SYMPATHY FOR THE AI
Résumé des épisodes précédents : selon la conjoncture des multiples malversations du metaverse, GBD s’était fait enfumer comme le plus bleu des bleus en ayant confondu à l’insu de son plein gré une improbable et fucking convaincante IA particulièrement 70’s, avec le tout nouveau single bluesy des Rolling Stones « Rough And Twisted »… lequel était si peu folichon avec son côté fond de tiroir des sessions « Blue & Lonesome » que nos fameux Glimmer Twins se sont bien vite précipités pour nous offrir illico presto le bien plus sympatoche « In the Stars ». Cependant dans le même temps, le rocker-robot-clone publiait encore « Love Is a Giant » un faux Stones plus vrai que nature. Comment éviter de se faire piéger, comment faire la différence entre la rock-star et l’android ? Nous avons justement posé la question au Chat GPT… ett le matou nous a répondu !
« Please allow me to introduce myself
I’m a man of wealth and taste
I’ve been around for a long, long year
Stole many a man’s soul and faith »
Et si « Sympathy For the Devil » devenait « Sympathy For the AI » ? Le diable se situant justement dans les détails, jamais l’intelligence artificielle n’aura autant prêtée à confusion dans la musique. La preuve… Guitare, cri mutin de Jagger, boogie, harmonica, refrain entêtant catchy tous les ingrédients sont réunis dans ce vibrant « Love Is a Giant » … sauf que tout est fake, que les Stones n’ont jamais enregistré ce titre qu’on découvre d’ailleurs sur le compte Youtube du bien nommé Sounds of the Multiverse. Je m’étais déjà fait avoir une première fois ( Voir sur Gonzomusic That look of love des Rolling Stones ), or moi qui n’écoute jamais de musique via les plateformes, je découvre avec horreur qu’ aujourd’hui, près de la moitié des titres mis en ligne sur Deezer sont générés par l’IA. En effet ce service de streaming musical français indique qu’environ 75 000 nouveaux morceaux créés grâce à l’IA sont ajoutés chaque jour, soit 44 % du total. Deezer précise également que les morceaux générés par l’IA ne représentent actuellement qu’entre 1 et 3 % du temps d’écoute des utilisateurs. Le service affirme détecter et signaler 85 % des faux générés par l’IA, et les démonétiser. Deezer nous apprend en effet qu’il a mis en place un outil de détection de l’IA début 2025 et s’est engagé l’été dernier à taguer tout morceau signalé comme généré par l’IA. Le service a également réaffirmé son engagement en faveur de la transparence envers les utilisateurs, notamment en supprimant les recommandations algorithmiques de contenu généré par l’IA. Le plus flippant c’est que le chiffre de 44 % représente une forte hausse par rapport aux 28 % annoncés en septembre dernier, qui étaient eux-mêmes en progression par rapport aux 10 % de janvier. Car une étude Deezer de novembre dernier a révélé que 97 % des personnes interrogées « ne font pas la différence » entre la musique traditionnelle et la musique générée par l’IA. L’autre plateforme Spotify a confirmé qu’elle prenait des mesures contre l’IA en supprimant 75 millions de titres considérés comme du spam et en ciblant les usurpateurs d’identité. Cette annonce faisait suite à un rapport affirmant que des chansons générées par IA étaient mises en ligne sur les profils Spotify de musiciens décédés sans leur autorisation.

walls and brdges
Et pour revenir à ce « Foreign Tongues » des Rolling Stones, on ne peut que souhaiter qu’il soit bien meilleur et bien plus performant que son hideuse pochette signée du peintre américain Nathaniel Mary Quinn. Franchement, on est entre la caricature du dessinateur Français Morchoisne, ma pochette du pirate « Summer Reruns » des Stones de 73 acheté à LA en 74 … et celle du « Walls and Bridges » de Lennon aussi en 1974 pour le côté « bandes découpées »…Certes, le tout nouveau « In the Stars » a tout ce qu’il faut pour satisfaire ( ah ah aha) l’auditeur de base, avec sa collec’ de gimmicks à la Jagger/Richards. En attendant sa sortie le 10 juillet prochain, on apprend également que le 25 ème album des Rolling Stones compte quelques guests de marque, parmi lesquels Steve Winwood, Paul McCartney, Robert Smith et Chad Smith le batteur des Red Hot Chili Peppers. Et en parlant de batteur, justement Charlie Watts y fait également une apparition, enregistrée lors d’une de ses dernières séances d’enregistrement et réinjectée sur ce nouvel album… et quand il s’agit de faire du neuf avec du veux, on peut effectivement compter sur nos bad boys for ever.
