PATRICK JUVET « Mort ou vif »

Patrick JuvetEn réaction au déferlement de haine de quelques rockers au cuir trop endurci par le temps, réagissant à la mort de Patrick Juvet et à mon hommage, j’ai décidé de combattre le feu par feu en chroniquant le plus bel album du blondinet helvète , le brillant « Mort ou vif » de 1976, avec son casting de stars des studios de Los Angeles. Digne d’un LP de Christophe ou de Polnareff, ce 5ème, funky et lumineux 33 tours défie encore les décennies … and fuck tous les haters…

Patrick JuvetAprès la mort de Patrick Juvet, à seulement 70 ans, j’avais consacré un long article ( Voir sur Gonzomusic   https://gonzomusic.fr/adieu-a-un-bowie-frenchie-patrick-juvet.html ) en le comparant à un » Bowie francophone » pour ses cotés glams et androgynes. Quelle ne fut pas ma surprise de voir déferler une avalanche de post haineux de la part de vieux porteurs de Perfecto aussi sonotonés que sectaires… ce sont les mêmes homophobes qui auraient taxés Bowie de pédé à l’époque  ?  C’était mal juger le GBD entêté, qui a publié, en guise de chronique inaugurale, dans un numéro Rock & Folk du printemps 1980, la critique ( élogieuse de surcroit) d’un album de Sheila… produit par Chic, « King of the World ». Je récidive donc avec Patrick Juvet, dont j’avais acheté de mes deniers d’ado les trois 33 tours « Love », « Chrysalide » et cet excellent « Mort ou vif ». Et comme dans un très grand restaurant étoilé, je vais vous en décrire le menu. Tout d’abord, le lieu, un écrin doré et familier où j’avais coutume d’interviewer les groupes à LA : le Wally Heider studios, plus connu sous son autre sobriquet de Wally Heider Recording, sis au 1604 N Cahuenga Boulevard, Hollywood, à deux pas du Chinese Grauman Theater et du Walk of Fame. Cette année 76, le Starship (« Spitfire », Hot Tuna ( « Hoppkorv »), Tom Waits (« Small Change ») et Santana ( « Amigos ») y ont enregistré leurs albums. L’année suivante 77 c’est le « Rumours » de Fleetwood Mac et le « American Stars’n Bars » de Neil Young qui y sont capturés. Cela commence à vous parler ? Okay, le décor le plus emblématique n’est pas toujours la garantie du succés. Mais comme dans un film, le rôle du réalisateur se révèle toujours crucial. Et dans le fauteuil du producer, on retrouve un certain Jean Michel Jarre, fils de, qui n’avait pas encore publié son colossal et révolutionnaire « Oxygène ». C’est aussi lui qui signe les huit textes, toujours élégants, parfois carrément couillus et si émotionnels de ce « Mort ou vif ».

Juvet et Jarre

Juvet et Jarre

C’est enfin Jarre qui boucle le casting hollywoodien de cet LP hors-norme enregistré entre le 10 décembre 1975 et le 30 mars 76 avec, par ordre d’apparition à l’écran : un certain Larry Muhobera. Comme me disait Serge Gainsbourg : « tu vois mon p’tit gars… ce mec là… » a fait ses premières armes auprès d’un king… LE King, Elvis Presley avant de prêter son piano à Nancy Sinatra et Lee Hazlewood, Barbra Streisand, Neil Diamond… sur le classique « Summer Breeze » de Seals & Croft c’est son clavier qui fait ses gammes. Puis c’est au bassiste star de se mettre en piste. Celui-là je ne vous ferai pas l’insulte de vous dérouler son CV puisqu’il s’agit de Klaus Voorman… mais quand même, je ne résiste pas au plaisir de citer Lennon, Harrison, Starr… mais aussi BB King, Lou Reed, Frampton etc… Puis c’est au tour du batteur de ce super-group monté par Jarre et Juvet… un petit jeune, Jim Gordon… qui ne fût que batteur de Derek & the Dominos avant de faire « Pet Sounds » avec les Beach Boys, Jackson Browne, les Byrds, les Carpenters, Clapton, Joe Cocker… toute cette chronique ne suffirait pas à dépeindre ce batteur d’exception. Coté guitariste acoustique, c’est encore un sans-faute avec Dean Parks, qui a accompagné America, Joe cocker, les Crusaders, Kenny Loggins, Steely Dan, Aaron Neville et tant d’autres. À ses cotés, un certain Ray Parker qui démarrait à peine dans la musique et aussi Wah Wah Watson qui a œuvré avec Michael Jackson, Boz Scaggs, Stevie Wonder, les Temptations, Marvin Gaye, Quincy Jones…Et aux cuivres mister Ernie Watts aficionado des tournées Rolling Stones, le (mal) nommé Jim Horn saxe-symbole multi-cartes.

