LE CHOC EPSYLON POINT

Epsylon PointContemporain de Futura 2000, des Musulmans Fumants ou de Jérôme Mesnager, Epsylon Point est un peu à l’art urbain ce que le Velvet Underground est au rock : un secret trop longtemps bien gardé. L’immense street-artist aura en effet attendu ses 69 ans pour donner sa toute première expo. Rencontre avec un personnage aussi majeur que bouleversant.

Epsylon PointQuand on rencontre Epsylon pour la première fois, on a l’impression de se retrouver face à un chanteur de rock. Pantalon de cuir noir, T shirt noir, ceinturon clouté, tatouages et un je ne sais quoi de Willie Nelson, on l’imagine facilement avec un micro et une guitare électrique assénant sur scène son blues imparable…ce qu’il a d’ailleurs fait avec sa formation rock Les Araignées du Soir dans les années 80 ! L’artiste me fait également penser à Didier Wampas, le leader des Wampas, qui a su préserver son indépendance…en bossant pour la RATP, s’affranchissant du même coup de l’esclavage des majors. Epsylon Point, c’est un peu la même histoire, mais avec le RSA. En choisissant d’être pauvre, il optait également pour la liberté artistique totale. À l’aube des 70’s, il fut pourtant l’un des tout premiers à descendre dans la rue pour combattre la grisaille parisienne de ses bombes de peinture et de ses pochoirs et c’est d’abord sur cette légitimité là que s’est forgé sa légende. Mais pas seulement, bien entendu.  Je ne connais rien à l’art, choisissant de juger au feeling, avec mes tripes et en appliquant une règle ultra simple : il n’y a pas d’œuvre sans une idée forte derrière l’œuvre. Et du côté des idées et des convictions, Epsylon Point fait toute la différence. Son travail époustouflant en est la meilleure preuve, avec le plus souvent d’abord une matière, souvent éloignée de la toile tendue traditionnelle, puis un fond bombé puis un pochoir puis des slogans, des dazibaos… tout cela avec un parti prix pour la matière. Vous l’aurez compris, les tableaux d’Epsylon Point se dévorent à tant de niveaux qu’on ne peut s’en lasser. Quant au personnage, comme le prouve cet entretien, il est aussi touchant que bluffant et ne peut laisser quiconque indifférent. Epsylon…un point c’est tout !

 

« Tout d’abord une question bête, comment as-tu choisi ton pseudo grec ?

 

Epsylon c’est la lettre E en grec, à l’époque je peignais sans pochoir, à main libre et je signais d’un « E » avec un point. C’était il y a trente ans, j’avais des copains grecs qui sont passés me voir et ils m’ont dit : « ah c’est quoi cet epsilon ? », j’ai donc adopté cet alias et j’ai rajouté « point ».  Mais tout le monde oubliait le point, car à l’époque le .com n’existait pas bien entendu, donc je signais E Point.

Epsylon Point

Et ton prénom ne commencerait pas par la lettre « e » par hasard ?

 

Si si, je m’appelle Étienne !

 

Tu es né où ?

 

À Tours, en 1950.

 

Très vite tu es arrivé à Paris ?

 

Oui, j’ai habité Paris, car mes grands-parents étaient de la région et ma mère avait habité Paris toute sa vie. On habitait à Montparnasse.

 

Gamin tu avais déjà une attirance pour le dessin, pour la peinture ?

 

Un peu, mais sans plus. À l’école, j’étais surtout un branleur ! Ça ne m’intéressait pas du tout, rien. L’école ça me faisait chier d’un bout à l’autre. L’école cela a commencé à m’intéresser à 23 ans, quand je suis rentré aux Beaux-Arts ( rire) ; avant je dessinais, mais sans plus. Je n’étais pas le premier de la classe, mais de toutes les matières c’était celle où j’étais le meilleur.

 

Tu ne t’es tout de même pas retrouvé aux Beaux-Arts par hasard ?

 

Hé bien…si, c’est justement un peu par hasard. C’est compliqué. À l’époque j’avais été en pension, puis je me suis engagé cinq ans dans l’armée. Cela s’est un peu mal passé, surtout sur la fin. Mais il y avait cet ami de ma mère qui était inspecteur des Beaux-Arts, à l’époque, et qui lui a dit : « ton fils devrait aller voir à Dijon, où ils mènent une expérience pédagogique qui devrait l’intéresser. »

 

Donc si tu es rentré aussi tard aux Beaux-Arts c’est que tu as fait 5 ans d’armée avant ?

