PAUL MCCARTNEY « The Boys of Dungeon Lane »

Photographer-credit-Mary-McCartney-2026-

C’est le 20ème album de Paul McCartney, six ans après son « McCartney III », et nous arpentons cette allée du donjon si empreinte de nostalgie où les harmonies d’une pop impeccable nous ramènent jusqu’aux 60’s pour nous téléporter jusqu’à notre futuriste réalité. Car c’est bien un trip d’une coolitude exacerbée que nous offre l’ex-Beatles, à travers ces 14 compositions qui ne devraient pas manquer de nous accompagner tout l’été et bien au-delà de leurs vibes si positives.

McCartney« As You Lie There » ouvre largement à la nostalgie dés son émouvante intro parlée : I used to walk past your house every night. I looked at your window the light was on I saw your silhouette on the blind Do you think of me ? Do I ever cross your mind ? ». Puis c’est l’attaque soudaine des guitares énervées à la « Moonberry Moon Delight »… avant un nouvel apaisement. Ce premier titre résume assez justement ce « The Boys of Dungeon Lane ». Loin de la lumineuse pop enjouée de son pré-prédécesseur l’insouciant « Egypt Station ». Ou de la pop sage et introvertie du suivant, son CD capturé durant le COVID « McCartney III », ce nouveau Paul McCartney ( Voir sur Gonzomusic https://gonzomusic.fr/?s=mccartney )  est déjà un incontestable pari gagné sur la nostalgie, un disque introspectif et réfléchi qui réussit le tour de force de ne pas sombrer dans la monotonie de l’autosatisfaction. Bien au contraire puisque l’artiste y fait preuve d’une inébranlable humilité. Certes l’énergique « Lost Horizon » évoque assez le feeling d’un « Driving Rain » avec une voix de Paul quelque peu éraillée par les années. Par contre sur la mélancolique « Days We Left Behind », délicatement vocalisée sa voix est préservée. C’est un hymne à l’enfance assumé, une « Yesterday » d’aujourd’hui, mais en noir et blanc car c’est bien elle qui inspire son titre à l’album ce « Dungeon Lane », la rue de son enfance le long de la Mersey, juste à une poignée de kilomètres de Stawberry Fields et de Penny Lane où il courrait en culottes courtes au siècle dernier. Retour au rock gorgé de soleil et de positivité comme seul Macca sait le faire avec « Ripples in a Pond » dont la mélodie vous habite immédiatement et des chœurs Wingesques à souhait qui me font penser à la regrettée Linda. On songe à « Magneto and Titanium Man » sur « Venus and Mars » ou bien « With A Little Luck » sur « London Town » ou plus récemment « Fuh You » sur « Egypt Station ». Sous ses aspects comptine enfantine « Montain Top » cache bien son jeu, une solide composition lointaine descendante de « Lucy In the Sky With Diamonds » où la voix redevenue juvénile de Paul narre le trip psychédélique aux champis magiques d’une jeune femme à un festival rock jusqu’à la surprenante explosion subite de la rage des guitares en déflagrations façon « Helter Skelter » à trois minutes. Retour à la case cool voix acoustique et à la nostalgie avec « Down South » où tout démarre à Chester road, une rue de Liverpool de son enfance où il faisait du stop avec un certain John Lennon pour découvrir Paris et finalement embrasser le rock and roll. Il y chante « before we learn to Twist and Shout », en référence directe à un des tout premiers hits des Beatles et évoque également George Harrison, la naissance d’une amitié qui allait changer l’histoire de la musique.

MccartneyPresque aussi naïve qu’un titre de « Wild Life » de Wings et composée avec Andrew Watt « We Two » est une intemporelle love-song comme notre Paulo sait si bien les tourner, à la manière d’un « Little Lamb Dragon Fly » sur « Red Rose Speedway » ou «Treat Her Gently » sur « Venus and Mars » ou encore « So Bad » sur « Pipes of Peace ». Capturée sur un magnéto analogique qui enregistrait déjà les Beatles, on entend d’ailleurs la bande 1 pouce rembobiner en accéléré sur le mag à la fin de la prise. Nostalgie… Plus énergique rock façon Libertines, voire carrément Rolling Stones la puissante « Come Inside » porte aussi la griffe du producteur qui entraine notre Macca sur un terrain rock blues aux confins de « Sticky Fingers » bien surprenant mais qui n’est pas fait pour nous déplaire.. Simple et efficace l’évanescente balade « Never Know » ne manque pas de nous alpaguer de sa naïveté presque enfantine avec sa flute. Mais il faut attendre la chanson star… ou plus exactement Starr, puisqu’il y vocalise en compagnie de Ringo peut être pour la première fois depuis l’éponyme « Ringo » de 1973, et qu’on y retrouve aussi Chrissie Hynde ( Voir sur Gonzomusic https://gonzomusic.fr/?s=Chrissie+Hynde ) et ma chère Sharleen Spiteri ( Voir sur Gonzomusic https://gonzomusic.fr/?s=texas ) dans des chœurs plus Beatles que Beatles pour découvrir LE hit de l’album. Intitulée « Home to Us », c’est un hymne positif au super pouvoir de la nostalgie, doublé d’une puissante déclaration d’amour à leur home sweet home sur les bords de la rivière Mersey. Entrainante sur son petit riff sixties et son iconique « yeah yeah yeah », « Home to Us » n’a décidément pas fini de squatter nos oreilles. Retour à la délicatesse avec « Life Can Be Hard » qui démarre voix guitare acoustique avant de se muer en séduisante ritournelle à la « Another day » et également avec la quasi country « First Star of the Night » avant la surprenante « Salesman Saint »  où il évoque le courage de son père et de sa mère durant la Seconde Guerre Mondiale et comment cette résilience a profondément forgé le caractère des Beatles, mais le plus émouvant c’est qu’il a samplé et utilisé le jazz band de son père qu’on entend dans la chanson et c’est incroyablement touchant. Enfin, l’album s’achève sur une autre composition puissante et nostalgique avec « Momma Gets By » où piano voix hélas légèrement chevrotante Paul McCartney renoue avec les cordes de « Lady Madonna » pour nous conter un de ces personnages dont il a le secret, un secret qu’il veut bien manifestement nous faire partager. Je ne vais pas vous bullshiter : ce « The Boys of Dungeon Lane » n’est à coup sûr pas le meilleur des meilleurs des Maccas. On n’est certes pas sur du « Ram » ou du « Band on the Run », cependant cela reste un Macca de haute volée pour une ambitieuse et attachante collection de chansons d‘un artiste d’exception qui a su nous accompagner si fidèlement et surtout si talentueusement depuis notre adolescence. Par conséquent, grâce à lui on va dire que nous pouvons revendiquer d’être tous des garçons de l’allée du Donjon !

 

 

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