Là aussi vous allez rétorquer qu’un super décor, un super réale et des comédiens classieux ne garantissent pas nécessairement un bon film. C’est pour vous démontrer que cet album possède la classe internationale, que je vais donc poursuivre ma démonstration. Et fuck again les rabats-joie ayatollahs khmers noirs… mais avec « Mort ou vif » Juvet s’impose en effet comme un Bowie francophone. Et ce n’est pas qu’une question d’attitude androgyne. Quand les titres sont solides, on peut construire pour la légende. Et sur ce coup-là, Juvet est à la hauteur d’un Christophe, pourtant encensé par la critique. D’ailleurs ne partagent-ils pas à cette époque le même parolier, un certain Jarre Jean Michel ?

Tout commence par le nébuleux « Les lunettes noires », sur la condition de star décadente noctambule. Mélodiquement, avec ce piano en avant, on est entre un Lennon chantant « Mother » et l’Elton John de « Honky Cat », sur « Honky Château ». De surcroit, Juvet vocalise admirablement, avec un style digne du Polnareff d’alors. La suivante a fait polémique à l’époque, Eddie Barclay voulait même la censurer, cependant « Papa s’pique et maman s’choute » s’imposera finalement dans le track-listing définitif porté par son funky blanc léger, comme un clin d’œil peut être au « Young Americans » » de Bowie, accusé à sa sortie par les mêmes khmers noirs intégristes d’avoir osé faire, dixit du « Barry White » ! Mais de toutes voici incontestablement ma favorite, digne d’un « Maybe I’m Amazed » de Macca : « Faut pas rêver ». Déjà il y a ce texte incroyable pondu par Jarre, mais c’est surtout la mélodie et l’interprétation exceptionnelle de Patrick Juvet qui font toute la différence. Sa voix monte jusqu’à la stratosphère, pour nous offrir l’archétype de ce que l’on qualifiait alors de « slow-braguette » car sur c’était sur un tel titre que l’on pouvait espérer conclure avec sa teenie weenie boppie. Ça vous a plu, vous en voulez encore, pour paraphraser Serge again… voici la chanson-titre « Mort ou vif » mid tempo, délicatement soul portée par son piano addictif et ses cassures de rythmes, comme ce moment speed où Juvet nous la joue rock et carrément Alice Cooper façon « Hello Hooray ». Décidément, « Mort ou vif » jusqu’à sa chute et sa référence à « Easy Rider », compte parmi les réussites incontestables de cet LP, avant de clore sa face « A ».

Face « B » attaque funky en diable, dans la veine néo disco de son « Où sont les femmes », voici « Le garçon aux cheveux blancs » taillé pour les pistes de danse. On songe au Raydio de Ray Parker, mais aussi à Stevie Wonder et aux Temptations, avec cette composition rythmée par sa pédale wah wah et son solo électrifié. Mention spéciale au texte prophétique de Jarre si écologique avant l’heure (« le dernier arbre est au musée/ on a fini par goudronner même les chemins de la destinée »). Blues cool nonchalant, pur californien avec « Les idées molles », love-story brisée aux harmonies incroyables. Plus baroque et cabaret avec la rétro rococo « Le chanteur du grand café » qui raconte, façon années folles, la vie d’un chanteur travesti ! Enfin c’est sous le signe du rock, n’en déplaise aux fucking corbeaux que s’achève ce « Mort ou vif » sur le très Stonien « Le dernier rock and roll » qui déploie toute son énergie, comme peu de chanteurs osaient alors dans l’Hexagone. Avec sa voix pulsée dans le phaser, Juvet lance son cri que ne renierait pas Iggy l’iguane. C’est le bouquet final d’un long feu d’artifices. Malgré son titre, et la triste disparition de Patrick Juvet « Mort ou vif » défie avec insolence les décennies. Près d’un demi-siècle après sa sortie, il me donne encore à la fois le frisson et l’envie de vous le faire partager.