 

Voilà.

 

Courageux !

 

C’est par obligation, vu qu’une fois que tu as signé, ils ne veulent plus te lâcher !

 

Dire que nous on a tout fait pour ne pas y aller, toi tu t’es carrément engagé !

 

Ben oui, j’avais passé à peu près toute ma vie en pension, alors l’armée cela ne changeait pas grand-chose à mes habitudes. Les officiers, avec moi, avaient l’impression d’avoir face à eux un mec qui avait fait l’école militaire. Quand tu as fait les Apprentis d’Auteuil, on ne peut pas dire que cela soit le top ! Bref, après mes cinq ans d’uniforme, j’ai débarqué à Dijon pour cette expérience pédagogique vachement intéressante. On ne me casait pas les couilles, tu vois ! On me laissait vivre ma vie.

 

Quelle section aux Beaux-Arts ?

 

Au départ, tu as deux ans où tu fais de tout. Et, après, je suis rentré en photo, c’est pour cela que pour les pochoirs, les photos en noir et blanc, je les voyais. Maintenant, je regarde un journal, je regarde une photo en noir et blanc, et je la vois déjà découpée ! Je sais comment je vais faire mes formes, je n’ai pas à réfléchir, c’est inné.

 

Le déclic, c’est la photo, en fait ?

 

Bien sûr.

 

Et ce n’est pas le fond ?

 

Non non, au départ c’est la photo et tout part de là. Comme j’étais photographe, tu te retrouves à tirer des photos, à l’époque en noir et blanc. Et après, quand j’ai voulu faire du pochoir, c’était naturel.

Epsylon Point

Le passage de l’image photo à l’image projetée ?

 

À l’époque on faisait des trucs audiovisuels avec des carrousels, ces projecteurs de diapositives avec un camembert dessus qui tournait. On avait trois petits ordinateurs et trois carrousels et avec ça on pouvait balancer les images projetées sur un seul écran. J’ai commencé là-dedans et, après, je me suis mis aux pochoirs.

 

Comment as-tu commencé tes pochoirs ? Comment t’es-tu dit : en fait non, je ne veux pas me laisser enfermer dans un atelier, je ne veux pas être enfermé sur une toile, je veux être libre, à l’air libre, dans la ville ?

 

Je passais énormément de temps dehors, parce que déjà naturellement, je vais me balader, et je faisais partie d’une fanfare style Beaux-Arts. Et donc on était souvent dans la rue. Le côté rue me plaisait bien, et pour peindre dans la rue, le pochoir c’était idéal. Quand tu ne sais pas vraiment bien dessiner, tu te fais un pochoir et si le premier est un peu douteux, une fois que tu as pris le coup, ça marche. Et tu arrives à avoir une image vraiment réaliste de ce que tu veux faire, alors que si tu ne sais pas dessiner, à la bombe c’est un peu compliqué ! Bien sûr je me suis amélioré, car au départ le pochoir pour avoir une image claire c’est bien. C’est facile.

 

Donc cette première fois où tu as fait ton premier pochoir, chez toi tu as fait ta découpe, tu avais ton idée et tu avais déjà l’idée du lieu ? Car le lieu a une importance quand même ?

 

Oui parce qu’à l’époque, pour les pochoirs, j’étais revenu de Dijon. J’étais parti à droite à gauche, à Montpellier et là j’étais revenu à Paris. Et j’habitais à Ballard. Et à l’époque là-bas, il y avait un mur de la SNCF qui était juste en bas de chez moi et qui faisait 400m. Donc, je descendais avec mes bombes de peinture et j’avais juste à peindre en bas. C’était tranquille, il n’y avait personne. Les flics passaient en vélo, ils disaient : ah c’est bien ce que vous faites et tout… ». Ça a un peu changé aujourd’hui (rires). Quand j’ai commencé voilà quarante ans, on était peut-être dix en tout à faire ça sur Paris avec les accompagnateurs. Il y avait deux mecs qui faisaient des pochoirs comme Bando, Mode 2,  Scam, tu vois des mecs qui faisaient du graffiti à l’américaine.

 

On est en…79 ?

 

Début 81, 82 oui. Il n’y avait que très peu de mecs qui faisaient du graffiti.

