ENFIN !!!
ENFIN… un artiste ose se lever et refuser de se coucher sous les oukazes d’un despote aux dérives autoritaires. Normal, car ce héros du combat rock est non pas simplement un boss mais LE Boss. Barack Obama ne disait-il pas de lui : « Moi je ne suis que le Président, lui c’est le Boss » et en publiant son manifeste intitulé « Streets of Minneapolis » Bruce Springsteen dénonce les meurtres des innocents Alex Pretti et Renée Good assassinés dans le Minnesota par l’ICE, « l’armée privée » anti immigration « du roi Trump ». Si les juges, les journalistes, les politiques courbent tous l’échine, le héros de « Born to Run » est le premier à dire : non… et l’on peut parier qu’il ne sera pas le dernier.
Et si une radio osait diffuser le dernier brûlot de Bob Marley « Get Up Stand Up USA » ? Ou encore le nouveau single de John Lennon « Imagine No Trump ». Tout comme David Bowie publiant un remix 2025 de son « Young Americans » aux paroles insurgées pour défendre la démocratie en Amérique, comme il attaquait Richard Nixon dans l’originale. Enough is enough…
Trève de plaisanterie, même si c’est bien cool de rêver que nul n’aurait pu museler ces précieux rebelles rock, trop tôt disparus. Mais il faut noter que depuis l’avènement du 37ème Président US les artistes, tout comme les politiques, restent singulièrement mutiques face au détricotage de l’état de droit. Même l’opposante la plus farouche de Trump Taylor Swift reste silencieuse. Quid du Nobel de Littérature Bob Dylan ? On attend toujours une chanson de la trempe de son fulgurant « Jokerman », qu’il avait composé en 1983 pour dénoncer la politique de droite de Ronald Reagan. Quid de Bono pourtant habitué à dégainer dés qu’il s’agit d’une bonne cause ? Le seul qui ait osé résister c’est l’ami Bad Bunny qui pour éviter les rafles de l’ICE a ses concerts a choisi d’annuler l’intégralité de sa tournée US à l’exception du seul show ultra-médiatisé de la mi-temps du Super Bowl. C’est comme si toute la planète rock était atteinte du syndrome de la mouche tsé tsé. Toute la planète… non car désormais le puissant « Streets of Minneapolis » de Bruce Springsteen prouve qu’il ne se résoudra jamais courber l’échine. Le titre de la chanson fait bien entendu écho à sa composition emblématique et bouleversante de 1993, « Streets of Philadelphia », écrite pour le film « Philadelphia » sur l’épidémie de sida. Dans ces « Rues de Minneapolis », publié voici deux jours le Boss n’y va pas non plus par quatre chemins, avec cette « protest-song » enflammée contre l’ICE, fustigeant « l’armée privée du roi Trump » et rendant hommage aux observateurs et manifestants qui « se sont battus pour la justice, leurs voix résonnant toute la nuit ».

Bruce Springsteen
« Street of Minneapolis » est publiée seulement quelques jours après la mort d’Alex Pretti, infirmier en soins intensifs à l’hôpital des anciens combattants de Minneapolis, abattu samedi par des agents fédéraux de l’immigration. Il est la deuxième victime en un mois dans la même ville, après la poétesse et mère de famille Renee Good, tuée dans sa voiture le 7 janvier, à environ un kilomètre de là. Les deux victimes sont nommées dans les paroles de Springsteen, avec le refrain : « Nous nous souviendrons des noms de ceux qui sont morts ; dans les rues de Minneapolis. » Dans un communiqué, Bruce Springsteen a déclaré avoir écrit la chanson samedi, tant il avait été choqué par la mort de Pretti, et l’a dédiée « aux habitants de Minneapolis, à nos voisins immigrés innocents et à la mémoire d’Alex Pretti et de Renee Good. »
La porte-parole de Donald Trump, ulcéré par la chanson, n’a guère tardé à réagir et de la manière la plus prévisible, comme d’habitude hors-sol et hors-propos, bref en mode bullshit::
« L’administration Trump s’efforce d’encourager les démocrates au niveau des États et au niveau local à collaborer avec les forces de l’ordre fédérales afin d’expulser les étrangers en situation irrégulière dangereux de leurs communautés, et non de diffuser des chansons aléatoires contenant des opinions hors de propos et des informations inexactes », a ainsi déclaré la porte-parole Abigail Jackson au Hollywood Reporter.
Ben voyons !
Voici la traduction des paroles de « Street of Minneapolis », elles sont éloquentes…
« À travers la glace et le froid de l’hiver
Sur Nicollet Avenue
Une ville en flammes luttait contre le feu et la glace
Sous les bottes d’un occupant
L’armée privée du roi Trump, issue du DHS
Les armes à la ceinture de leurs manteaux
Est venue à Minneapolis pour faire respecter la loi
Du moins, c’est ce qu’ils racontent
[Couplet 2]
Contre la fumée et les balles en caoutchouc
À l’aube naissante
Les citoyens se sont levés pour la justice
Leurs voix résonnant dans la nuit
Et il y avait des empreintes sanglantes
Là où la miséricorde aurait dû régner
Et deux morts, laissés pour morts dans les rues enneigées
Alex Pretti et Renée Good
[Refrain]
Oh, notre Minneapolis, j’entends ta voix
Chanter à travers la brume sanglante
Nous prendrons position pour cette terre
Et l’étranger parmi nous
Ici, chez nous, ils ont tué et erré
Au cours de l’hiver 26
Nous nous souviendrons des noms de ceux qui sont morts
Dans les rues de Minneapolis
[Couplet 3]
Les voyous fédéraux de Trump l’ont roué de coups
Au visage et à la poitrine
Puis nous avons entendu les coups de feu
Et Alex Pretti gisait dans la neige, mort
Ils ont prétendu que c’était de la légitime défense, monsieur
Ne croyez pas vos yeux
C’est notre sang et nos os
Et ces sifflets et ces téléphones
Contre les mensonges sordides de Miller et Noem
[Refrain]
Oh, notre Minneapolis, j’entends ta voix
Pleurer à travers la brume sanglante
Nous nous souviendrons des noms de ceux qui sont morts
Dans les rues de Minneapolis
[Couplet 4]
Maintenant, ils disent qu’ils sont là pour faire respecter la loi
Mais ils bafouent nos droits
Si ta peau est noire ou brune, mon ami
Tu peux être interrogé ou expulsé sur-le-champ
Dans nos chants « ICE out now » (ICE, dehors maintenant)
Le cœur et l’âme de notre ville persistent
À travers les vitres brisées et les larmes sanglantes
Dans les rues de Minneapolis
[Refrain]
Oh, notre Minneapolis, j’entends ta voix
Chanter à travers la brume sanglante
Ici, dans notre foyer, ils ont tué et erré
Au cours de l’hiver 26
Nous prendrons position pour cette terre
Et pour l’étranger parmi nous
Nous nous souviendrons des noms de ceux qui sont morts
Dans les rues de Minneapolis
Nous nous souviendrons des noms de ceux qui sont morts
Dans les rues de Minneapolis
[Outro]
ICE dehors (ICE dehors)
ICE dehors (ICE dehors)
ICE dehors (ICE dehors)
ICE dehors (ICE dehors)
ICE dehors (ICE dehors)
ICE dehors