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4 réponses

  1. Ripaud dit :

    Je ne comprends pas rend pas hommage à Patrick Juvet pour les personnes qu’ils ont aimé comme moi je l’ai vu j’ai dansé avec lui sur scène en Vendée pour la fête de la biennale à Fontenay-le-Comte et qui m’a fait la bise et aux autres femmes on devrait lui rende hommage à la télé pour toute personne qui peut pas le voir autrement ça serait super pour lui rendre hommage avec ses collègues chanteur et chanteuse moi je trouve ça honteux car ça fera une grande pensée pour lui moi il est toujours dans mon cœur je l’adore et énormément Patrick Juvet est beau physiquement

    • lolo dit :

      c vrai ce n est pas normal que l on fasse pas un bel hommage a notre beau patrick qui s en ai aller dans ses rêves immoraux c bleu au cœur .je suis très triste cela me fait très mal
      on ne t oublieras jamais moi tu es dans mon cœur

  2. Zuril dit :

    Est ce que c’est une bonne chose de le comparer systématiquement à une star anglo-saxonne pour chacun des titres de l’album?
    Je me souviens d’avoir été fasciné par « Faut pas rêver »
    Je me souviens l’avoir vu complètement à l’Ouest à côté de Mourousi pour une tv des années 80 et de m’être demandé où il était passé car il était déjà oublié.

  3. jerome lacoste dit :

    L’hommage général rendu à Patrick Juvet est à la hauteur de ce dont il a été considéré de son vivant : un chanteur à minettes reconverti dans le disco, avec une voix de fausset. C’est faire l’impasse sur celui qui, avec l’album « Chrysalide » en 1974 (après seulement 3 ans de carrière) permettait de montrer qu’il n’était pas seulement un bellâtre de plus dans la variété française, dont il tentait de se démarquer. Retour sur un paradoxe…

    Patrick Juvet avait déjà montré des signes de changement d’orientation musicale en 1973 avec l’album « Love », une sorte de cross-over entre ce qu’il représentait alors (« Rappelle toi minette », titre proposé à Claude François après « Le lundi au soleil » et refusé par ce dernier) et un personnage un peu plus sophistiqué interprétant déjà des textes de Jean Michel Jarre, et aussi de Boris Bergman. Il apparaissait avec un maquillage très particulier qu’on reverrait la même année sur la scène de l’Olympia, où il avait recruté les frères Balavoine en tant que choristes…

    Après cet Olympia, la collaboration entre Patrick Juvet et Daniel Balavoine se transforme en coup de foudre artistique et de cette union nait cet album bien nommé, « Chrysalide » (et « Regarde », un single indépendant), qui sera autant aussi important pour l’un que pour l’autre. En apportant à Juvet la chanson « Couleurs d’automne », Balavoine pouvait-il se douter que son propre avenir était en train de basculer ? Juvet ne trouvant pas ce que sa voix pourrait apporter de plus à ce titre, il propose alors à Daniel de l’interpréter lui-même sur son album. Cette idée se révélera décisive puisque la production, en la personne de Leo Missir, lui proposera un contrat suite à l’écoute de « Couleurs d’automne », avec le succès que l’on sait, hélas brisé sur une dune du Sahara 12 ans plus tard.

    « Chrysalide » n’a, semble-t-il pas eu le succès attendu, aussi il faudrait re-découvrir le magnifique instrumental qui donne son titre à l’album, mais aussi « Les voix de Harlem » et son final gospel/soul, et même s’il ne s’est pas foulé sur « Rock city » en pastichant les Rolling Stones, il y avait déjà dans ce disque de quoi montrer une ambition différente de ce que pouvaient imaginer à son sujet les esprits « bien pensants » (j’ai failli dire « bas de plafond »). 

    L’insuccès (relatif ?) de « Chrysalide » n’a pas pour effet de faire revenir Juvet à son début de carrière formaté, malgré les groupies toujours présentes au bord de la scène et sur les plateaux télévisés. Leur chanteur préféré se fait plus discret avec seulement 2 singles pour 1975, un sur lequel on peut entendre des reprises de Paton et d’Alice Cooper (« Magic » et « J’ai peur de la nuit ») adaptées en français par Jean Michel Jarre et Boris Bergman, l’autre sur l’un des 2 « slows braguettes » dont on nous parle sur cette page, « Il est trop tard pour faire l’amour », titre magnifié selon mon opinion par la version live qui se trouve sur l’autre Olympia, en 1979.