 

Et la fierté c’était que tout le monde dans la rue puisse le voir et puisse en profiter ?

 

Oui, c’est juste peindre dans la rue pour que ça soit visible par tout le monde. C’est mettre de la couleur dans la rue, surtout.  À l’époque c’était pas mal gris…

 

Évidemment, moi le Paris de notre enfance était tout noir parce que les immeubles n’étaient pas ravalés, qu’il y avait la fumée du charbon et des bagnoles …

 

…oui c’était horrible !

 

Donc, mettre de la couleur au milieu de tout ce gris et de tout ce noir, c’était une manière de lutter politiquement.

 

Tout à fait. Pour moi c’était vraiment l’idée. Tout d’un coup on met du rouge du vert du jaune, pas juste un pochoir en noir. Ce n’est pas cela qui m’intéresse moi. Ce qui m’intéresse c’est de mettre plein de couleurs. Faut que ça pète ! À l’époque de Ballard et de ce mur en bas de chez moi j’avais juste à peindre.

 

Epsylon PointL’effet des drogues sur les couleurs ?

 

Non, parce qu’en bombes de peinture tu ne mélanges pas. Donc si t’as du rouge t’as du rouge, si t’as du bleu t’as du bleu…mais tu ne peux pas les mélanger. De toute façon maintenant y’a des bombes de toutes les couleurs, de toutes les nuances. Y’en a même de très transparentes donc après tu mets un rouge, après tu mets et jaune et ça te fais une espèce d’orange. On parle de centaines de couleurs. Et les buses ont énormément changé aussi. Quand j’ai commencé, il y avait deux marques, il y avait Altona et Kryon et un seul type de buse médium. Aujourd’hui, tu peux choisir des fins, des larges …il y a de tout.

 

Désolé de te poser la question, mais cela a un coût…ça coute super cher ces bombes de peinture ?

 

Pas hyper cher, car maintenant tu as des magasins …

 

Je parlais à l’époque…

 

Ah ben, tu en piquais tout de même pas mal au BHV, dans ce genre de magasin ! Mais comme tu avais dix personnes sur Paris, ça ne faisait pas trop de volume même s’il leur manquait trois bombes. Bon les mecs se bagarraient si tu n’avais pas volé ta bombe, tu n’étais pas authentique ! Il y a eu des bagarres à cause de ça ! T’as été acheter tes bombes…t’es un mauvais, toi !

 

Ce n’est pas juste être artiste, c’est surtout être artiste-militant.

 

Pour moi, oui. De mettre de la peinture dans la rue, tu vois c’est militant, car les gens n’ont pas l’habitude, ils n’aiment ou ils n’aiment pas, mais ils en profitent. Après les tags et tout ça a fait chier plein de gens, mais parmi les milliers de mecs qui en font, il y a bien dix mecs qui font de la peinture et qui sont vraiment bons. Le mec qui a inventé la bombe de peinture pour peindre un tabouret ou un radiateur, il n’aurait jamais envisagé que ça devienne un tel phénomène. Aujourd’hui, il y a des millions de mecs qui font de la peinture avec des bombes. Aux USA, en France, au Japon, n’importe où. J’ai vu des images, dans tous les coins, il y a des gens qui se servent de bombes. C’est fou parce que c’est vraiment un objet de merde ! On ne s’attendait pas à un tel phénomène. En plus c’est vraiment fait pour ça, si tu veux aller écrire truc sur un mur, c’est parfait. Dans le temps, on avait un pinceau. Tu arrivais sur le mur, tu donnais un coup de pinceau, tu avais la moitié du mur qui restait sur ton pinceau. Tu voulais écrire « libérez machin » tu passais cinq fois pour arriver à faire tes lettres. Maintenant avec une bombe même si le truc est tout pourri, tu écris et ça ne bouge pas. Avant pour écrire des trucs politiques qu’est-ce que tu te faisais chier. Moi j’en ai fait dans les années 70, quelle galère. Le mec qui a inventé la bombe est un génie.

Epsylon Point 

Toi, ce qui t’a permis de garder ta liberté durant toutes ces années c’est le RSA. Ne rien devoir à personne, ne pas avoir d’employeur…

 

…oui, rester pauvre, mais volontaire ! Il y a des textes sur la pauvreté volontaire, entre autres sur la décroissance, même si on nous charrie en disant qu’on veut revenir à la bougie. Mais ces alertes ne datent pas d’aujourd’hui, Dumont nous avait déjà alertés en 73 sur la société de consommation.