Mais comme annoncé au début de l’article, j’ai effectivement demandé au Chat GPT
« Comment distinguer un vrai morceau des Rolling Stones d’un faux produit par l’IA? »
Et voici sa réponse in extenso…
Distinguer un vrai morceau des The Rolling Stones d’un faux généré par IA devient de plus en plus difficile, mais il existe plusieurs indices fiables. Le plus efficace est de combiner des vérifications “externes” (sources, crédits, plateformes) et une écoute attentive.
Vérifier si le morceau existe officiellement
Commence par chercher le titre sur les canaux officiels du groupe :
- site officiel des Rolling Stones
- chaîne YouTube officielle
- plateformes comme Spotify, Apple Music, Deezer, Qobuz
Si le morceau n’apparaît nulle part officiellement mais circule sur TikTok, YouTube ou SoundCloud avec des titres du style “new leaked Stones song”, prudence.
Regarder les crédits
Un vrai morceau récent aura presque toujours :
- des crédits d’auteurs/compositeurs,
- un label,
- une date de sortie cohérente,
- parfois des producteurs connus.
Les faux IA ont souvent :
- aucun crédit clair,
- des métadonnées vagues,
- des chaînes anonymes,
- des descriptions du type “made with AI” cachées en bas.
Écouter les détails vocaux
La voix de Mick Jagger est très reconnaissable :
- articulation nerveuse,
- placement rythmique très humain,
- petites variations naturelles de souffle et d’intonation.
Les voix IA présentent souvent :
- des syllabes “mangées”,
- des transitions trop lisses,
- une émotion uniforme,
- des consonnes étranges sur certains mots.
Un bon test : écouter au casque les fins de phrases et les respirations.
Observer la structure musicale
Les vrais morceaux des Stones ont souvent :
- un groove légèrement “imparfait”,
- des micro-décalages humains,
- des guitares qui se répondent naturellement.
Les productions IA ont tendance à :
- boucler des motifs trop proprement,
- répéter des progressions génériques,
- manquer de tension dynamique.
Beaucoup de faux “à la Rolling Stones” ressemblent à une caricature du groupe : harmonica + riff blues + voix rauque, mais sans personnalité réelle.
Vérifier l’historique du morceau
Si quelqu’un affirme :
“C’est un morceau inédit des années 70 retrouvé récemment”
cherche :
- interviews,
- archives,
- annonces du label,
- articles de presse musicale fiables comme Rolling Stone Magazine ou NME.
Un vrai inédit majeur laisse presque toujours une trace médiatique.
Signes techniques fréquents des morceaux IA
Quelques drapeaux rouges :
- batterie “plate” sans respiration,
- guitare trop quantifiée,
- paroles qui semblent plausibles mais creuses,
- changements de tonalité maladroits,
- mixage brillant mais sans profondeur.
Outils utiles
Tu peux aussi utiliser :
- Shazam : si rien ne ressort, méfiance (pas une preuve absolue).
- Discogs pour vérifier les discographies.
- WhoSampled pour retracer certaines versions ou remixes.
Et aujourd’hui, même les experts peuvent se faire piéger sur des extraits courts. Les faux IA deviennent surtout convaincants quand ils imitent une “version plausible” d’un artiste plutôt qu’une copie parfaite.
« Love Is a Giant »
https://youtu.be/ktbxQ2WZrXw?si=NnsDG6SzYLv8aU0d