    C’est donc assez logique que la carrière de Patrick soit portée en 1976 par cet album « Mort ou vif », tellement bien chroniqué sur cette page qu’il n’y a rien à rajouter, si ce n’est de mentionner la présence de Klaus Voorman à la guitare basse (oui, « LE » Klaus Voorman de l’entourage des Beatles, accompagnateur de John Lennon). Et aussi de Ray Parker Junior à la guitare (oui, « LE » Ray Parker Jr de Ghostbusters). Et aussi de Georges Rodi aux synthés, un des pionniers français de cet instrument. 

    J’ignore qui, de Juvet, de son entourage ou de sa maison de production, a pris la décision d’amorcer le virage disco en 1977, mais l’album « Paris by night » (qui mériterait bien une chronique sur gonzomusic), à nouveau supervisé par Jean Michel Jarre qui y place tous les textes, ne pouvait venir s’inscrire que plus logiquement encore dans cette continuité de carrière. 

    Parmi le public qui a acheté ses disques en masse à l’époque, beaucoup se sont ensuite détournés de cette voix de fausset qui deviendra une marque de fabrique dans les années à venir. Si on a continué à donner du crédit (à raison) à la voix de Barry Gibb et à celles de ses regrettés frères bien après la fièvre du samedi soir, Patrick est un de ceux qui ne survivra pas à cette vague disco qui semble avoir figé la suite de sa carrière… et c’est bien dommage. 

    Car « Où sont les femmes », dont la mémoire collective ne semble avoir gardé que le passage tv multidiffusé de ce chanteur efféminé en costume rouge scintillant, était une sacrée bonne chanson. Et que dire des « Bleus au cœur » ? Cette mélodie est inoubliable, elle donnera lieu au titre de l’autobiographie de Patrick 25 ans plus tard, et on regrettera juste que le service marketing de l’époque ait eu l’idée de la placer en face B d’ « Où sont les femmes », alors quelle avait tout le potentiel pour une présence indépendante sur un autre single à succès. 

    L’envol vers l’Amérique en 1978 aurait été, paraît- il, un échappatoire aux sentiments profonds (et non réciproques) que Patrick portait à son parolier, Jean-Michel Jarre. Sur place, une rencontre à nouveau décisive avec les producteurs de Village People place le chanteur Patrick Juvet au firmament de sa carrière : il n’ira jamais plus haut et c’est bien dommage. « I love America » (une ode aux styles musicaux de l’Amérique sur pratiquement 15 minutes !), « Got a feeling », « Lady Night » et « Swiss Kiss » sont des tubes qui lui ouvrent le marché international… qui se refermera au bout de 2, 3 ans à peine. 

    C’est oublier que durant cette période, Patrick a aussi sorti le 45 tours « De plus en plus seul » (« Another lonely man » pour l’étranger), avec un texte que je trouve étrangement très autobiographique : le début de la (sa) lassitude ? La mélodie est à la fois magnifique et très mélancolique, à éviter les dimanches de pluie et de déprime, tout comme celle du « Thème de Laura », titre issu de la bande originale du film « Laura ou les ombres de l’été » sortie au même moment, pour le compte d’un réalisateur aux goûts douteux et controversés, et que je ne nommerai pas.

    C’est aussi oublier un autre album live enregistré à l’Olympia fin 1979. Le spectacle est clairement scindé en deux parties, une première qui est une rétrospective de la période 1974-1977, et une seconde qui reprend 4 tubes disco, mais avec une couleur musicale différente, qui leur donne un petit côté pop-rock assez intéressant : sur « Où sont les femmes », Patrick change la tonalité des couplets pour une interprétation où la voix de tête n’apparaît plus que sur les refrains. Rien que pour cela (mais pas que), ce live mérite d’être redécouvert, et ce n’est pas le seul. 