 

Oui comme mon copain Nino Ferrer avec « La maison près de la fontaine » qui dénonçait déjà les bulldozers et la pollution.

 

On leur a bien dit, mais ils ne veulent pas nous entendre. Après ils viennent râler contre Greta Thunberg !

 

Pour revenir à ton travail, il faut évoquer les différentes matières, les différents supports que tu utilises, comme ces palettes, par exemple….

 

Les caillebotis, oui c’est bien

 

Ou encore les toiles que tu laisses « vieillir » un an aux intempéries à l’extérieur…on dirait un mec qui fait un super Bordeaux et qui le laisse murir en fut de chêne pour atteindre sa perfection !

 

C’est ça, j’avais récupéré de grandes bâches plastiques, donc je pouvais peindre, j’accrochais ça, il y a un jardin là où j’habite, je posais ça sur le fil pour sécher le linge et je les laissais deux ans, trois ans…j’ai une grande toile-là qui fait trois mètres de haut, je l’ai laissée plus de 4 ans

 

Murir !

 

Murir. Donc il y avait le soleil, la pluie …après elle était sous des arbres donc il y avait plein de cochonneries qui sont tombées dessus. J’en ai enlevé une partie, je l’ai retournée, je l’ai recouvert…mais le résultat est superbe. Le soleil a bouffé une partie des couleurs, principalement les jaunes, les rouges…il ne reste que les bleus en général. Et là il y a plein de nuance que tu ne peux pas obtenir autrement.

 

Il y a aussi le coté relief qui est essentiel dans ton travail…vrai relief parfois, mais aussi relief en trompe-l’œil. C’est ce qui donne la vie à tes œuvres ?

 

Sur le pochoir très souvent je le décale. Je fais une couleur, par exemple en noir puis après je le décale et je mets de la couleur dessus. Résultat, cela me fait un liserai ou noir ou blanc tout autour. Ce qui permet de le mettre en exergue par rapport au fond.  Ça rend l’image plus intéressante. Enfin pour moi. Après, les autres …

 

Epsylon PointLe travail de découpe du pochoir ?

 

Je m’en fais un petit (joint) et ensuite c’est parti, parfois durant dix ou douze heures de découpe. C’est un boulot de merde, tu fais ça à la main et tout.

 

Quand on se rate, il faut tout recommencer ?

 

Déjà moi je dessine mes formes. Donc, après j’ai juste à découper. Et si je me suis planté, vu que c’est du carton, après je prends un bout de Scotch, puis je redécoupe. Mais c’est rarissime. Car je fais d’abord mon dessin, donc je vois de suite si mon dessin est mal fait.

 

Et en amont de cette découpe, il y a bien souvent une photo ?

 

Oui 99% des fois cela part d’une photographie. Dans l’ensemble je dois avoir trois pochoirs que j’ai dessinés perso. Par contre, je devrais me mettre à l’ordinateur, car j’ai des potes qui travaillent leur découpe au laser et ça fait le boulot comme moi à peu de choses près, techniquement. Ce n’est pas pareil, mais bon c’est très valable et tu ne te fais pas chier à découper.

 

Du coup tu vas évoluer vers l’informatique ?

 

J’aimerais bien, mais pour l’instant je n’ai pas d’ordi, juste un téléphone portable. Faudrait que je me trouve une meuf qui sache faire ça !

 

Tu as dit « je m’en fais un petit »…le joint participe aussi à la création ?

 

Pour moi, oui. Quand je fume, j’ai envie de faire quelque chose. J’ai des potes que ça endort, moi pas du tout. Ça me stimule. À peindre, à sortir, à faire un peu de vélo. Pour faire de la peinture ça va bien. Et pour découper des pochoirs, ça te met dans l’instantanéité, quand tu fumes tu es juste sur le moment. Ça correspond bien au boulot.

 

Ta force c’est que tu es à la fois puriste…et pas puriste !

 

Je suis un des tout premiers, ça donne une certaine légitimité.

 

Epsylon PointQuel effet cela te fait-il de passer direct à la rue à une galerie de Beaubourg ?

