L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE

The_AssemblyVoici 42 ans dans BEST GBD participait à cette cruciale Assemblée réunie par Vince Clarke. En effet, le co-fondateur de Depeche Mode, puis de Yazoo, s’est associé à Eric Radcliffe… yes, le même que sur le fameux LP de Yazoo «  Upstairs At Eric’s » pour fonder the Assembly, formation proteiforme dont le premier « invité » est nul autre que le charismatique Feargal Sharley l’ex-chanteur des vaillants Undertones. Et s’ils avaient ainsi inventé l’electro-rock ?

The Assembly by Jean Yves  Legras

The Assembly by Jean Yves Legras

Lorsque j’avais rencontré pour la première fois Depeche Mode ( Voir sur Gonzomusic  https://gonzomusic.fr/?s=Depeche+Mode ), au mythique Columbia Hotel de Londres, où TOTP logeait les groupes qui participaient à leur le show télé, juste après la sortie de leur premier LP, Vince Clarke avait déjà claqué la porte de la formation de Basildon, Kent. Quelque temps plus tard, pour le tout premier show de son nouveau groupe Yazoo, je rencontrais Vince Clarke accompagné d’Allison Moyet au Dominion theater  ( Voir sur Gonzomusic YAZOO « Upstairs at Eric’s » ). Deux ans plus tard, l’inventif et surdoué Clarke procédait au lancement réussi de the Assembly et je le retrouvais dans son église-studio… flashback !

 

Publié dans le N°: 186 de BEST sous le titre :

 

DEVINE QUI VIENT CHANTER ?

 

The Assembly

The Assembly

Un samedi, gris comme la pluie, dessiné par Albion, un taxi corbillard qui roule vers une église fantôme. A mes cotés, Monsieur V m’explique que les tubes s’obtiennent sans bosser. Et Vince Clarke et ses machines, s’ils raflent des hits, est-ce un pur effet du hasard ? L’église est parfaite : architecture début de siècle et lierre grimpant, Vince Dracula va-t-il nous offrir uncoup d’hémo ? Au Blackwing Studio, un temple reconverti, Vince et son ingénieur Eric C. Radcliffe copulent inlassablement avec [‘ordinateur pour produire les titres smashies de Yazoo et de ses nouveaux projets. Exit Yazoo, Geneviève Moyet voulait tourner, lui déteste la scène. La rupture consommée permet à Vince de se lancer dans sa nouvelle aventure : The Assembly. Radcliffe, drapé dans une longue cape noire, nous mène vers le Splendid, son domaine réservé, une aile qu’il vient de restaurer pour y planter un studio synthétique et sophistiqué. Pas de place pour y enregistrer une batterie ou une section de cuivre : normal, tout est dans la machine en langage basique. D’abord le Fairlite, la plus prodigieuse des créatures, capable de moduler n’importe quel son existant sur un clavier. Couplé a un ordinateur, le Fairlite multiplie à l’infini son champ d’action. Est-il membre de I’Assemblée, comme Clarke ?

 

 » Vince Clarke : The Assembly, c’est surtout Eric et moi, en tant que membres permanents, et nous avons un chanteur différent à chaque fois. Ce sont des guest workers et le premier d’entre eux, c’est Feargal Sharkey des Undertones, Ce magazine, Number One (Salut en G-B), a publié dans ses télégrammes cette rumeur farfelue concernant une prétendue collaboration entre Feargal et moi. Entre temps, j’avais composé cette chanson, « Never, never », sans savoir qui la chanterait. Daniel {Miller, le P.D.G. de Mute) m’a dit : « Pourquoi ne pas suivre la rumeur ? » Et nous avons envoyé une bande a Sharkey, puis il est venu au Splendid faire une démo: c’était parfait, sa voix collait merveilleusement. Avec The Assembly, on crée d’abord la composition avant de lui greffer une voix et un visage sans discrimination : homme, femme ou hermaphrodite. Mais je ne sais absolument pas quelle sera la prochaine collaboration et celle qui viendra après. Si un jour nous faisons un gig, on aura vingt micros et vingt chanteurs sur scène. »

The Assembly Mais Vince ne cache pas le peu d’attrait que lui inspirent les planches. !l se plaint « Le dernier Yazoo tour en Angleterre m’a bouffé quatre mois de travail pour quinze dates qui m’ont fait perdre plus de dix batons. ». Geneviève ( Allison Moyet la chanteuse de Yazoo : NDR) , de son coté, est partie chez CBS ou elle doit enregistrer du rhythm and blues avec un producteur noir. Or tout le secret de Yazoo, c’était ce contraste entre le feu et la glace,la chaleur de la voix face à la froide technique des synthés. Vince ne s’en sort pas mal, la voix de Sharkey est assez étrange pour contraster avec ses séquencers. Mais The Assembly n’est pas le seul projet de Vince Clarke, notre vampire du son est assez vorace pour en croquer quelques autres : il a monté avec Radcliffe un nouveau label, Reset, véritable vivier pour leurs protégés synthétiques. Le premier d’entre eux, c’est un dénommé Robert Marlow, musicalement très proche du son Yazoo. Marlow est un vieux pote de Clarke, ils jouaient tous deux dans The Plan,un groupe inconnu. Marlow s’est aussi produit avec Martin Gore de Depeche Mode au sein de Film Noir, une formation pour le moins obscure.

Monsieur V brûle de savoir ce qui prime le plus chez Vince Clarke : le coté producteur ou le coté artiste ?

« C’est le même », rétorque Clarke. En ce qui le concerne, il n’a pas tort.Reset c »est « re-programmer »;c’est aussi son rôle lorsqu’il travaille sur ses chansons ou celles des autres.

« Ce qui est génial avec l’ordinateur continue Clarke, «c’est que, parfois, il te donne lui-même ses instructions si tu te trompes dans la manipulation : tu apprends au fur et à mesure avec lui. »

Vince utilise aussi un Roland MC4, le plus sophistiqué des sequencers puisqu’on peut le relier simultanément à quatre synthétiseurs. Et Vince Clarke, ne rêve-t-il pas la nuit qu’un cordon ombilical le relie à ses machines ?

 

Publié dans le N°: 186 de BEST daté de janvier 1984BEST 186

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