    Car en 1980, un album majestueux se profile : « Still alive ». Avec son équipe de musiciens et de paroliers américains, Patrick nous emmène dans un album concept où il parle de sa mort dans un accident de voiture et de sa réincarnation. Un projet qui a coûté cher pour ne quasiment rien rapporter, un album aux sonorités pop-rock injustement et quasiment oublié de tout le monde, à re-découvrir en urgence… ce qui ne sera sûrement pas fait. Selon une interview de l’époque, cet album aurait pu, en cas de succès, être adapté sur scène en comédie musicale. La chose ne s’est évidemment pas concrétisée, mais il en reste un single sorti en 1981 où 2 des meilleurs morceaux, « Still alive » et « I don’t want to be free », sont adaptés en français par Pierre Grillet, devenant « Sans Amour » et « C’est de moi ». 

    La baisse soudaine de popularité de Patrick Juvet se traduit sur une plus modeste diffusion de son avant-dernier album en 1982, « Rêves immoraux », malgré quelques passages télévisés. La chanson titre, en piano-voix sur des nappes de synthés, nous offre une fois encore l’opportunité d’écouter une très belle mélodie,  sur un texte assez ambigu signé Jean Loup Dabadie. « Rêves immoraux » était-il déjà une tentative de come-back ? On y trouve aussi « Alibi », reprise funky d’ I’m dreaming, un titre de John Kongos sorti l’année précédente. Il se murmure qu’à l’époque, Patrick Juvet « en en marre », « est fatigué »…

    Des années qui suivent n’émergent que des singles souvent considérés comme anecdotiques ; là encore, on oublie injustement que Patrick Juvet avait encore des choses à dire, à chanter, à faire écouter. C’est avec les producteurs d’Imagination que sort, en 1983, le single « Getting to the heart of me » : très catchy, mais pas assez pour les radios. Peu de temps après, on le retrouve en piano-voix pour « Je tombe amoureux », une autre pépite où il apparaît en télévision dans un état assez second. Beaucoup moins intéressant est son single de 1986, avec « Thinking with youe body », une reprise obscure de Michael DesBarres (oui, « LE » Murdock dans MacGyver !) : DesBarres a aussi une carrière de chanteur hard-rock aux States, mais cette reprise est réadaptée sur la mode synthétique du moment, qui a mal vieilli.

    En 1987, « L’amour avec les yeux » nous permet de le revoir encore, une nouvelle fois dans un registre piano-voix sur un texte qui me paraît, là encore, très autobiographique. Un petit chef d’œuvre qui lui rouvrira les portes des studios télévisés mais qui reste méconnu. Un autre single, « Rêve », paru l’année suivante, est une copie partielle, sur le plan mélodique, de « L’amour avec les yeux ». Puis, nouveau silence…

    … Rompu en 1991 avec un nouvel album, « Solitudes ». Avec des textes de Françoise Hardy, Marc Lavoine, Luc Plamondon, des apparitions télévisées  un nouveau look, cheveux plus courts, guitare basse à la main au lieu du piano, sonorités musicales dans l’air du temps, interviews sur le come back, les ambitions, les échecs du passé, l’alcool… « Solitudes » est un très bon premier extrait, suivi de « Cruising bar » où la voix de fausset a été remplacée par une voix plus grave sur la version (peu) diffusée en radio. Moins exploitée mais tout aussi intéressante, « Si on recommencait » bénéficie de paroles émouvantes et touchantes, sobrement accompagnée en piano-voix. Ce premier album en 9 ans sera aussi le tout dernier pour Patrick ; il lui a manqué ce petit plus pour que les choses remarchent, pourtant ce n’est pas faute d’avoir (bien) essayé, de s’être bien entouré pour un retour qui aurait dû être gagnant. 

    Dès lors, il semble que Patrick soit condamné à marcher dans l’ombre de son passé. Les années qui suivent seront faites, dans le désordre, de participations aux tournée des Idoles, d’apparitions télévisées pour promouvoir des compilations, son autobiographie ou des singles obscurs (notamment une tentative sur la mode techno en 1993 avec « Deep dark night »), de galas de province, en passant par l’annonce sans cesse reportée d’un nouvel album et d’une tournée… A présent, on promet un nouveau single, mais après la triste nouvelle du 1er avril 2021, tout le monde sait que cette publication sera, hélas, posthume. 

    Adieu Patrick.

    A titre personnel, je rajouterai une autre chanson oubliée, « All my life », parue sur le single « Cruising bar » en 1992. 

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