So long policeman Victor Willis !

Victor WillisIl incarnait alternativement le policeman ou l’officier de marine et s’était récemment distingué en soutenant avec son nouveau meilleur pote Donald Trump que Village People en général et « Y.M.C.A. », en particulier ne célébraient pas le culte de la culture gay, ce qui est bien entendu totalement faux. Anyway le débat est hélas clôt puisque Victor Willis est décédé des suites de ce que sa famille a décrit comme une maladie brève mais foudroyante. Il avait 74 ans. Même s’il avait mal tourné, en mettant finalement son pouvoir au service du côté obscur de la Force… RIP !

Victor WillisNé à Dallas en 1951 et élevé en Californie, Victor Willis s’est d’abord adonné au théâtre, jouant notamment dans des shows comme *The Wiz*, dérivé du film avec Michael Jackson et Diana Ross, avant d’être recruté à la fin des années 1970 par les producteurs français Jacques Morali et Henri Belolo pour devenir la figure de proue de ce qui allait devenir l’un des groupes les plus emblématiques de la disco-music avec leurs hits qui agitaient les clubs. Avec « Y.M.C.A. » ( Voir sur Gonzomusic   « YMCA » gay or not gay…  that’s the question  ), Willis est devenu le chanteur principal, contribuant à transformer les Village People — initialement un projet conceptuel de studio — en un phénomène international. Les costumes, les personnages et les tubes disco contagieux du groupe en ont fait des ambassadeurs culturels inattendus à l’apogée de l’ère disco.

 « Nous avions terminé notre [troisième] album, *Cruisin’*, et il nous fallait une chanson supplémentaire pour compléter le disque », se souvenait David Hodo, membre du groupe. « Jacques a écrit « Y.M.C.A. » en une vingtaine de minutes — la mélodie, le refrain, la structure de base. Puis il l’a confiée à Victor Willis en lui disant : « Complète le reste. » J’étais un peu sceptique quant à certains de nos tubes, mais dès que j’ai entendu « Y.M.C.A. », j’ai su que nous tenions quelque chose de spécial. Parce que cela sonnait comme une publicité. Et tout le monde aime les publicités. »

 Il a ajouté que la chanson « a assurément une origine gay. C’est ce que Jacques avait en tête en l’écrivant, car notre premier album [*Village People*, sorti en 1977] était peut-être l’album le plus ouvertement gay de tous les temps. Je veux dire, regardez-nous. Nous étions un groupe gay. Alors, la chanson a-t-elle été écrite pour célébrer les hommes gays au YMCA ? Oui. Absolument. Et la communauté gay l’adore. »

 

Victor WillisLa contribution de Willis allait bien au-delà de son rôle sur scène en tant qu’interprète original du personnage du policier. Selon les témoignages recueillis, il a écrit une grande partie des paroles de « Y.M.C.A. », cet hymne de 1978 inspiré par la culture des YMCA new-yorkais, devenu l’une des chansons les plus emblématiques de la musique moderne. Ce titre, ainsi que les autres chansons mentionnées, a constitué un répertoire qui a largement survécu au rejet du disco ayant mis fin à la première période d’activité du groupe. Par la suite, Willis est devenu une figure centrale d’une importante bataille juridique concernant les droits des auteurs-compositeurs. En 2013, il a invoqué avec succès les dispositions du droit américain relatives à la résiliation des cessions de droits d’auteur pour récupérer des parts de propriété sur des dizaines de chansons écrites avec Morali et Belolo, notamment « Y.M.C.A. » et « In the Navy ». Cette victoire a marqué un tournant dans le débat permanent sur les droits des artistes et la propriété de leurs œuvres. Willis a également exprimé ouvertement son désaccord quant à l’utilisation de la musique des Village People dans la sphère politique. En 2020, il s’est d’abord publiquement opposé à l’utilisation de chansons du groupe lors des meetings de campagne de Donald Trump, affirmant qu’il ne soutenait pas la candidature de ce dernier…  avant de se raviver plus tard lorsque le jackpot des royalties générés par l’usage qu’en a fait Trump à ses meetings a commencé à tomber. Ce différend a mis en lumière la trajectoire singulière de chansons comme « Y.M.C.A. », passées du statut de tubes disco à celui d’éléments culturels omniprésents, adoptés par toutes les générations et désormais vecteur de bien des clivages politiques.

 

 

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