VAN HALEN « 5150 » 

Van Halen

Quarante ans après sa sortie, « 5150 » revient dans une édition enrichie qui éclaire un tournant majeur de la carrière de Van Halen. L’arrivée de Sammy Hagar qui succède à David Lee Roth parti en solo redéfinit l’équilibre du groupe pour l’inscrire dans une ère où le hard rock devient un produit culturel de masse. Par conséquent notre bon docteur JCM recommande chaudement l’album à tous ceux qui souffrent de mauvaise…. Halen !

Van HalenPar Jean Christophe MARY

Sorti le 24 mars 1986, « 5150 » est le septième album studio du groupe de hard rock américain Van Halen. Porté par les succès « Why Can’t This Be Love », « Dreams », « Love Walks In », « Best of Both Worlds » et « Summer Nights », il s’est vendu à plus de 6 millions d’exemplaires. Surtout, il marque une rupture historique : c’est leur premier album avec Sammy Hagar au chant qui succède à David Lee Roth parti cartonner solo dans les charts avec son tubesque « Just A Gigolo/ I Ain’t Got Nobody ».Pour replacer « 5150 » dans son contexte, il faut replonger dans le milieu des années 80, une période particulièrement foisonnante pour le hard rock. Entre explosion du glam metal, montée d’un heavy metal plus agressif et productions ultra calibrées pour les radios, le genre connaît un âge d’or commercial. Dans ce paysage, le septième album de Van Halen s’inscrit pleinement dans la tendance d’un rock plus accessible, plus mélodique, sans renier sa puissance.


 
Van HalenDans la continuité de « 1984 », Van Halen approfondit son goût pour les textures synthétiques. Les claviers donnent naissance des morceaux devenus emblématiques comme « Why Can’t This Be Love », « Dreams » ou « Love Walks In ». En parallèle, le groupe conserve une assise hard rock solide avec le musclé « Best Of Both Worlds » ou le nerveux « 5150 ». Ce subtil équilibre entre puissance et mélodie constitue l’une des signatures de l’album. Mais au-delà de son esthétique sonore, « 5150 » est avant tout un album de recomposition interne. La lutte d’ego entre David Lee Roth et Eddie Van Halen avait atteint ses limites. Là où Roth incarnait le showman ironique et flamboyant et cultivait le second degré et l’exubérance, Eddie aspirait à une reconnaissance musicale plus sérieuse. L’arrivée de Sammy Hagar, ancien de Montrose, change la donne. Plus posé, plus mélodiste, il apporte une rigueur nouvelle dans l’écriture. Dès « Good Enough », l’ADN du groupe demeure intact marqué par la guitare virtuose d’Eddie, la précision rythmique d’Alex Van Halen et la solidité de Michael Anthony. Mais l’esprit évolue. Sammy Hagar privilégie une expression plus frontale, plus directe, plus sincère aussi dénuée du second degré caractéristique de son prédécesseur. L’album s’éloigne ainsi d’une logique de performance scénique pour s’inscrire dans une écriture plus structurée. L’album alterne ainsi entre puissance et émotion. Les balades y occupent une place centrale : « Why Can’t This Be Love » et « Love Walks In » explorent un registre émotionnel plus explicite, tandis que « Dreams » se présente comme un hymne fédérateur. Les morceaux les plus énergiques, à l’image de « Best Of Both Worlds », gagnent en concision et en lisibilité et sont bien loin des débordements exubérants de « Panama » ou « Hot for Teacher ».
Le résultat est un album homogène, parfois perçu comme plus froid, mais d’une efficacité redoutable et représentative d’une mutation du hard rock vers une forme de « classicisme radiophonique ».
Sur le plan musical, Eddie Van Halen continue d’impressionner. Tapping fulgurant, couleurs harmoniques, vélocité, le guitar hero affine son génie technique tout en s’intégrant dans une production plus policée. « 5150 » devient ainsi l’un des exemples les plus aboutis de ce hard rock américain des années 80, à la fois technique et accessible, où le blues-rock originel se pare des atours d’une modernité pop synthétique.


Van HalenQuatre décennies plus tard, « 5150 » bénéficie d’une édition super deluxe particulièrement généreuse. Le coffret LP/3CD/Blu-ray propose l’album remasterisé, enrichi de raretés et de plus de 90 minutes d’enregistrements live inédits de 1986. Le Blu-ray offre une version restaurée en haute définition du concert « Live Without A Net », ainsi que les clips de « Dreams » et « Why Can’t This Be Love », sans oublier une version live inédite de « Summer Nights » enregistrée à New Haven le 27 août 1986.
Des éditions séparées en 2 CD et double vinyle reprennent également le contenu principal. On peut toutefois regretter, comme pour les précédents coffrets du groupe, l’absence de véritables inédits. Reste un témoignage précieux qui permet de mesurer, avec le recul, la portée de cet album charnière dans l’histoire de Van Halen. A bon entendeur ! 
 

 
 

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