Confessions on a Dance Floor ». Les collectionneurs pourront également se tourner vers les éditions deluxe en double vinyle rose, CD livre ou cassette translucide, enrichies de quatre titres supplémentaires. À 68 ans, Madonna n’a plus rien à prouver. Pourtant, elle signe avec Confessions II ce que beaucoup n’espéraient plus : un grand album de Madonna. Pas un disque qui cherche à suivre les modes, mais une œuvre profondément personnelle où la danse retrouve son pouvoir d’émotion. Plus intime, plus cohérent, plus inspiré que ses productions récentes, « Confessions II » rappelle pourquoi Madonna est devenue la reine de la pop. Elle ne se contente pas de regarder dans le rétroviseur : elle transforme son histoire en musique et prouve, une fois encore, qu’elle reste capable de surprendre. Son meilleur disque depuis vingt ans. Et, sans doute, l’un des plus personnels de toute sa carrière.

 

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