BROOKLYN FUNK ESSENTIALS « Black Butterfly »

Brooklyn Funk EssentialsTout est dit dans leur patronyme: Brooklyn comme leur origine, funk comme leur religion sonique plus essentiels comme leur fusion intense de la musique noire des 60 dernières années à travers ses différents avatars Jazz, blues, R’n B soul et funk. Mais au-dessus de tout cette promesse toujours tenue d’aller à l’essentiel.  La mythique formation réunie par Arthur Baker en 1993 nous livre leur surpuissant 8éme album où elle vampirise avec art quelques funkeurs aussi cruciaux que virtuoses de Curtis Mayfield à Donna Hathaway en passant par Kool and the Gang, Chic, Earth Wind & Fire, the Commodores, les Brothers Johnson et même Fela et les Talking Heads.

Brooklyn Funk EssentialsDès le premier titre « 77 Blackout », pulsé par les cuivres sur un pur groove façon blaxploitation entre Curtis ( Mayfield) et Isaac ( Hayes), avec un je ne sais quoi du « Roadrunner » de Junior Walker & the All Stars, BFE nous entraine dans une  étourdissante jam session, ponctuée de messages nous téléportant en mode Back from the future sur la fameuse panne de courant de New York les 13 et 14 juillet 77. Fiat lux… la suivante « Bust the Bust Stop » balance joyeusement entre le « Car Wash » de Rose Royce, Kool and the Gang  et Chic, tel un nouveau « Soul train » qui poursuit son implacable cadence avec ce titre aussi fun que néo disco. Puis avec « Never Give Up » nos BFE se muent en mutants de Sister Sledge, de Earth Wind & Fire et des Commodores et font couler le bon temps funky comme s’il ne s’était jamais vraiment arrêté. « Voodoo Gates » l’enivrant instrumental plus afro jazz aux percus indomptées sonne terriblement comme un hommage à l’afro-beat du regretté Fela Ransome Kuti que j’ai bien connu jadis. Avec « Come Back For Real Love », là on flirte carrément avec le sonic groove des Brothers Johnson piloté par le magique Quincy ( Jones) La suivante « Shameless » sonne bien plus jazz rock à la Weather Report et  Ohio Players. Mais c’est avec cette étourdissant cover du fameux « Life During Wartime » des Talking Heads, qui démarre plutôt comme le « Jingo » de Santana avant de plonger dans un torride funk tropical, que Brooklyn Funk Essentials crée vraiment la surprise, lorsque « The Girl Fron Outer Space » est une soul chaloupée à la fois électro et climatique. Enfin la chanson-titre « Black Butterfly », cool et sensuelle balade mélancolique au super solo de trompette, au feeling laid back entre Donna Hathaway et Erykah Badu  clôt cette belle aventure. Toute cette blackitude majeure est à expérimenter en concert le 2 juillet prochain sur la scéne du New Morning…  et comme le disaient si bien les poètes de la seconde partie du XXéme siècle E,W & F… let’s groove !

 

 

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.