 

Ça me fait beaucoup rigoler, parce qu’il y a des conneries que j’avais faites plus jeune. Par exemple je n’ai jamais mis de date sur mes toiles. Je ne datais mes tableaux et je me disais : « tu verras quand ils voudront savoir à quelle époque, ils vont se faire chier et tout…tant mieux ! » (rires) Manque de bol, j’ai un type qui aime mon boulot, résultat maintenant je suis obligé de réfléchir pour me souvenir quand j’ai fait ces putains de tableaux pour lui dire quand ! Et là, tu te dis : je me suis fait baiser …et en plus par moi, c’est con !

 

Tu dois être vachement tiraillé, d’un côté super heureux de vendre des œuvres et de l’autre il y a un Epsylon en toi qui doit dire : t’es en train de trahir la cause !

 

Non, pas du tout, parce que ce n’est pas une question de vendre cher mes toiles, c’est plutôt d’être connu au niveau du boulot.

 

Reconnu, donc !

 

Oui reconnu. Ce n’est pas une question d’argent, c’est juste que je vois plein de boulots qui sont merdiques. Tu te dis : par rapport à mon taff, autant avoir des références d’un point de vue art. Cela donne une base intéressante, Epsylon machin…c’est intéressant d’avoir son nom. Par rapport au boulot des autres, tu te dis qu’il y a un peu plus de travail, de réflexion. Et que surtout tu fais de la peinture pas de la reproduction. Il y en a plein qui font ça, ils prennent une photo d’un musicien et ils le font avec quatre couleurs.

 

Justement tu continues en parallèle à faire des boulots dans la rue ou ailleurs ?

 

Oui de temps en temps, bien sûr. Dans le 13éme, il y a une galerie, le Lavo//matik ils reçoivent plein de gens et ils ont plein de travaux en ce moment et les murs qui sont en bas sont peints régulièrement. Et ça se passe bien, donc j’y vais, je vais peindre un truc, mais c’est recouvert une semaine après ! On s’en fout.

Epsylon Point

Tu n’as pas été tenté de peindre rue Verneuil ?

 

Non, pas besoin, il y a déjà beaucoup trop de monde, ils n’ont pas besoin de moi pour ça. Tu en mets un de plus ça ne sert à rien, ce n’est pas du tout ma manière de travailler. Je préfère aller peindre 50 mètres plus loin. Et puis ce n’est pas mon truc de faire des images de gens célèbres c’est très rare. Là j’ai un Gainsbourg, mais c’est à cause qu’un copain. Il m’avait demandé de lui faire un Gainsbourg donc je lui découpe le pochoir pour lui faire l’image qu’il voulait. Mais 99% des gens sur mes tableaux sont des inconnus. Et même les connus…ne sont pas connus, celui-là qui tient son verre c’est un lauréat russe du Prix Nobel en 1945 que plus personne ne connait ! Parfois je ne me rappelle plus non plus.

 

J’allais oublier, ce qui est important également chez toi c’est le texte : il y a souvent des choses écrites dans tes toiles.

 

Ah oui, je mets plein de textes. Cela permet de raconter d’autres choses que l’image. Souvent on me dit : cela n’a rien à voir avec l’image. Et je réponds : oui cela n’a rien à voir avec l’image c’est de la peinture ! Si j’écris mort aux rats et qu’à côté on voit une femme se crêper les cheveux, cela n’a rien à voir. Mais pour moi cela peut raconter une histoire.

 

Comme le « bonjour chez vous » et le « Bienvenu au village » sur lesquels j’ai flashé ! (clin d’oeil à la série mythique LE PRISONNIER)

 

Voilà. C’est plein de trucs pour moi, ce sont des blagues, des private jokes. Tiens, ça par exemple… « je suis partout ». Écrit en écriture tag c’est rigolo pour moi…

 

Oui, car c’est la négation de ce que pouvait être ce titre de vieux torchon antisémite.

 

Mais plein de gens ne connaissent pas cette merde, ils n’ont pas la culture politique.  Or dans mes boulots on trouve plein de petites nuances, ça nous fait rigoler nous, car nous savons ce que c’est. Mais pour le mec qui connait, c’est rigolo aussi. Mais ce n’est pas du tout la même lecture.

 

 

Expo EPSYLON POINT

Galerie Trum and Co 

5 rue Pierre au Lard 75004

Du 15 septembre au 31 décembre 2019

De 11h à 18h

 

 

Epsylon Point 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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